‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 24 sur 98 · I. A MON I AC. NK IM; MA IN A 1,0 A · texte numérisé non relu

I. A MON I AC. NK IM; MA IN A 1,0 A

craignions qu'ils no luissciil pas diiror assez pour iimis prrnicltir <rarriv('i- à ikiIic (Icsliiialinn.

<( Nous passâmes rapideniciil le Ittnu du Itord soplculiidiial du rrali'iv, doscnidaul à l'aide des mains et des genoux siii' de larges blocs, aux endroits où le mur jtaraissait avoiri'li' détruit par des ti-eudileiueuts de leire, remplissant de ses débris des crevasses de plusieuis centaines de pieds. La r(Uile était difficile et dangereuse; il fallait la plus grande précaution pour avancei' le long du bord étroit qui sépare le nord du cratère de la partie eeidrale ; un seul faux pas, une seule jiierre se détacliant, auraient suffi pour faire écrouler des centaines de blocs énormes. Nous passâmes sans accident ; des Idocs de pierre, qui m'avaient d'abord paru très-grands, ne me semblaient plus être que des cailloux, en comparaison deceux sur lesquels nous passions en sautant de l'un à l'autre. Nous tombions d'épuisement lorsque nous atteignîmes le bord opposé. Je ne saurais dire comment je fis les deux milles qui nous restaient à parcourir; ce ne peut être que stimulé par la perspective de passer la nuit à l'abri. Lorsque nous arrivâmes, le soleil était couché, et nous avions complètement épuisé nos forces. »

Après avoir séjourné pendant un mois sur la cime de la splendide montagne, l'expédition américaine, sous la conduite de son elicf iufatigable, descendit de nouveau au cratère de Kilauea.

Ce qu'il y a de reuiar(|nahli' dans ce vaste abinu\ c'est ([u'à

]ieu de distance il ne seniblc luiUenieiil qu'un pareil plu'iio-

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mène soit aussi proche, et l'on ne peut s'enipèclier (l'éprouver un proloiid étonnenuMit, loi'squ'on le voil loiit à fou|i, eu approchant du bord. De tous les côtés on jouit d'une vueailnnrable ; mais elle est belle surtout du côté du nord, car de ce pdini on embrasse d'un coup d'œil tout ce puissant laboratoire de la nature. Les plus anciennes traditions des naturels représentent ce cratère comme étant constamment en ti'avail.

Vers le sud se trouvent quelques blocs de lave isolés, paraissant provenir d'une éruption, mais ils y sont jieu nombreux. Par contre, on y trouve des pierres calcinées; ce qui jiourtant ne prouve pas qu'il y ait eu une éruption de bombes volcaniques. Mais on ne peut i^uère douter que du sable soit rejeté parfois en quantité considérable ; car ce n'est qu'ainsi que l'on peut s'expliquer comment il se fait que la plaine ipii environne le cratère en soit couverte.

Le jour même où l'expédition eut de nouveau alleint le cratère de Kilauea, les personnes qui se trouvaient près de M. ^^ilkes remarquèrent une grande colonne de fumée qui s'élevait du gouffre.

a Nous nous empressâmes de courir vers le bord, dit le voyageur américain, mais les bancs de soufre dérobaient à nos yeux le fond du cratère et la saillie noire. Je pensai aussitôt qu'une éruption avait eu lieu, qu'elle allait couvrir tout le fond du cratère inférieur, et que mou ami, le docteur Judd, qui devait se trouvei- à ce moment dans ce terrible voisinage, allait être dans une dangereuse position. Connue il ne nous était pas possible d'atteindre un endroit d'où l'on pût voir si nos craintes étaient ou non fondées, nous dûmes continuer notre

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nmlc. .Ndiis (li-sceinliiiirs sur le ri'lioiil snillaiil <[ui innlc le iKiin (le lord liyrdiu cl se Irouvc ciilic un ci'alcri' a|i|i('ir' le |iiiils (lo l'ch' et 11' cralèi'c de Kilaiica. Lriididil sur l('(|iicl s'r- Icvail lacaliaiK' de lord lUroii csl lnul |ii(''sdii dciiiii'i'. .le rciiian|iiai à cri cndruit des Iraoes tluiie criniliuii l'L'CL'iiti'. Il est cvidiMit (|iriiii loricul doinatiôres iiicandeseeiites a euiilé dans les dciix eralères, en coiiviaiil le rebord de larges cdiielies lie lave. Ces couches sont rompues en plusieni's (Midroits et l'ornieul une espèce de pont au-dessous duquel la lave s'est écoulée, en laissant le sol intact.

