Joan,, XVI
AVANT-PROPOS à
facile. L'esprit demeure sans lumière, parce qu'il ne s'approche pas de Dieu * ; le cœur se dessèche, quand l'àme oublie de manger son pain 2, et ra volonté est dure comme le fer et résiste à la grâce, si on néglige de l'embraser au feu de la prière. C'est cette doctrine que saint Augustin proclame : « Le corps se nourrit des aliments, et l'homme intérieur de la prière ^ » ; saint Chrysostome dit avec non moins d'énergie : « Comme le corps ne peut vivre sans l'âme, ainsi l'âme sans la prière est morte et sent mauvais ^ ». Et saint Liguori nous fait entendre cet avertissement mémorable : « Celui qui prie se sauve certainement, celui qui ne prie point se damne certainement^ ».
Le simple chrétien doit recourir à la prière pour remplir ses devoirs et vaincre la tentation. Le religieux a besoin de s'y adonner bien davantage ; car aux préceptes communs s'ajoutent pour lui les vœux et les règles, il s'est fait une loi de tendre à la perfection en poursuivant sans cesse la mort à soi-même, le progrès des vertus, le saint amour ;