Vie du P. halth. Alvaret, xiM vers la flo
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afin qu'à l'heure du festin spirituel, elle ne paraisse point sans la robe nuptiale.
Nous exhortons aussi nos frères à ne pas se rebuter, à ne jamais retourner en arrière, malgré les difficultés, les sécheresses, les dégoûts et autres peines qui viennent assaillir l'homme d'oraison. Est-ce qu'il n'en coûte rien au guerrier pour conquérir la gloire, au laboureur pour féconder la terre, au négociant pour parvenir à la fortune ? Aurions-nous peur de la fatigue et du sacrifice, quand il s'agit d'exploiter la mine d'or de l'oraison ? « S'il y en a beaucoup qui commencent, il y en a peu qui arrivent au terme, et pourtant la persévérance seule sera couronnée, seule elle recevra le prix. Il n'y a point de vertu sans peine, on n'obtient de grandes récompenses que moyennant de grands labeurs » i.
Par-dessus tout, nous rappelons à nos frères en finissant que leur oraison, quels qu'en soient le degré et la forme, n'est pas la perfection ; c'est seulement une terre admirablement féconde ; dès lors, il faut tâcher de lui faire produire, et pendant que dure la prière, et après qu'elle est finie, la riche moisson de vertus qu'elle promet. C'est un arbre qui doit être toujours chargé de fleurs et de fruits ; les actes variés, et parfois très intenses, qu'on y fait à profusion, sont des fruits déjà cueillis, des mérites acquis ; mais aussi, on s'instruit de son devoir, on forme des résolutions, les demandes font affluer la grâce, et ce
t. Inter op«ra Sancti Bernardi, 8 puncta perf. asiteq. — t. 7 p 17U.
CONCLUSION 41
sont là des fleurs qu'il faut ensuite convertir en fruits. La meilleure oraison, ce n'est pas la plus savoureuse, mais la plus fructueuse ; ce n'est pas celle qui nous console, mais celle qui nous Transforme ; ce n'est pas celle qui nous élève dans les voies communes ou mystiques, mais celle qui nous rend humbles, détachés, obéissants, généreux, fidèles à tous nos devoirs. Certes, nous estimons grandement la contemplation, à la condition pourtant qu'elle unisse notre volonté à celle de Dieu, transforme notre vie, ou nous fasse du moins avancer dans les vertus. Selon l'oracle du souverain Juge, c'est « aux fruits qu'on connaît l'arbre ». Nous ne désirerons donc progresser en oraison que pour monter en perfection ; au lieu de scruter curieusement le degré où sont parvenues nos communications avec Dieu, nous regarderons plutôt si nous en avons tiré tout le profit possible pour mourir à nous-mêmes et développer dans notre âme la vie divine.