Id., Réfl. pieuses, n
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désert... Parfois une humble et paisible résignation sera elle-même impossible, tant l'âme est troublée, distraite et incapable ; c'est alors le cas de recourir à l'oraison du noyé, qui, se débattant dans l'eau, ne peut plus que crier au secours "^ ». Ainsi parle le P. Desurmont. Ainsi faisait-il lui-même, en digne disciple de saint Liguori. « Quelle est votre oraison dans vos peines, y lui demandait-on un jour ? — 6. C'est l'oraison du Kyrie eleison. » — Il mettait chacune de ses peines sous le regard de Dieu en disant : Kyrie eleison . Il nommait de même chacune de ses misères, o.jl répétant : Kyrie eleison. JN'est-ce pas, en ellet, une très sage méthode, lorsque la pensée de nos peines et de nos misères nous poursuit, de les montrer à Dieu, d'en faire lesujetde notre entretien avec lui, de changer ainsi en prière ce qui menaçait d étouffer la prière?
C'est aussi le cas de pratiquer l'oraison de patience. Mais «je suis toujours distrait, dit leP. Crasset*; si c'est volontairement, vous offensez Dieu; si c'est contre votre volonté, vous l'honorez, vous lui plaisez, vous l'aimez ; car tout plaît à Dieu, hormis le péché, et il n'y en peut avoir là où il h'y a point de volonté. Une oraison de souffrance vaut mieux qu'une oraison de plaisir ; c'est un parfum odoriférant qui s'élève au ciel et qui embaume le paradis... Pouvez-vous faire plus à présent que vous ne faites? Si vous le pouvez, que ne le faites-vous? Si vous ne
i. P. Desurmont, Art divin de l'or., 7* max. 2. P. Grasset, De l'or.
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le pouvez pas, pourquoi vous troublez-vous ?.., Nous embrasserons là-haut un Dieu de plaisir, et nous embrassons ici-bas un Dieu de douleurs ; les unions de cette vie doivent ressembler à celle qu'avait l'Humanité-sainte avec le Verbe ; elle était bienheureuse selon la partie supérieure, et misérable selon l'inférieure; si quelque goutte de consolation tombait sur le sensible, elle tarissait en un moment; son pauvre cœur nageait continuellement dans une mer d'amertume ».
Concluons avec saint François de Sales ^. « Finalement, Philothée, entre toutes nos sécheresses et stérilités ne perdons point courage, » mais persévérons généreusement dans l'oraison et les vertus ; «ne pouvant présentera notre cher Époux des confitures liquides, présentons-lui-en de sèches; ce qui lui est tout un, pourvu que le cœur qui les lui offre soit parfaitement résolu de le vouloir aimer ... Nos actions sont comme les roses, lesquelles, bien qu'étant fraîches, elles ont plus de grâce ; étantnéanmoins sèches, elles ont plus d'odeur et de force ». D'après le même saint, « une once d'oraison faite au milieu des désolations pèse plus devant Dieu que cent livres au milieu des consolations » 2. Tout le monde connaît cette page délicieuse, 011 le même saint compare l'âme dans les amertumes de la quiétude aride avec une statue que son maître a placée