‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 76 sur 98 · I.i: P.ASAI.Ti;. 49ô · texte numérisé non relu

I.i: P.ASAI.Ti;. 49ô

La cliaussée des Géants est uiic' sorte de luomoiiloire, cm [iliildl de jelée, qui descend vers la nier en pente douce et se termine par une pointe sur laquelle les vagues viennent se briser avec violence. Celte jelée forme la corne occidentale d'une baie en forme de croissant, entourée d'une côte élevée et abrupte, dont l'ensemble offre les plus beaux phénomènes basaltiques. On ne voit de toutes parts que colonnes groupées et presque toujours verticales. Les guides ont donné à ces groupes des noms relatifs à des objets connus dont ils olTrent de loin l'apparence; liin deux, que l'on voit vers le fond de la baie, est appelé l'Orgue ; un autre, le Métier du tisserand.

La chaussée des Géants n'est elle-même qu'un de ces groupes, assez enfoncé au-dessous des autres pour amener près du niveau de la mer les extrémités supérieures de tous les prismes dont il est composé, tandis que l'on n'aperyoit des autres groupes que leurs faces latérales. L'ensemble des sections horizontales des milliers de prismes qui composent la chaussée lui donne de loin l'apparence d'un pavé de pierres polygones. Lorsqu'on approche, on s'aperçoit que ces sections ne sont pas sur le même niveau, et, en parcourant la chaussée, on monte et on descend continuellement comme des marches d'escalier.

La France et l'Âlleniagne possèdent également de curieux amas de roches basaltiques.

C'est surtout dans l'ancienne province du Vivarais (Ardèche) que l'on remarque un grand nombre de ces singulières productions. Je citerai parmi elles le Pavé des Géants de Chenavari; celui du pont de Bridou, près de Vais; la chaussée basaltique du point de la Beaume, au bord de l'Ardèche, et le rocher prismatique sur lequel s'appuie le pont de la Gueule d'enfer.

On remarque aussi, près de Saint-Sandoux, en Auvergne, un amas de basaltes prismatiques, que Grand d'Aussy a bien décrit dans son ouvrage sur l'Auvergne. Supposez des millions de poutres de basalte, d'une longueur très-considérable; que quelques-unes soient taillées à quatre pans, quelques autres à huit, tout le reste à cinq, à six ou à sept; couchez-les toutes à plat l'une sur l'autre, mais de façon qu'une de leurs extrémités étant tournée vers nous, toutes s'inclinent un peu pour aboutir par l'autre bout vers un même point; enfin, quand votre imagination les aura ainsi entassées par milliards, que leur système ou leur arrangement tende à faire une montagne en boule, et vous aurez alorsj dans la plus exacte vérité, la roche de Saint-Sandoux,

L'Allemagne fournit aussi de beaux spécimens du terrain

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basalli([iio. I.e château de Stolpeu, en Saxe, esl l)àti sur une masse l'oruiée [Kir la réunion do prismes dressés' les uns eonlre les autres, et courcninanl la uiontayne du nn^'ine nom. Dans la Hesse se trouve le Meisner, montagne lorniée de calcaire que recouvre une épaisse couche de lignite, servant elle-même de base à un plateau basaltique (pii a plus de 100 mètres d'épaisseur. La superficie de la montagne présente un mur perpendiculaire et presque lisse, composé en grande partie de colonnes à cinq côtés, placées dans une position à peu près horizontale et comme si elles avaient t'tc taillées verticalement. Dans ce nuir naturel se trouve une grotte de 17 pieds de profondeur sur 4 et demi de largeur et dix de hauteur, à laquelle on a donné le nom de Kitzkammer, ou chambre des chouettes , ses habitants ordinaires.

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L'Italie contient également un assez grand nombre damas basaltiques disposés en colonnes.

