‹ Les voies de l'oraison mentaleChapitre 38 sur 321 · Prov., XXII · texte numérisé non relu

Prov., XXII

50 DE l'oraison

le divin Maître n'est pas le principe et la fin, et qui ne se règle pas sur sa volonté. Attaché à la créature, on n'a plus la même liberté pour s'élever à Dieu; le cœur sollicite les pensées et dissipe l'esprit ; souvenir et affections nous entraînent loin du Seigneur vers l'objet de notre amour. Au contraire, si le cœur est à Dieu seul, nos pensées et nos affections se meuvent avec facilité dans l'oraison, comme le poisson dans l'eau. Le cœur porte l'âme à Dieu, tout le reste lui est insipide ; et tandis qu'il s'épanche en pieuses effusions de tendresse, il entraîne et fixe l'esprit, à peu près comme une mère qui aime passionnément son enfant, n'éprouve aucune peine à pensera lui, à le contempler des jours entiers ; regarder et aimer, c'est toute sa vie; se dévouer, c'est son bonheur.

3° Pureté de l'esprit. — C'est la maîtrise exercée sur les imaginations, les souvenirs et les pensées pourchasser ce qui souille l'âme ou la met en danger, et même ce qui la dissipe et la préoccupe.

Il y a d'abord les pensées, imaginations et souvenirs mauvais ou dangereux ; par exemple, tout ce qui est contraireà la sainte vertu, àlacharité.àl'huroilité.etc, toutcequi nous retrace des succès vrais ou imaginaires, des injures reçues ou supposées, des éloges entendus ou rêvés; tout cequi alimente des ressentiments, del'aigreuroudes affections trop tendres; tout ce qui nous séduit par l'appât de la beauté et du plaisir; en un mot, tout ce qui souille et tout ce qui trouble.

Il y a aussi les pensées inutiles qui dissipent l'esprit ; oiseuses d'abord, elles deviennent vite dangereuses et coupables.

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