SOLFATARES
labouré sur ses scories et ses cendres; ils ont cueilli les IVuits (lu châtaignier (huis son cratère, là on Sparlacus, le lu'ros, avait campé avec ses compagnons; ils ont longtemps vécu en paix, sans se douter que la montagne qui Iciii- dcinnail d'abondantes vendanges et de belles récoltes était nu volcan assoupi, dont le réveil serait le signal de leur ruine.
Lorsque, en 1755, Gnettard et Malesherbes, à leur retour (Fltalie, on ils avaient visité le Vésuve, passèrent à Montélimart et explorèrent les environs, en compagnie de Faujas de Saint-Fond, ils furent tout d'abord frappes de la ressemblance que les pavés de la pente offraient avec les produits volcaniques de l'Italie, dès lors ils soupçonnèrent la nature volcanique des montagnes de cette partie de la France. Ils continuèrent leurs voyages, ils atteignirent Clermoul, et, ici, en présence d'anciennes coulées de laves qui entourent cette ville, ils proclamèrent hautement leur conviction que de nombreux volcans avaient éclaté autrefois en Auvergne et dans les montagnes du Vivarais.
Cette découverte parut une extravagance ; à Clermont on s'en fâcha, à Paris on en rit et Ton railla les deux académiciens qui en étaient les auteurs. Il fallut toute l'éloquence de Montlosier et toute la persévérance de Faujas, pour d(''ni(iiitrer la réalit('' d'une chose patente, irrécusable, et que tout le monde pouvait, alors comme aujouidliui, voir et toucher.
Souvent on trouve dans les régions des volcans éteints de grands bassins en forme de coupe, remplis d'une eau, taut()t
d'une fraîcheur et d'une pureté remarquables, tantôt aussi d'un goût âpre ou saumàtre. Il n'est plus permis aujourd'hui, après les belles recherches de Breislak, et les recherches plus récentes de Charles Lyell et de M. Poulett-Scrope, il n'est guère permis, disons-nous, de douter que ces bassins ne soient d'anciens cratères.
Beaucoup de ces bouches paraissent n'avoir en qu'une seule et unique éruption de gaz et de cendres, et n'avoir point vomi de laves. On compte un grand nombre de ces lacs