‹ Les voix intimes [microforme]Chapitre 80 sur 86 · LA FEMME CANADIENNE · texte numérisé non relu

LA FEMME CANADIENNE

N'oublions pas l’héroïque gardienne

De nos berceaux et de notre foyer ; Chantons en chœur la femme canadienne, Et couronnons sa tête de laurier!

Paicéas Huor.

Le touriste qui foule un instant nos rivages Autrefois habités par des hordes sauvages, Craint:il de rencontrer au bord du Saint-Laurent, Armé d’un long poignard, quelque barbare errant? Non, car il nous connaît, admire nos victoires, Aime à venir rêver sur nos fiers promontoires D'où son regard embrasse un féerique tableau, Image suspendue entre le ciel et l’eau!

Et l'orsqu'il aperçoit la femme canadienne— Noble cœur, que le ciel nous donna pour gardienne— Nul autre objet ne peut désormais le ravir,

Et son plus grand bonheur serait de la servir!

aux GDS

Eh bien, nous qui vivons sous l'attrait de ses charmes, Nous, que sa douce voix console en rs alarmes, Gravissons le Parnasse où fleurissent les vers, Et pour elle cueillons mille bouquets divers.

Ne disons pas de mal contre les autres femmes, Elles nous cribleraient de fines épigrammes ! Rimer en leur honneur, tel n’est pas mon désir, A leurs bardes je laisse aisément ce plaisir...

La femme canadienne : oh! quel nom poétique ! Et comme il fait vibrer l'âme patriotique !

Sulte, Poisson, Fréchette et Legendre ont chanté

Tour à tour sur leur luth ce nom si respecté !

Blonde ou brune, ses yeux brillants d'intelligence Eclairent sa figure aux traits pleins d'indulgence ; L'incarnat de sa bouche aux roses fait affront ; L'’éclat de ses cheveux pare son joli front ;

En un mot, d’une reine elle a l'air, l'élégance !

Encapable de vivre au sein de l'ignorance— N'ayant pour cet état que glace et que froideur— Son esprit au travail se livre avec ardeur,

Tourm :nte la science, et, durant des années, Recueille des moissons de choses raisonnées.

Un matin. franchissant la porte du couvent, Enstruite et graduée, elle dit : en avant !

Travaillant derechef sous le toit domestique,

Elle acquiert un art agréable et pratique.

Modestie, Ô sublime et trop rare vertu !

Où donc te retrouver ? dis-nous, où loges-tu ?

Dix mille voix pourraient me répondre, attendries : Elle est dans tous les cœurs de vos femmes chéries ! Silence, il ne faut pas blesser l'humilité ;

Taisons sur ce sujet, même la vérité,

Et que sa modestie envahisse notre âme !

Douce autant que modeste, elle souffre le blâme Ou parfois le relève avec habileté —

Unissant la finesse à la franche gnîité —

Chasse de nos foyers la folle zizanie

Et fait régner partout la joie et l'harmonie,

C’est pour elle un bonheur d'assister l’indigent,

Hélas ! abandonné par le riche souvent.

Au chevet du malade, elle accourt la première, Ramène l'espérance au seuil de la chaumière,

Inculque dans l'esprit des jeunes et des vieux Tout principe qui doit rendre l’homine pieux.

Aux kermesses du pauvre, elle dresse la table, Badine en déployant un courage indomptable ; Le riche avec plaisir lui donne à pleine main ;

JEt, grâce à son bon cœur, le pauvre aura du pain !

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