CHAPITRE IV
mes éternelles de saint Liguori, par exemple, leur offriront un excellent manuel.
Ceux qui sont dans le progrès, quoiqu'ils ne puissent pas abandonner la lutte, ont pour principal ob-, jectif l'acquisition des vertus, surtout de la foi et de l'espérance, sans oublier l'obéissance, l'humilité et le renoncement. Ce qui soutient dans ce long et rude labeur, c'est au premier chef l'espérance des biens éternels, et les exemples de Notre-Seigneur. Ils laisseront donc généralement les grandes vérités, à moins qu'ils ne les méditent sous an jour nouveau pour s'exciter à la vertu ; et ils choisiront plus habituellement le ciel, les biens de la grâce et de la gloire, le prix des efforts et des sacrifices, les mystères de la vie et de la mort de Notre-Seigneur, les obligations d'état, les vices et les vertus, etc;puis viendra le temps où leur attrait sera de méditer sur les vérités qui sont aptes à enflammer l'amour. La plupart des livres de méditation semblent écrits ^o'jr les progressants.
Dans la voie unitive, on a trouvé Dieu, on le possède et parfois on jouit délicieusement de lui. Il reste encore à lutter et à progresser. Mais l'état ordinaire de l'âme, c'est l'nnion amoureuse à Dieu. Là crainte est devenue plus filiale ; l'espérance, par sou côté intéressé, est souvent comme inconsciente ; c'est l'amour qui domine maintenant; c'est lui qui a le plus de force pour exciter l'âme et le plus de charme pourl'uccuper. Alors l'oraison se passe dans les actes simples et peu variés de l'union amoureuse ; on pense à. Diea avec moins de discours, on le regarde plu«î
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qu'on ne raisonne ; et surtout on aime, on loue, on admire, on adore humblement, on remercie, on se donne, on s'abandonne, etc. Le même amour qui fait de l'oraison une effusion du cœur devant Dieu, communique à la conscience plus de délicatesse, à la volonté plus de générosité, plus de force à la main. Il devient la principale source d'où jaillissent rafiection et l'action. Arrivées là, les âmes ne trouveront presque rien dans les livres de méditation.
Notre-Seigneur étant tout pour nous, le principe, la voie et le terme, il convient qu'il soit l'objet très principal de notre occupation dans la prière. Les uns méditeront son enfance, d'autres sa vie cachée, son divin Cœur, la sainte Eucharistie.. . etc. Saint Liguori conseille spécialement la Passion. Le mystère importe assez peu, pourvu qu'on trouveNotre-Seigneur. Saint François de Sales ^ recommande cette « méditation qui se fait autour de la vie et passion de Notre- Seigneur ; en le regardant souvent par la méditation, toute votre âme se remplira de lui, vous apprendrez ses contenances, et formerez vos actions au modèle des siennes ;... nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, faire et vouloir comme lui... Le Sauveur doit être médité, considéré et recherché en toutes nos oraisons et actions », pour que notre âme soit nourrie « du pain descendu du ciel ».
Ce que nous venons de dire est plutôt une indication qu'une règle invariable ; il y a des fêtes et des circonstances particulières qui désigneront autre-