Dans la baie de Trezza se trouve un magnifique écueil basaltique, et, à cinq milles à l'ouest de Catane, en Sicile, se dresse la montagne de la Motte, formée d'immenses amas de colonnes prismatiques, souvent verticales, dont plusieurs atteignent une hauteur de 17 mètres. Enfin, en face de cette ville, on voit les lies des Cyclopes, groupes de rochers

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que l'on appelle aussi les Faragiioni, composées en grande partie de colonnes prismatiques posées dans un plan vertical. Ces prismes, dont la forme prédominante est l'hexagone, sont de grandeurs différentes. Quelques-uns sont articulés, d'autres sont d'un seul jet. Ils sont composés d'une lave liomogène, noirâtre, dont le grain est à jieu près semblable à celui du grès. Elle est un peu luisante au soleil ; ses fragments les plus compactes ne sont pas exempts de quelques petits pores arrondis que l'on n'aperçoit bien qu'avec la loupe. Lorsqu'elle est mouillée, elle exhale une odeur argileuse assez forte. Le môme bloc de cette lave présente ordinairement quelques variétés dans la grosseur du grain et dans la couleur, qui est quelquefois bleuâtre et plus ou moins foncée. Dans cette lave, on trouve fréquemment les analcimes, parfois en petites masses unies à la pâte même de la roche, d'autres fois en cristaux réguliers dans les cavités. Ces cristaux ont souvent 4 ou 5 lignes de diamètre, et sont aussi transparents que le plus beau cristal de roche. Dans quelques échantillons de cette lave, on trouve encore la zéolithe mésotype, blanche, opaque et radiée

L'Islande n'est pas seulement remarquable par les nombreux volcans qui percent la couche de ses glaces éternelles. Le vaste foyer qu'elle cache dans son sein donne naissance aux phénomènes non moins remarquables que nous présentent ses abondantes sources thermales. Ces sources se trouvent surtout en grand nombre dans une plaine, longue d'environ six kilomètres sur deux de large, encadrée du côté (le l'ouest par une chaîne de montagnes. C'est un terrain siliceux percé d'une multitude de trous plus ou moins grands, au fond desquels bout sans cesse une eau limpide. D'épaisses vapeurs couvrent presque continuellement ce plateau, des bouillonnements sourds s'y font entendre sans relâche, et de temps en temps un jet d'eau bouillante s'élève de l'une ou de l'autre de ces chaudières naturelles.

Parmi ces sources, les unes ont des éruptions fréquentes et d'une intensité variable : elles portent le nom générique de Geyser, qui dans la langue du pays veut dire furieux. Dans les autres, Teau reste presque toujours au même niveau; il y a dégagement de vapeurs, mais point de jets liquides; les Islandais appellent ces dernières des Hoers, ce qui signifie chaudières.

Entre toutes ces sources, présentant des caractères à peu près analogues, il en est trois qui méritent une mention spéciale. Ce sont : le Grand Geyser, le Vieux Geyser et le Strockur.

Le Grand Geyser est l'une des sources thermales les plus considérables que nous connaissions. Au sommel d'un petit monticule conique dont la base a 80 mètres environ de circonférence, se trouve un bassin de forme à peu près cylindrique, large de 15 à 16 mètres et profond de 3 mètres au plus. Cette cuvette est remplie jusqu'au bord d'une eau contenant en dissolution de la silice et dont la température est constamment celle de l'ébullition. Dans les moments de calme, il ne s'échappe qu'une faible quantité d'eau par les échancrures du bassin ; mais à des intervalles assez rapprochés, il survient des bruits souterrains semblables à de lointaines décharges d'artillerie ; une effervescence plus grande se manifeste dans le liquide par l'apparition de bulles volumineuses ; l'eau se soulève à la hauteur de quelques pieds, inonde les bords de la chaudière et coule en nappe sur les parois extérieures du mamelon.

Ces sortes d'éruptions ont une durée très-courte, qui n'ex-

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cède guère une iniiiule. Mais d'autres crises plus violonles se produisent à diverses périodes que j'ai tout lieu de croire tort irrégulières, malgré les assertions opposées de plusieurs naturalistes. Elles sont précédées par de violentes secousses du sol environnant; une puissante gerbe liquide s'élève a une hauteur considérable, retombe dans le gouffre, comme le ferait un jet d'eau colossal ; à cette première colonne en succède une seconde |)lus violente et plus élevée, puis une troisième, et ainsi de suite pendant un laps de temps proportionné à la violence de la crise. Ces jets atteignent une hauteur (le 50, 40 et même 50 mètres.

