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croix de Providence. Tantôt ces peines n'ont rien d'extraordinaire, tantôt l'intervention spéciale de Dieu est manifeste ; mais toujours ces éoreuves, sans cesser d'être l'accessoire dans la puniication passive, ne laissent pas de la compléter avec une puissante efficacité, détachant Tâme de toutes choses et la forçant presque à se jeter désespérément dans les bras de Dieu. Il ne faut cependant pas croire que l'âme appelée à l'union divine doive nécessairement passer par toutes ces épreuves accessoires. Dieu les distribue, aux uns plus, aux autres moins, suivant que l'on a plus besoin d'être purifié, et qu'on doit monter plus haut.
§ IV. — Avantages de cet état.
Que les pauvres patients se gardent bien de se croire abandonnés et sur la pente des abîmes; leur voie est excellente : 1° elle les purifie ; 2° elle les dote des plus solides vertus ; 3" c'est le désert avant la Terre Promise ^.
1° On a bien raison de l'appeler une purification. Car elle purifie les âmes de l'orgueil . Enivrées des consolations divines, elles se croyaient bonnes; plongées dans un dégoût universel, impuissantes à méditer, réduites à produire de maigres affections sans variété ni saveur, assaillies souvent des plus humiliantes tentations, elles sentent leur misère,
i. S. Lig., Praxis, 128.
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comprennent avec évidence qu'elles valent peu de chose et ne peuvent rien sans Dieu ; elles sont portées à se faire petites devant tant de grandeur et de sainteté, à respecter davantage sa majesté, à le prier avec plus d'humilité. Comme elles se voient plongées dans les ténèbres, elles recourent plus volontiers aux lumières des supérieurs, deviennent simples et dociles; elles sont trop occupées et pénétrées de leurs propres misères pour regarder celles d'autrui avec une curiosité maligne ; l'indulgence, le support mutuel, l'estime et la charité croissent avec l'humilité.
Cet état purifie aussi les âmes de la gourmandise et de la sensualité spirituelles ; on était avide de consolations, on voulait jouir au service de Dieu ; maintenant, cette sensualité s'éteint faute daliments ; avec le temps, on apprend à se passer d'émotions, à se donner avec désintéressement, à ses dépens et quoiqu'il en coûte ; la partie animale s'affaiblit par la privation des douceurs , les passions diminuent et se disciplinent ; peu à peu, on meurt à soi-même, et la vie divine rencontre moins d'obstacles.
L'âme apprend progressivement à opérer d'une façon plus spirituelle et moins dépendante de la sensibilité ; elle abandonne le grossier labeur de l'imagination, l'encombrement et la fatigue des raisonnements, et commence à contempler Dieu par la partie supérieure de l'esprit, presque à la façon angélique, comme elle perçoit par un acte très simple les vérités évidentes.
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Par là môme qu'elle est plus dégagée de la sensualité et de la sensibilité, Tâme offre moins de prise au démon, qui agit surtout sur l'imagination et les sens, et la (Drièreest plus à l'abri des illusions.
2° Cette purification dote l'âme des plus solides vertus.
Outre l'humilité et le renoncement qui, en la purifiant, ôtent les obstacles, toutes les vertus reçoivent de cet étal un mérite plus pur, un magnifique accroissement. La toi ; car l'on croit dans les ténèbres, sur la seule parole de Dieu, sans rien voir ni goûter. — L'espérance ; on se confie au Seigneur, tandis qu'il délaisse et ne donne plus aucun signe apparent de sa bonté. — La charité, l'obéissance et la religion ; on se donne, on prie, on obéit par pur amour, et non pour aucun plaisir qu'on y trouve. Ces épreuves sont parexcellence le terrain propre à la patience, à l'abnégation, et spécialement à un abandon confiant, filial et amoureux entre les mains de Dieu.
Peu à peu, lame humiliée, dégagée de tout, mais soumise, généreuse et confiante, apprend à devenir douce envers tout le monde : envers soi, pour ne plus s'emporter contre elle-même à cause de ses fautes ; envers le prochain, la vue de ses propres misères la rend compatissante aux maux d'autrui ; envers Dieu, elle finit par comprendre qu'il la traite mieux qu'elle ne mérite, alors elle devient moins exigeante des faveurs divines, moins maussade quand Dieu la corrige.
A mesure qu'elle se purifie et s'enrichit, elle se pacifie et entre dans un grand repos. Les douceurs