‹ Les voix de Jeanne d'ArcChapitre 9 sur 57 · LE VIEILLARD, JEANNE · texte numérisé non relu

LE VIEILLARD, JEANNE

LE VJEILLARD

Savez-vous, en essuyant ses yeux,

A quoi pouvait penser un vieillard... aussi vieux !

JEANNE

J’ignore.

LE VIEILLARD

A cette Reine, indigne d’être femme, D’être mère ! et qui n’est qu’une Allemande infâme !

JEANNE

Hélas !

LE VIEILLARD

Mais je voyais que Dieu ferait enfin, Pour vaincre le Démon, surgir le Séraphin.

Selon l’oi-acle ancien que partout on murmure :

« Le ])ays fut vendu ]>ar une femme impure,

Par une Vierge seule, il sera racheté ».

Vous frissonnez ?

JEANNE

J’ai froid.

LE VIEILLARD

Par lin midi d’été...

Gomme un mort consolé par la flamme d’un cierge, J’espérais m’endormir, ayant vu cette Vierge,

Je la cherchais partout... [soiiriani] c’était un fol espoir. Eh ! bien... je pars... Adieu.

JEANNE

Mais...

LE VIEILLARD

Je viens de la voir...

{Il s'éloigne lentement sans se retourner. Jeanne reste seule en proie à une grande anxiété. Après un moment :)

Page 1