Les dépôts siliceux ont formé sur les parois du cône de curieuses concrétions ayant quelque ressemblance avec de la mousse soumise à la pétrification. La matière luisante et grisâtre qui les forme est d'une très-grande dureté et rend un son métallique lorsqu'on frappe l'un contre l'autre les fragments que l'on est parvenu à briser. Cette formation donne au monticule que couronne cette grande chaudière l'aspect d'une niasse fouillée au ciseau : elle a reçu, dans la science, le nom de production geysérienne.

Au fond du bassin du Grand Geyser, on aperçoit très-distinctement, dans les intervalles de repos et grâce à la limpidité de l'eau bouillante, un canal perpendiculaire s'en fonçant dans les profondeurs du sol. Ce canal paraît avoir près de quatre mètres à son orifice et devenir de plus en plus étroit à mesure qu'il pénétre dans les entrailles delà terre,

A quelque distance du Grand Geyser et à une quarantaine

de pieds au-dessus de lui se trouve une source non moins curieuse, quoique présentant des caractères dissemblables. C'est le Vieux Geyser, dont les éruptions se succédaient autrefois à des intervalles très-rapprochés et qui projetait ses eaux avec une force telle, disent les géologues du dernier siècle, qu'elles retombaient en pluie d'une finesse comparable à celle de la poussière. Stanley, qui le vit en pleine activité en 1789, le nomma le Geyser Hurleur, à cause du grondement contiiniel que l'on entendait dans le bassin, et qui toutes les quatre ou cinq minutes se cbangeaitenun véritable rugissement.

Depuis cette époque, il est survenu un éboulemeut considérable qui a mis à découvert les canaux par lesquels ce Geyser était alimenté. La colline sur laquelle il s'ouvrait avait alors soixante-dix on quatre-vingts pieds de haut ; elle n'en a phisaujourd'lmi que quarante, et la bouche cratériformeqni la termine n'a plus qu'une faible profondeur. Les jets liquides ont totalement disparu ; la source puissante, naguère la plus grande et la plus terrible de l'ile, n'est plus qu'un sinqjle hoer composé de deux bassins ovales dont le plus grand n"a guère que 5 mètres d'ouverture. Les deux bassins communiquent ensemble; l'eau y conserve toujours le même niveau, quelque soit l'étal de calme ou d'effervescence des sources voisines. Il s'en dégage une vapeur très-légère, ce qui, joint à la transparence des eaux, permet de distinguer pailait(^ment les parois intérieures, d'une blancheur éclatanlc. Au fond s'ouvreni presque horizontalement deux canaux se dirigeant vers le nord; en suivant celte direction, on découvre à

peu (le (listaiico un (Mifoncenioiit du sol, d'où s'échappent des vapeurs abondantes qui, sans doute, se rendaient à la source vaut réboulcniiMil qui l'a rninée, et dont la force élastique produisait les spasmes incessants du Geyser Hurleur.

i,a fréquence des tremblements de terre en Islande explique très-bien non-seulement la destruction de ce Geyser, mais aussi la disparition ou le déplacement d'autres sources d'eau chaude. Ces phénomènes ne sont pas rares, et le terrain fragile qui forme la plaine des Geysers, sans cesse ébranlé par de violentes secousses et miné jiar les eaux et les vapeurs, est exposé aux modifications les plus diverses.

A 70 mètres du grand Geyser, se trouve la noiivelle source que les Islandais ont appelée le Stroïkr ou Slmckiir (baratte), à cause de la forme particulière de son bassin, qui présente quelqiu' analogie avec celle d'nn appareil à i)attre le beurre. Cette source était peu importante avant le tremblement de terre de ITSO ; mais elle s'est considi''rablement accrue depuis; elle est maintenant la plus remarquable de toute la plaine, sans en excepter mcme le Grand Geyser, car ses éruptions sont plus fréquentes, et présentent ce fait singulier, que l'on peut les provoquer à son gré.

