‹ Les voix intérieuresChapitre 8 sur 67 · LA FENÊTRE OUVERTE · texte numérisé non relu

LA FENÊTRE OUVERTE

« Aimez-moi d'être ainsi ! — Ces hommes, ô mon roi. Que vous voyez passer si froids autour de moi.

Empressés près des autres femmes, Je n'y veux pas songer, car le repos vous plaît ; Mais mon œil endormi ferait, s'il le voulait.

De tous ces fronts jaillir des flammes I »

Elle parlait, charmante et fière et tendre encor. Laissant sur le dossier de velours à clous d'or

Déborder sa manche traînante ; Et toi tu croyais voir à ce beau front si doux Sourire ton vieux livre ouvert sur tes genoux,

Ton Iliade rayonnante !

Beau livre que souvent vous lisez tous les deux ! Elle aime comme toi ces combats hasardeux

Où la guerre agite ses ailes.

Femme, elle ne hait pas, en t'y voyant rêver. Le poëte qui chante Hélène, et fait lever

Les plus vieux devant les plus belles.

Elle vient là, du haut de ses jermes amours. Regarder quelquefois dans le flot des vieux jours

Quelle ombre y fait cette chimère ; Car, ainsi que d'un mont tombent de vives eaux. Le passé murmurant sort et coule à ruisseaux

De ton flanc, ô géant Homère !

26 février 1837.

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