‹ Les voix intérieuresChapitre 50 sur 67 · UN JOUR DE FÊTE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

UN JOUR DE FÊTE PUBLIQUE

— Allons, dit-elle, encor ! pourquoi ce front courbé ? Songeur, dans votre puits vous voilà retombé !

A quoi bon pour rêver venir dans une fête ? —

Moi je lui dis, tandis qu'elle inclinait la tête

Et que son bras charmant à mon bras s'appuyait :

— Oui, c'est dans cette place où notre âge inquiet Mit une pierre afin de cacher une idée.

C'est bien ici qu'un jour, de soleil inondée,

La grande nation dans la grande cité

Vint voir passer en pompe une douce beauté !

Ange à qui l'on rêvait des ailes repliées 1

Vierge la veille encor.. des jeunes mariées

Ayant l'étonnement et la fraîche pâleur.

Qui, reine et femme, étoile en même temps que fleur.

Unissait, pour charmer cette foule attendrie,

Le doux nom d'Antoinette au beau nom de Marie !

Son prince la suivait, ils souriaient entre eux.

Et tous en la voyant disaient : Qu'il est heureux ! —

Et je me tus alors, car mon cœur était sombre ; La laissant contempler la fête aux bruits sans nombre, Le fleuve où se croisaient cent bateaux pavoises. Le peuple, les vieillards à l'ombre reposés.

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