A M. VICTOR BILLAUD
Secrétaire de l'Acadéinie des Muses S'antones, à Royan, France
Asile du poète, ô belle Académie,
Congrès où siège seul le talent reconnu,
Ah! tu daignes offrir, trop généreuse amie,
Dans ton temple un fauteuil à moi, barde inconnu! Eh! que pourrais-je faire au milieu de confrères Maûris par la science et le rude labeur,
Imberbe que je suis ? —J’oubliais : leurs lumières
Eclaireront la voie à mon esprit rêveur.
Du reste, pour avoir un titre à leur estime Et le droit précieux de suivre leurs leçons,
Souvent je leur dirai dans le langage intime :
Ma lyre pour la France aura toujours des sons ! Unissant mes accords à ceux de nos poètes,
Nulte, Gingras, Gauvreau, Fréchette et Beauchemin, En chœur nous chanterons ses brillantes conquêtes,
Sa grandeur, sa richesse et son heureux destin!
Sait-elle assez comment nous l’aimons, cette France ? Ah! nous le lui dirons avec un fier accent,
Nous avons partagé sa gloire et sa souffrance, T'errassé ses rivaux, lutté vingt contre cent.
Oui, j'accepte, Monsieur, vos offres gracieuses ! Nos muses désormais franchirent l’océan ;
Et voyageant ensemble elles diront, joyeuses :
Succès, gloire à Québec! Succès, gloire à Royan ! ul ’
10 avril 1885,