‹ Les voitures versees, opera comique en deux actes;Chapitre 18 sur 59 · ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X

M“'. DE MELVAL

Joli début pour venir s’emparer d’un cœur !

ARMAND

C’est un fat si dangereux ! Il ne manque pas d’un certain esprit , et possède à fond le jargon brillant et flatteur de la galanterie* .Indifférent sur les louanges des hommes , il ne recherche que le suffrage des femmes. En un mot , c’est ce que vous appelez, dit-on , un merveilleux ; il a tourné la tète à l’oncle , il a tourné la tète aux nièces , et je crains bien qu'il ne finisse par vous la faire tourner aussi.

M°>* DE MELVAL

Rassurez-vous ; près d’une femme sensée ces merveilleux-là ne sont pas ceux qui réussissent. Il vous a ravi le cœur d Élise , il faut en faire une seconde fois la conquête. Allons , enfant , du courage !... Ah ! monsieur le séducteur! vous âttaqucr à nous autres femmes qui savons nous défendre , quand noug le voulons , c’est dans l’ordre ! c’est juste ! c’est bien ! mais chercher à séduire une ingénue qui ne connaît ni la valeur de vos discours, ni le prix de vos aveux ! . . . . Soyez tranquille , mon ami , je suis venue pour vous marier; je veux qu’on vous aime, on vous aimera. Dites-moi , d’abord , là bien franchement , me croyez-vous capable de tourner une tête en peu d’instans ?

• ARMAND

Ou doit vous avoir dit là-dessus

M*'. DK MELVAL.

Oui , mais les intéressés sont toujours flatteurs !...

26 LES VOITURES VERSÉES, ahm and:

Soyez sûre ....

M-*. DE ME LV AL

Eh bien , tant mieux ! Je cède à mon double penchant , à la malice , à l'amitié. Je vais être aujourd’hui, pour vous obliger, d’une coquetterie.... Jamais je ne me suis senti moins de pitié pour un amant; car votre rival m’adorera, je vous en avertis. Quelle occasion de se moquer d’un fat eu faisant un heureux ! Chargez-vous seulementde piquer son amour-propre. Tachez de me louer un peu devant lui ; le pourrez-vous? Laissez-moi faire ensuite. Courez voir si mon appartement est prêt , que mes femmes s’y rendent •. ... 11 nous faut une conquête en règle , et je ne dois rien négliger.

ARMAND

Je vous laisse .et vais savoir en même temps si notre M. de Fiorville est rentré de la chasse.

(Il sort. )

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