‹ Les voix intérieuresChapitre 49 sur 67 · QUAND TU ME PARLES · texte numérisé non relu

QUAND TU ME PARLES

Ma pensée, urne profonde.

Vase à la douce liqueur, Qui pourrait emplir le monde, Ne veut emplir que ton cœur !

Chante ! en moi Textase coule.

Ris-moi ! c'est mon seul besoin.

Que m'importe cette foule Qui fait sa rumeur au loin !

Dans l'ivresse où tu me plonges.

En vain, pour briser nos nœuds.

Je vois passer dans mes songes Les poètes lumineux !

Je veux, quoi qu'ils me conseillent, Préférer, jusqu'à la mort.

Aux fanfares qui m'éveillent Ta chanson qui me rendort.

Je veux, dût mon nom suprême Au front des cieux s'allumer.

Qu'une moitié de moi-même Reste ici-bas pour t 'aimer !

Laisse-moi t 'aimer dans l'ombre.

Triste ou du moins sérieux.

La tristesse est un lieu sombre Où l'amour rayonne mieux.

Ange aux yeux pleins d'étincelles.

Femme aux jours de pleurs noyés. Prends mon âme sur tes ailes.

Laisse mon cœur à tes pieds !

12 octobre 1837.

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