VOLCANS SOUS-MARINS
deslrucleiirs des flots, aussi n'en apercevait-on nulle liaco dès la lin de novembre 1851, ot, le 28 décembre suivant, la sonde donnait une prolondeur de 24 toises, à l'endroit où s'élevait naguère l'ile dont on s'était disputé la possession.
Le capitaine Kotzebue, le marin qui eut pour compagnon de voyage Chamisso, le poëte-naturaliste, parle d'une lie qui se forma dans le voisinage d'I'muak, l'une des lies Aléouticnnes. an milieu des phénomènes qui accompagnent d'ordinaire une violente crise volcanique Ces phénomènes eurent lieu aumoisdemai de l'année 1790. Pendant le jour on vnyail d'immenses nuages de fumée sortir du sein de la mer; la nuit, c'était une colonne de feu qui sendjlait s'élever de la surface de l'eau. De violents tremblements de terre secouèrent toutes les iles voisines et peu à peu on vit s'élever une petite ile. L'éruption dura plus d'un mois. En 1800, cette petite île était devenue un grand volcan, dont le cratère vomissait, du côté du nord, une lave fluide qui coulait dans la mer. Au sud, le sol était froid et uni, mais un grand nombre de crevasses laissaient échapper des vapeurs sulfureuses, et la montagne paraissait grandir lentement. Lorsque Krusenstern, le célèbre voyageur russe, visita cette île d'origine si récente, c'était déjà un volcan de plus de 5,000 pieds de hauteur, qui lauçait
au loin des matières enflammées et vomissait des torrents de lave. Aujourd'hui le volcan de Johanna Bogoslawa, c'est ainsi que les chasseurs russes appellent celte île, est plus calme, et les vagues qui rodent ei qui grondent autour de lui, rongent son pied et menacent son existence. Elles ont déjà emporté d'immenses débris, et pour peu que le jeune géant reste encore assoupi, elles auront rendu à l'Océan, rocher par rocher, atome par atome, tout ce que lui avait ravi la force du volcan.
Ce volcan qui, après être sorti des profondeurs de la mer, s'est élevé, par son incessante activité, au rang d'une haute montagne, dans l'espace d'une vingtaine d'années, est un exemple frappant de la manière dont, selon nous, naissent et grandissent les volcans sous-marins.
En expliquant, dans un des chapitres précédents, comment se forment les montagnes volcaniques, nous avons observé, incidemment, qu'il était probable, sinon certain, que lorsqu'un volcan devait se former à une très-grande profondeur dans l'Océan, le sol sous-marin s'élevait en cet endroit d'une manière plus ou moins sensible. 11 est très-probable, en effet, qu'à cette grande profondeur, l'éruption de laves et de scories soit entravée par la pression de l'énorme colonne d'eau qui se trouve au-dessus du volcan en travail. On comprend que dans ce cas les rochers et toutes les couches qui forment en cet endroit le fond de la mer, soient soulevés en masse et puissamment par les gaz comprimés, les vapeurs et les laves qui tendent à s'épancher hors du foyer souterrain. Ce n'est que lorsque le sol, soulevé par ces agents, atteint le point auquel