CHAPITRE VI
dis qu'on ne doit pas s'y affectionner; ainsi se remettre à la pure merci de la spéciale Providence de Dieu, afin que tant qu'il lui plaira il se serve de nous... et dire de tout notre cœur et avec une profonde soumission : Le Seigneur m'a donné des consolations, le Seigneur me les a ôtées ; son saint Nom soit béni *. Car, persévérant en cette humilité, il nous rendra ses précieuses faveurs, comme il le fit à Job. »
2» Évitons les écueils. — Dans les consolations, prenons garde à l'orgueil.
Dieu nous attire par sa tendresse, il oublie toutes nos offenses passées, nos faiblesses présentes, pour ne voir que nos besoins et son amour ; c'est pourquoi admirons et louons ses miséricordes, mais n'oublions pas nos misères, et abaissons-nous à mesure qu'il nous caresse davantage ; plus nous sommes élevés, plus une chute serait funeste. Évitons aussi de nous attacher aux consolations : aujourd'hui nous sommes dans l'abondance, demain nous serons dans la disette ; peu importe pourvu que nous trouvions Dieu; ne cherchons que lui, ne nous attachons qu'à lui et gardons-nous bien de coller noire cœur aux consolations qui nous font aller à Dieu ; un voyageur ne s'attache pas au wagon ni au bateau qui le transporte.
Enfin modérons les consolations, autant qu'il dépend de nous, quand elles vont trop loin. Sainte Thérèse compare les joies de la contemplation à une