‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 264 sur 321 · s. Fr. de Sales, Amour de Dieu, liv. YI, c. x · texte numérisé non relu

s. Fr. de Sales, Amour de Dieu, liv. YI, c. x

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développer la foi et la charité, il en faut tirer surtout l'abnégation qui reçoit sans attache les faveurs divines, accepte d'en être privée quand il plaît à Dieu, et, saintement indifférente à tout, s'abandonne au bon plaisir divin ; — et Ihumilité, qui loin d'attribuer à ses ellorts et à ses mérites les dons de Dieu, s'abaisse d'autant plus qu'il l'élève davantage. « On doit prendre garde, dit saint Pierre d'Aloantara, de ne traiter avec Dieu que dans la plus grande humilité et le plus grand respect possible ; de telle manière que l'âme n'éprouve jamais la joie et les faveurs divines, sans faire un retour sur ellemême pour voir sa bassesse, afin d'abattre ses ailes, et de s'humilier devant une si haute Majesté... Rien ne sert plus (dans les voies de l'oraison) qu'une profonde humilité, que la connaissance de soi-même et une confiance sans bornes en la divine miséricorde. — On obtient ce qu'on désire par l'humilité, on le conserve par ri<nmilité, on l'augmente par l'humilité » ^.

Au lieu de s'admirer avec complaisance, le religieux doit se demander, pourquoi, après tant d'années et de tels flots de grâces, il n'est pas encore arrivé plus haut dans l'oraison et la perfection. D'ailleurs, plus il lui est donné, plus il lui sera demandé ; et s'il ne correspond généreusement par la pratique des vertus solides, il demeurera pauvre malgré les trésors qui lui sont offerts, il pourra les perdre, et faire lui-même une chute d'autant plus lourde qu'il tomberait de plus haut.

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