‹ Les voix intérieuresChapitre 36 sur 67 · A LAURE, DUCHESSE D'A · texte numérisé non relu

A LAURE, DUCHESSE D'A

Puisqu'ils n'ont pas compris, dans leur étroite sphère. Qu'après tant de splendeur, de puissance et d'orgueil. Il était grand et beau que la France dût faire L'aumône d'une fosse à ton noble cercueil ^ ;

Puisqu'ils n'ont pas senti que celle qui sans crainte Toujours loua la gloire et flétrit les bourreaux A le droit de dormir sur la colline sainte, A le droit de dormir à l'ombre des héros ;

Puisque le souvenir de nos grandes batailles Ne brûle pas en eux comme un sacré flambeau ; Puisqu'ils n'ont pas de cœur; puisqu'ils n'ont point d'entraille: Puisqu'ils t'ont refusé la pierre d'un tombeau ;

C'est à nous de chanter un chant expiatoire ! C'est à nous de t 'offrir notre deuil à genoux ! C'est à nous, c'est à nous de prendre ta mémoire Et de l'ensevelir dans un vers triste et doux !

C'est à nous cette fois de garder, de défendre La mort contre l'oubli, son pâle compagnon ; C'est à nous d'effeuiller des roses sur ta cendre ; C'est à nous de jeter des lauriers sur ton nom !

1 Le conseil municipal de la ville de Paris a refusé de donner six pieds de terre dans le cimetière du Pcre-Lachaise pour le tombeau de la veuve de Junot, ancien gouverneur de Paris.

Le ministre de l'intérieur a également refusé un morceau de marbre pour ce monument.

{Journaux de février 1840.)

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