Job, I
86 DE l'orajson
eau céleste. « Quelque abondante qu'elle soit, ditelle, elle ne peut être excessive, parce qu'il ne saurait y avoir d'excès en ce qui procède de Dieu. Quand il donne de l'eau vive à une âme en grande quantité, il la rend capable d'en beaucoup boire. »Mais comme le démon et la nature peuvent se mêler à ces consolations et les rendre impétueuses et violentes jusqu'à l'indiscrétion, la sainte conseille de les modérer en changeant de sujet ou même en abrégeant l'oraison (non prescrite), « quelque consolation qu'on en reçoive, lorsque l'on sent les forces du corps commencer à défaillir ou que l'on a mal à la tête,carladiscrétionestnécessaireen toutes choses^». Dans les sécheresses, évitons l'abattement et la pusillanimité. Si profonde et persistante que soit l'aridité, de quelques tentations qu'elle soit aggravée, l'enfer tout entier fût-il déchaîné dans les sens et l'imagination, ne perdons pas courage. Dieu nous éprouve en vue de nous purifier et ne veut pas nous perdre ; c'est un père et non un juge ; c'est un directeur qui se propose de purger l'âme, de la dépouiller à fond, afin delà rendre meilleure. Dès lors que l'on fait de sérieux efforts pour combattre les tentations, pour s'occuper de Dieu malgré les sécheresses, avec bonne volonté, quoique sans goût ni élan ; les tentations qui agitent l'imagination et bouleversent les sens ne sont que des craintes, des tourments de l'âme, des assauts du démon, et non des actes volontaires, non des péchés. « Voulez-vous connaître
1, s. Thér., Chemin, xix.