O nouveau Geyser, au lieu de se trouver sur une éminence, comme la grande source éruptante que l'on vient de contempler, occupe le milieu d"uu enfoncement du sol. Il n'a point de bassin ; sa bouche est constituée par l'ouverture même du canal dans lequel bouillonnent les eaux. C'est, en un mot, un véritable puits, large de 1 '.ÔO à '2 mètres, au bord duquel des

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concrétions siliceuses, mêlées aux débris des matières de toute sorte que l'on y jette, forment une sorte de margelle peu élevée.

En approchant des bords de ce gouffre, on ne peut se défendre d'un sentiment de frayeur que ne fait pas éprouver la contemplation des phénomènes volcaniques même les plus terribles. La vue des eaux écumantes qui tourbillonnent dans cet abîme doinie le vertige à riiomme le plus calme, et l'on ne peut sans frémir songer aux j)érils que peut courir un explorateur imprudent, alors surtout que l'on connaît la fin de ce cheval qui tomba dans le Strockur, et fut, au bout de quelques instants, rejeté dans un état de cuisson complète.

Contrairement aux eaux du Grand (leyser, celles du Strockur ont une teinte limoneuse. Ces eaux bouillonnent avec un bruit terrible en projetant une écume jaunâtre; tantôt elles s'élèvent jusqu'au bord du canal, tantôt elles s'abaissent assez pour permettre à l'œil de plonger dans l'intérieur du conduit jusqu'à une profondeur de 20 à 30 pieds. On observe alors que les parois intérieures se rapprochent peu à peu, et que le canal, louten restant parfaitement arrondi, n'a plus que trois pieds de diamètre et semble obliquer vers le nord.

Livré à lui-mèm'% le Strockur a, comme le Grand tleyser, des éruptions spontanées. Ohlsen l'a vu lancer de Feau bouillante pendant deux heures consécutives jusqu'à une liauteur de 150 pieds.

Henderson vapporlo qu'il a ('ié lénioind'un spasme dp trois

quarts d'heure pendant Iciiucl les jets atteignirent 200 |)ie(ls de haut.

Mais la larilitr avec hiquelle on peut se procurer le spectacle (l'une do ces crises fait que la plupart des voyageurs

l'i'iiption du Slrockur.

n"atlendent pas le bun^ plaisir du Geyser. Il suffit, en cfl'el, de jeter dans l'ouverture des pierres pour provoquer la fureur du monstre; les phénomènes que l'on observe se présenteiil alors toujours dans le même ordre, mais avec une intensité plus ou moins grande, suivant les circonstances.

Les matériaux, en tombant dans le gouffre, ne produisent aucun bruit extraordinaire; mais, à partir de ce moment, le bouillonnement devient moins fort, diminue progressivement el finit par cesser tout à fait. Au fracas continuel, que l'on entendait dans le puits, succède un silence presque complet ; puis on perçoit un bruit semblable à celui que produisent les soubresauts d'une masse liquide commençant à bouillir; d'abord rares et faibles, ces secousses deviennent peu à peu plus fréquentes et plus fortes ; on les entend se rapprocher, et, au bout de quelques minutes, l'eau fait irruption dans la partie du canal accessible à l'œil, gagne proniptement l'orifice, le dépasse et forme un premier jet, haut de 7 à 8 pieds. C'est le commencement de l'érupliou. Les gerbes se succèdent alors sans interruption, jaillissant à une hau- Icur (le plus en plus grande; les plus élevées atteignent généralement 50 à 40 mètres. La rapidité avec laquelle elles se suivent est telle, (pi'un jel part quelquefois avant que le précédent ail eu le (enips de retomber; toutes les deux se beurlciil dans les airs, se brisent l'un contre l'autre, et produisent dans leur chute un des plus beaux effets qu'il soit possible de voir.