« Sur ces immenses plaques de laves, nous trouvâmes une gi'aude quantité de fougères formant une végétation luxuriante. L'examen du bord nu' convainquit de l'exactitude de mes suppositions : le torrent (pii a recouvert le reliord semble être venu de dessous et s'être réi)andu des ih'UK côtés, soit en larges rubans, soit en ruisseaux semblables à de gros câbles, faisant des circuits confus sur la saillie noire. Le torrent ipii s'est écoulé dans le puits de Pelé parait avoir été moins llnide que l'autre, car il n'a pas atteint le fond, et n'a formé qu'un large ruisseau. »

En continuant leur exploration, les voyageurs atteignirent le rocher le plus élevé des alentours du cratère. Cette pointe forme une projection hardie; à quehpies endroits, le sentier passe tout près d'elle, au milieu de gros blocs qui en sont tombés par suite de tremblements de terre ou par l'effet de la décomposition.

Lorsqu'on eut regagné le bord, il devint évident que l'éruption avait eu lieu au petit lac. Cela jeta M. Wilkes dans une

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pi'olbiido iiiqiii('lu(le au sujet de la )iolilo lrou|ic qui y était descendue. 11 cherelia de Ions cùlés à l'aide de sa lunette, mais il ne vit rien ; il était eeiiendant convaineu que ses amis ne pouvaient être sortis du cratère avant lui. Lorsqu'il revint au cauqi, il ne trouva pas le docteur Judd, el personne ne put donner de ses nouvelles.

Tout le monde éprouva donc un grand soulagement lorsque, au bout d'un ipiart d'heure, on vit revenir la troupe. Le docteur Judd fit le récit suivant :

«Après avoir (piitlésesamisil était descendu danslecratère avec les naturels ; puis il avait suivi la saillie noire jusqu'à l'ouest, et était descendu de là par le sentier si difficile que l'on avait suivi un mois auparavant. Arrivé au Ibnd, il trouva . un trou ])ar lequel se dégageait une forte vapeur sulfureuse, (pi'il recueillit dans un appareil disposé à cet effet. Le gaz ainsi obtenu, introduit dans une fiole contenant de l'eau bleuie, ramena cette eau au rouge vif.

Le docteur Judd chercha ensuite un endroit d'où il put extraire un peu de lave récente et encore fiuide, mais il n'en trouva point. 11 se dirigea alors vers le grand lac de feu à l'extrémité sud du cratère. 11 trouva la montée qui y conduisait extrêmement rapide ; les écoulements successils de lave avaient formé des croûtes qui se recouvraient les unes les autres. La roche était d'une couleur tellement sombre qu'elle paraissait noire, et si chaude qu'elle évaporisait la salive comme le fer chauffé au rouge. En brisant la croûte superficielle, épaisse de deux ou ti'ois pouces, on trouvait an dessous une masse solide, mais d'un rouge cerise ; et le bâton qui

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servit à Iji'iser la oroùto, prit l'eu lorsqu'on le retira. Il devenait évidemment impossible d'aller plus loin dans cette direction ; car liien qne la chaleur ne fût pas assez intense pour empêcher de marcher sur la croûte, il se pouvait (\nc celte croûte elle-inènu' (li'vinl lro|) faible pour supporter le poids du corps, et se brisât : c'était courir le risque d'une mort aflYeuse.

Le docteur Juihl tourna donc à l'ouest, et monta le plus liant possible, sur des pierres tellement chaudes, qu'on ne pouvait les touciier; mais ses pieds étaient garantis par d'épais bas de laine et par des sandales de peau, qu'il portait sur ses souliers. Lorsqu'il se fut avancé aussi loin que possible dans cette direction, il vit, à une distance d'environ trente pieds, un toi'rent de lave coulant sur la pente qu'il venait de gravir. La distance était trop grande imnr qu'il lui fût po.ssible de la franchir, et les roches qui l'en stqjaraient étaient devenues tellement brûlantes qu'il ne pouvait songer à les traverser.

Il se trouvait alors trè.s-près du grand lac, mais ne pouvait en apercevoir la surface, qui était à wnc vingtaine de pieds au-dessus de l'endroit où il se trouvait. 11 voyait cependant des jets de lave s'élevei' à environ vingt-cinq pieds et retomber ensuite danslelac. Le docteur Judd désespérant alors de combler ses vœux et ceux de M. Wilkes, en obtenant de la lave à l'élat liquide, donna le signal de la retraite.

A son retour, la troupe passa près du petit lac dont il a ('ti' question, et qui |)arut froid en comparaison du grand. 11 .sortait, d'un ]ietit cùne qui s'élevait au centre, de la fumée

(M qiii'lqiips matières incnndescentes ; mais tout le reste du foud (''tait couvert d'une croûte de lave solide.

