RENCONTRE
Pour l'instant, ils mangeaient derrière une broussaille, Cachés, et plus tremblants que le faon qui tressaille, Car souvent on les bat, on les chasse toujours ! C'est ainsi qu'innocents condamnés, tous les jours Ils passent, affamés, sous mes murs, sous les vôtres. Et qu'ils vont au hasard, l'aîné menant les autres.
Alors, lui qui rêvait, il regarda là-haut.
Et son œil ne vit rien que Téther calme et chaud.
Le soleil bienveillant, l'air plein d'ailes dorées,
Et la sérénité des voûtes azurées,
Et le bonheur, les cris, les rires triomphants
Qui des oiseaux du ciel tombaient sur ces enfants.
3 avril 1837,
xxxn
Quand vous vous assemblez, bruyante multitude, Pour aller le traquer jusqu'en sa solitude, Vous excitant l'un l'autre, acharnés, furieux, — Ne le sentez- vous pas ? — le peuple sérieux, Qui rêvait à vos cris un dragon dans son antre. Avec la flamme aux yeux, avec l'écaillé au ventre. S'étonne de ne voir d'autre objet à vos coups Que cet homme pensif, mystérieux et doux.
«7 avril 1839.