‹ Les voitures versees, opera comique en deux actes;Chapitre 3 sur 59 · SEXTUOR · texte numérisé non relu

SEXTUOR

DORMEUIL

Les belles choses que voilà !

On ne peut trop admirer fout cela ,

Comme à Paris nos savans sont alertes !

Je suis surpris en ve’rité De tant d’utiles découvertes Qui nous illustreront dans la poste'rité.

(Il continue de lire. )

o. LES VOITURES VERSÉES,

FLORVILLE , ARMAND, LES TROIS SOEURS, «part.

Il éprouve un plaisir incroyable Quand il tient un journal de Paris.

A ses yeux lien de beau , i icu d’aimable

S il ne vient de ce j mau(Jit } pays.

A RMAND.

Il s’agit, à coup sur, de quelques bagatelles !

LES TROIS SOEUR S

Peut-être a-t-il paru quelques modes nouvelles !

FLO HVILLK.i part.

J’aurai bientôt soumis le cœur de ces trois belles. ,

LES TROIS SOEURS

Un Parisien doikêtre au fait :

Interrogeons ITorville à ce sujet.

ÉLISE

Dites-nous....

FLORVILLE

Quoi?., l’excès de ma tendresse ?

AGATHE

Non; vous savez. ..

FLORVILLE

Que vos yeux sont bien doux ?

EUGÉNIE

Apprenez-moi.... , rr FLORVILLE.

Que je suis dans l’ivresse?

ÉLISE

Je veux savoir....

FLORVILLE

Que mon cœur est à vous ?

LES TROIS SOEURS

Ab ! combien il est aimable !

FLORVILL E y tour à tour. Combien vous êtes adorable !

Ab ! quel fat insupportable !

DORMEUIL

Pour lç coup c’est incroyable !

LES TROIS SOEURS

■ Dites-nous ce dont il s’agit.

DORMEUIL

Ce serait trop long , je vous jure ,

Tant on fait de progrès dans la litte'rature !

Tant nos artistes ont d’espri^ !

TOUS

Écoutons la nomenclature De tous ces prodiges d’esprit.

DORMEUIL

D’abord c’est la Lilliputienne ,

Le gymnase de d’Amoro, x La diligence à la draisienne-,

Le nouveau Pégase, Coco ;

Panorama , Cosmorama de Romo ,

Le chien de Terre-Neuve, et le grand Mnnito Qui , plus intelligent qu’nn homme , Gagne son maître au domino.

ToW.

Ab ! l’on conçoit à peiné, eü lisahf tout cela , Comment l’esprit humain peut aller jusque-là.

Poiir l’homme q ui sent l’avantage Du beau style et du beau langage ,

11 est vra ; m ent dommage De vivre loin de ce divin Paris.

N’êtes-vous pas de mon avis?

' TOUS

Nous Sommes tous de voire avis.

DORMEUIL

Rien n’est ailleurs aussi bien qu’à Paris.

TOUS

Ab! le charmant pays!

ARMAND

11 ne rêve qu’à son Paris !

( Dormeuil se remet ï lire. )

FLOR VILLE, à Elise.

Que ce travail est admirable !

De vos talens mon rœur est enchanté.

ELISE, se levant et saluant.

Ab ! vous avez , monsieur , trop de bonté!

FLOR VILLE, à Ag.iUe.

Votre sourire est adorable,

( A Eugénie. )

Votre œil meliu me charme, en vérité.

AGATHE et EUGÉNIE, saluant.

Ah ! vous avez, monsieur , trop de bonté' !

DO R M EÜ I L , se lovant , ainsi que ses nièces.

Écoutez , écoutez ; c’est le journal des modes.

* « r ARMAND, regardant Florr ille.

Quel fat ! je le déteste, en vérité.

DORMEUIL 1U

En demi-botte on est botté ;

Les pantalons étant commodes ,

On les. porte en socic'té ;

On voit des scballs au cou des petits maîtres;

Ils ont sur leur jabot dix chaînes en collier ,

Et les dames portent des guêtres Pour avoir l’air plus cavalier.

Dans leur corset, pour être plus à l’aise , Leur taille s’allonge à l’anglaise;

On voit enfin , depuis l’été dernier,

Des chapeau* de paille..... en papier!

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