Sur les flancs du cratère, le docteurJudd aperçut quelques beaux spécimens du verre capillaire, ou «chevelure de Pelé, » qu'il voulut avoir pour les placei' dans sa collection. Il descendit donc et se mil à en recueillir, suivi de loin d'un des naturels, appelé Kalumo. L'espace étroit sur lequel M. Judd devait poser ses pieds l'exposait aux chutes les plus dangereuses, mais le désir de choisir les plus beaux spécimens le fit persister dans sa périlleuse en treprise. Tandis qu'il avançait péniblement, il vit et entendit un léger mouvement daus la lave à une dislance d'environ cinquante pieds; ce mouvement se répéta par deux l'ois, et la curiosili' h" poussa à s'approcher de l'endroit où il s'était produit. Au bout d'un instant, unesecousse terrible fil rompre la croûte, cl un jrl de lave l'ondue, de quinze pieds de diamètre, s'éleva à une hauteur d'environ quarante-cinq ]>ieds, en produisant un bruit effroyable.

M. .bidd se l'ctourna anssitùt dans rintcntion de fuir, mais il se Irouvait alors au-dessous d'une saillie qui l'empêchait de remonter, et éloigné de plusieurs pieds de l'endroit par lequel il était descendu. La chaleur était déjà trop grande pour qu'il jiût tourner le visage; elle augmentait de minute en minute, et la violence des chocs ébranlait de plus en plus fortement la roche au-dessous de lui. Bien qu'il se considérât comme perdu, il ne négligea pas les moyens de sauver son existence; adressant à l'Etre suprême une prière mentale, il s'efforça vainement d'escalader le rocher en saillie qui se projetait au-dessus de sa tête. En même

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temps, il appolait les naturels à son aide. En levant les yeux, il vit 1,1 main amicale que lui tendait Kalumo, qui, en cette terrible circonstance, n'avait pas abandonné son guide spirituel et son ami. Avant qu'il eût pu saisir cette main secourable, le jet de feu s'éleva au-dessus de leurs tètes ; Kalumo, frappé d'épouvante, recula; mais à un second appel, il tendit de nouveau la main, et saisissant celle du docteur Judd, il l'enleva par un effort suprême. In instant plus tard tout secours aurait été inutile; le docteur .Indd aurait péii sous un déluge de feu.

Lorsqu'il fut hors de danger, il chercha les autres indigènes qui l'avaient accompagné, et les vit à quelques centaines de mètres, courant aussi vite que leurs jambes le permettaient. Ils s'arrêtèrent cependant à son appel, et lui portèrent une poêle et un bâton. Dix on quinze minutes s'écoulèrent ; le cratère était plein de lave coulant au nord, du côté le plus bas. Le docteur Judd y plongea la poêle; mais la lave qu'il retira était trop froide pour pouvoir prendre une empreinte, il y avait une croûte à la surface. Un second essai fut plus heureux, et tandis que la lave était encore rouge, il voulut y imprimer un bouton d'uniforme; mais la niasse écumeuse s'affaissa et se refroidit subitement, ne gardant que l'empreinte de la forme du bouton, sans aucune impression distincte.

a .l'ai donné à ce lac le nom de lac JmUl. dil M. Wilkes, et je crois que nul ne disputera cet honneur à mon courageux ami. »

Il n'y avait plus une niinute à perdre, car la lave cou-

lait si rapidement vers le nord, qu'elle pouvait couper la retraite à lontela troupe et rendre sa perte certaine. Chacun se mit donc à courir de toutes ses forces. Lorsque le danger fut passé, le docteur Judd ressentit aux poignets et aux coudes une vive cuisson, et s'aperçut que sa chemise était un peu brûlée. Lorsqu'il arriva aux tentes, et que ses amis l'examinèrent, ils trouvèrent de fortes brûlures, de la largeur d'un dollar, à ses poignets, à ses coudes, et partout où sa chemise avait touché sa peau. Tout le visage de Kahnno était couvert d'ampoules, surtout du côté qui avait été le plus exposé au feu.

Le cratère du petit lac avait été mesuré antérieurement par le docteur Judd, qui avait trouvé une profondeur de trente-huit pieds sur deux cents pieds de diamètre. La rapidité avec laquelle il s'était rempli — ce fut en 12 minutes — donne une idée de la quantité de masse lluide (juMI contenait.

Vers le soir, quoique très-fatigués, M. Wilkes et ses compagnons descendirent au bord du volcan pour voir s'écouler les matières rejetées par ce petit lac.

«Je pensais, raconte l'explorateur américain, je pensais que rien ne pouvait avoir un aspect conqiarable à celui que le grand lac brûlant présentait lors de ma première visite. Je fus cependant détrompé. Les plus brillants effets delà pyrotechnie auraient pâli devant le spectacle dont nous fûmes témoins. Ce que je puis dire de mieux, pour donner une idée de l'intensité de la liuuière produite par ce volcan, c'est (|u'elle produisait des arcs-eu-ciel dans les nua-

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