‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 317 sur 321 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

aussi élevé, l'humble crainte d'y correspondre trop peu, le danger des illusions, peuvent modérer ce désir de l'union mystique, par l'abandon entre les mains de Dieu qui sait ce qui nous vaut le mieux. Cet abandon filial et amoureux n'exclut pas le désir; mais, craignant de se tromper dans une matière si élevée au-dessus de ses petites lumières, il s'en remet à la sagesse et à la bonté de Celui qui possède tout son amour et sa confiance; aucune disposition ne nous semble aussi capable de charmer Dieu et de lui ouvrir la main.

CONCLUSION

Si nos lecteurs ont eu la patience de lire juyqu au bout notre modeste travail, ils ont vu comment Dieu fait passer l'âme de la méditation aux oraisons affectives, et de celles-ci aux divers degrés de la contemplation mystique, pour l'élever par les échelons de la prière aux sublimes hauteurs de la perfection. V nous reste à formuler le souhait que Dieu veuille bien, dans son infinie bonté, leur prodiguer les grâces d'oraison, pour les porter à disposer des ascensions dans leur cœur et les faire monter de vertus en vertus. Plaise au Ciel que chacun de nos frères en religion marche sur les traces de nos plus sages devanciers, qui furent grands en sainteté parce qu'ils furent éminents en oraison ! Plaise à Dieu qu'ils soient tous appliqués à purifier leur conscience, leur esprit, leur cœur et leur volonté, qu'ils évitent de se répandre sur les choses extérieures, qu'ils s'y prêtent seulement par devoir, eC que, leur tâche remplie, ils aient hâte de rentrei dans la solitude de leur âme ! Là, fermant la porte du sanctuaire, bannissant de la maison de Dieu le tumulte des soucis et des préoccupations, ils feront leurs délices d'être seuls avec Dieu seul, de répandre leur cœur en saprôsânce^ et, tout unis à lui par ratten»'

CONCLUSION

tion et la dévotion, ils goûteront combien le Seigneur «st doux. La terre parle si peu à qui sait écouter Dieu ; Ton méprise si facilement les choses viles d'ici-bas quand on a savouré le souverain Bien ; un cœur qui s'est épris de l'amour divin trouve tant de charme et de facilité à converser avec Celui qu'il aime et à le servir !

« Ceux qui visent à la perfection, dit le vénérable Louis Dupont ^, doivent commencer et continuer leur carrière en marchant dans la voie de la méditation (et des autres oraisons communes), jusqu'à ce que Dieu, par une vocation spéciale, les fasse monter à une oraison plus élevée ; mais, sitôt que cet appel est certain, il faut le suivre fidèlement. Vouloir s'élever à la contemplation sans y être invité, ou résister à cet attrait quand Dieu le donne, ce sont deux extrêmes entre lesquels se trouvent la vérité et la vertu ». On se gardera donc de vouloir quitter avec une hâte immodérée la méditation pour les oraisons affectives et celles-ci pour la contemplation mystique. La forme de la prière est un instrument de la perfection, et tout instrument doit répondre à notre taille et à nos forces. Sans doute on peut désirer et demander le progrès de l'oraison ; on désirera et l'on demandera bien plus encore le progrés des vertus ; et, en attendant avec une humble patience l'invitation divine, l'Épouse s'occupera sans rr?se à guérir ses plaies, à se [jarer dt* hiult^s le^ .cii is,

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