LITE
« rues dans des conditions ordinaires, concluait « au Conseil d'Etat M. le Commissaire du Gou- « vernement Gauwain dans l'affaire Ponthas (1), « elles y passent tout le jour et souvent une par- « tie de la nuit; elles s’approprient, elles accapa- « rent en quelque sorte la voie publique, qui « pourtant est faite pour tous. La rue n’est pas « seulement pour elles la voie de communication « sur laquelle on passe; elle est le premier ins- « trument de leur industrie. »
Comment alors, dans ces conditions, ne pas trouver rationnel que l’administration intervienne et réglemente d’une manière toute spéciale des voitures dont la nature et la destination sont si différentes de celles des voitures privées ?
D'autre part, en dehors même de ces considérations sur l’usage anormal que les voitures de place font de la voie publique, ne faudrait-il pas admettre une réglementation plus stricte de ces voitures dans l'intérêt seul de l’ordre et de la sécurité publique ?
Leur nombre élevé, leur importance dans la circulation générale et le trouble qu’elles y apportent ne justifieraient-ils pas à eux seuls des dispositions particulières ?
Enfin, au surplus, bien loin d’être une violation du principe de la liberté, « la réglementation n’est «€ autre chose que la garantie même de la liberté
(1) Cons. d'Etat, 9 déc. 1888. — LEBon, 1888, p. 922.
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«de la circulation pour tous, laquelle serait « entravée, sinon anéantie, par la concurrence « sans frein des entrepreneurs (1) ».
Notre sujet étant ainsi délimité et précisé, nous adopterons pour nos développements le plan suivant :
PREMIÈRE PARTIE. — /listoire des voitures de place jusqu'à l'époque actuelle.
Notre première partie comprendra l’histoire proprement dite des voitures de place, leur origine, leur description, leur évolution et l'exposé des différents régimes et réglementation auxquels fut soumise leur exploitation (concession, privilège, monopole, liberté).
DEuxIÈME PARTIE. — Etude de l’organisation d’une grande compagnie de voitures de place d’au-
Jourd'hui.
(1) Conclusions de M. Gauvain dans Paffaire Ponthas, C. E., 7 déc. 1838. — Nous avons parlé précédemment de la difficulté de la circulation à Paris ainsi que du nombre trop élevé des voitures de place. Les faits sont venus à l'appui de notre affirmation.
Pendant la grève récente (décembre 1gr1-avril 1912) on a remarqué que le public satisfaisait convenablement son besoin de voitures alors que 5.000 automobiles de place restaient dans les garages! En temps normal le nombre des voitures est donc bien supérieur aux besoins de la population : cette situation, préjudiciable à la circulation qui se fait beaucoup moins rapide et moins sûre, a confirmé les conclusions de M. Gauvain qui prévoyait dès 1888 l'impossibilité d’une libre circulation sans une réglementation sévère. Cette réglementation s'impose chaque jour davantage, étant donné le nombre croissant des véhicules que la concurrence «€ sans frein » des entrepreneurs lance sur la voie publique.
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La seconde partie sera une étude technique de l'organisation intérieure d’une compagnie, des services d'exploitation, des règlements de service des conducteurs, des résultats de l’exploitation et de l’avenir qui lui semble réservé.
TRoisiÈèME PARTIE. — Le régime administratif des voitures de place.
Nous examinerons dans notre troisième partie quelles sont les autorités compétentes en matière de réglementation des voitures de place à Paris, quel est l’objet de la réglementation, et enfin quelles sont les sanctions de ces règlements.