‹ Les voix intérieuresChapitre 3 sur 67 · février · texte numérisé non relu

février

« Oh ! vivons ! clisent-iîs dans leur enivrement. Voyez la longue table et le festin charmant

Qui rayonne dans nos demeures !

Nous semons tous nos biens n'importe en quels sillons ! Riches, nous dépensons, nous perdons, nous pillons

Nos onces d'or ; jeunes, nos heures.

« Jette ta vieille bible, ô jeune homme pieux !

Quitte église et collège, et viens chez nous ! — Joyeux,

Entourés de cent domestiques, Buvant, chantant, riant, nous n'insultons pas Dieu, Et nous lui permettons de montrer son ciel bleu

Par le cintre de nos portiques ! j

« De quoi te servira ton labeur ennuyeux ? Sais-tu ce que diront les belles aux doux yeux

Dont le sourire vaut un trône ?

— O jeune homme inutile ! — Et puis elles riront. -*^ Oh ! que de peine il prend pour donner à son front

La couleur de son livre jaune ! ,

« Nous, éblouis de feux, de concerts, de seins nus. Nous vivons ! — Nous avons des bonheurs inconnus

A la foule avare et grossière Quand dans l'orchestre, où rien ne grandit qu'en tremblant, La fanfare, tantôt montant, tantôt croulant, j

S'enfle en onde ou vole en poussière ! i

« L'homme à tout ce qu'il fait dans tous les temps mêlai La musique et les chants. — Amis, c'est pour cela

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