CHAPITRE IV
version pour le péché véniel ; il échappe encore des fautes légères, mais l'âme ne se résigne pas à vivre dans Thabitude de ces fautes, à leur permettre de s'enraciner. Elle veille sur soi, combat le péché, s'en détache, le prend en une profonde horreur, et a chérissant la pureté du cœur, elle a le Roi pour ami 1 ». Au contraire, si elle se lie d'affection au péché, elle n'a plus le même goût de Dieu, Dieu n'a plus le même goût pour elle ; toutes ces fautes multipliées et mal combattues, formant un nuage épais et glacial, obscurcissent l'œil de la foi, refroidissent les saintes affections, engourdissent la volonté, paralysent ses bonnes résolutions. Il faut nous hâter, après nos chutes, de les avouer avec humilité, et de les effacer par un prompt repentir. Toutefois, « si fautil, dit saint François de Sales, qu'au bout même de la douleur de nos péchés, la paix s'y trouve... Laissez donc toutes ces humilités chagrines, inquiètes et dépiteuses, et par conséquent orgueilleuses ». Grâce au repentir confiant, nos faiblesses, en nous humiliant, sont une partie du remède; et, selon saint François de Sales, se relever constamment, sans jamais se décourager, sans rien perdre de la ferme résolution d'être tout à Dieu, c'est l'effet d'une vertu héroïque. Cette âme charme le Seigneur et l'attire par son humilité.
2° Pureté du cœur. Notre cœur est pur quand nous n'aimons que Dieu ou selon Dieu. Il faut donc en bannir toute affection coupable, toute liaison dont