CHAPITRE IX
elle aime les vues d'ensemble et simplifie les pensées pour les amener peu à peu à un regard silencieux, elle ten aussi à simplifier les affections et les résolutions, a les englober toutes dans un désir général de la perfection, dans une recherche amou-euse de Dieu. Tant qu'on n'éprouve pas trop de difficulté à particulariser ses résolutions, il sera préférable de le faire, et de dire avec les commençants : je veux fuir tel péché et telle irrégularité, éviter la dissipation, renoncer à ma volonté, réformer mon caractère en telle chose, etc. Mais s'il devient trop difficile de' penser aux résolutions particulières et de détail, on ne doit pas s'en préoccuper ; cette formule générale: Mon Dieu, je vous veux et ne veux que vous, ou touteautre semblable renfermetout pour uneâme arrivée à ce degré ; ce qu'on se proposait autrefois en détail, on le veut maintenant en bloc ; mais on le veut si réellement, que cette résolution générale saura se particulariser au besoin et produire les actes nécessaires pour corriger un défaut et développer une vertu.
Art. 7. — Emploi des oraisons affectives.
Les deux phases de l'oraison affective ne conviennent pas seulement pour le temps que nos règles assignent à l'oraison mentale ou qu'elles consacrent à la lecture et aux dévotions privées. Leur place est tout indiquée pour le saint Office: une méditation suivie y serait difficile, rien de plus aisé que de s'y
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tenir uni à Dieu par les affections pieuses. La vue du saint tabernacle parle si bien au cœur; le texte liturgique se prête à des actes si nombreux et si variés ; là où il ne suffirait pas à nous occuper, ri est si facile de trouver en soi-même pour suppléer ; on peut toujours rendre ses homm.ages à Dieu, /e remercier de tant de bienfaits, pleurer ses fautes, et demander pour l'Église et pour tous.
De même, pendant les occupations manuelles, une méditation suivie fatiguerait; les moindres détails du travail, les beautés de la nature, les dispositions intérieures, suggéreront sans peine un bon nombre d'affections pieuses.
L'examen de conscience se simplifie, et devient plus rapide et comme intuitif; on voit ses fautes à mesure, on se relève aussitôt.
Cette union amoureuse avec Dieu, ces pieux épanchements de notre cœur dans le sien, ces colloques aifectueux et sans apprêt, seront une occupation féconde et pleine de charme pendant le chapelet et les autres prières vocales, à table et partout ; la célébration des saints mystères, la réception des sacrements, tous nos exercices en un mot, si tel est l'attrait divin, y puiseront une sève aussi douce que vivifiante. Les oraisons affectives nous sont donc un moyen facile et puissant de passer nos journées entières dans un continuel entretien avec Dieu, d'arriver à cette vie d'oraison où la prière jaillit de nos cœurs presqu'aussi naturellement que Ui espiration de nos poitrines.se mêle à toutes nos actions, Burnaturalise les intentions, stimule la générosité,