CHAPITRE m
et les caresses divines lui cachaient sa misère et l'infinie distance qui la sépare de Dieu ; elle trouve dans les ténèfires une lumière purifiante qui lui apporte une juste connaissance de Dieu et d'ellemême, lumière déjà grande et qui grandira plus encore dans la purification de l'esprit. Enfin l'âme apprend à se souvenir continuellement de Dieu, et à craindre beaucoup de reculer dans les voies spirituelles.
Toutes ses vertus progressent et mûrissent avec le temps, pourvu qu'elle soit assez généreuse pour éviter la tiédeur et le découragement. Elles ne lui paraissent rien, tant elles sont sèches et maigres en apparence ; elles n'en sont que mieux sauvegardées, et plaisent extrêmement à Dieu qui sait ce qu'elles ont coûté en efforts désintéressés et persévérants.
3° Cette aridité, c'est le désert avant la Terre Promise.
Dieu sèvre l'âme, lui ôte les langes de l'enfance et la fait marcher d'elle-même. Il lui retire la nourriture des enfants, pour lui donner le pain des forts, pain propre à nourrir l'esprit, quand, au milieu de l'aridité et des ténèbres, il est vide des tendresses et des goûts des sens; pain enfin qui n'est autre chose que la contemplation infuse. Tel est le principal avantage que l'âme reçoit et qui est la source de tous les autres. « La joie que le ciel en ressent éclate alors dans toute sa magnificence^. »