LES MÊMES, MASSIEU MASSIEU
Laissez la poursuivre son sommeil.
P’Estivet et Warwick vont venir, au réveil, Épier les sursauts de l’amc prisonnière,
{Avec une lenteur amère)
Avant qu’elle ait le temps de faire sa prière ;
^Tristement)
l^t je suis le greffier de ces juges !
DEUXiÈi\iE GEOLIER (presque indigné)
Vraiment,
Ces gens font leur métier assez malproprement.
MASSIEU {regardant Jeanne endormie puis d'une voix émue)
J’ai souvent contemplé dans son lit de dentelle,
Doré par la pâleur d’une lampe fidèle^
Un enfant qui s’endort. Les bras sont détendus,
Le front noyé parmi les cheveux répandus,
La bouche est entrouverte ainsi qu’une grenade.
Et l’un des petits pieds, las de la promenade.
Pend hors du lit. Les cils ont baissé leur rideau Sur le regard tourné vers un monde plus beau.
{Après un silence^ il regarde de nouveau Jeanne, puis :)
C’est divin le sommeil d’un enfant.
{Pendant ces derniers mots Jean d'Estivet et Warwick sont entrés silencieusement. Jean d'Estivet lui touche l'épaule, puis sur un ton de • menace et de raillerie, l'interpelle :