Chose remarquable, ces jets, dont le diamètre occupe toute la largeur du canal, s'écartent fort peu, malgré la hauteur considérable à laquelle ils s"élèvenl; l'eau, refroidie par son passage rapide à travers l'atmosphère, retombe sur les bords mêmes du cratère, sans qu'une goutte s'en éloigne au delà de 2 ou T) mètres, et s'engouffre aussitôt dans le canal. L'observateur peut donc sans crainte se tenir à quelques pas

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lie rui'ilice l'I suivi'c de Irès-près ces singuliers iiliriKiinènes.

L'éruption cesse (lueiquolois après un premier spasme, (luul la (huée n'excède guère vingt ou trente minutes; mais souvent aussi elle recommence brusquement après un moment de calme, et l'explorateur doit se tenir en garde coniic ces boutades du Strockur. Après la crise, l'eau se relire an liiiid du gouffre, et les choses ne reviennent à leur étal nurnuil qu'au bout d'une demi-heure et parfois davantage.

Outre le Strockur et le Grand Geyser, la plaine contient encore plusieurs sources plus petites, qui jetlent fréquemment des colonnes liquides à quelques mètres de hauteur. Un en cite surtout une qui offre une particularité remarquable : le sol forme au-dessus d'elle une sorte de couvercle peu épais, au travers duquel l'eau jaillit à chaque éruption par deux trous arrondis et voisins l'un de l'autre, îiyant une largeur d'environ 50 centimètres. Les deux jets s'élèvent perpendiculairement côte à côte, et, parvenus à la même hauteur, retombent l'un à droite, l'autre à gauche, en formant une courbe gracieuse.

D'anciens observateurs ont affirmé que tous les geysers répandaient au dehors une quantité d'eau suffisante pour former une rivière. S'il en était ainsi autrefois, ces sources ont dû subir des changements notables, car aujourd'hui la phi- |iart d'entre elles ne débordent jamais. Le Grand Geyser est le seul qui, dans ses éruptions, laisse écouler de toutes parts une certaine quantité d'eau, laquelle disparaît promptement. Le YieuxGeyser ne donne naissance qu'à nu filet d'eau d'une ténuité extrême, qui s'échappe par une écliancrure de son

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bassin, et, quant au Strockur, nous avons vu que, grâce à sa position au milieu d'une dépression du sol, il absorbe toutes les niasses liquides à mesure qu'il les rejette.

On a supposé qu'il existe entre les diverses sources d'eau chaude de l'Islande des communications souterraines. Certes, le voisinage de ces puits, leur agglomération sur un espace assez étroit, la nature même du terrain sur lequel ils se trouvent paraissent au premier abord confirmer cette hypothèse. On est cependant obligé d'y renoncer lorsque l'on porte son attention sur la différence assez grande que présentent entre eux les niveaux des diverses sources. Pour ne parler que des principales, tandis que le Strockur se trouve au fond d'un soubaissement, le Grand Geyser est au haut d'un monticule conique s'élevant sur le plan de la vallée, et le Vieux Geyser les domine l'un et l'autre de toute la hauteur de ses ruines. Entre le premier et le troisième, il y a une différence d'environ 25 mètres ; entre les deux geysers actifs la différence de niveau est à peu près de 5 mètres. Il est donc impossible d'admettre l'existence de canaux souterrains faisant communiquer ensemble ces trois sources ; car, en vertu de la loi de l'équilibre des liquides dans les vases communiquants, il faudrait, ou bien que le Vieux Geyser fût constamment à sec en l'absence d'éruption des deux autres, ou que les deux sources voisines ne cessassent jamais d'être en éruption et de projeter leurs eaux à la même hauteur.

Li:s ci; Y si: us.

M;\iiilcs hypothèses ont été proposéi^s pour o\pli(pii'i- les ciirituix phénoniôiies que i)réscntenl les geysers. C'csl l;i au (h's pi'olilèiues les phis difficih's qui puisse s'onVir i\ hi mk'ililatioii (lu nalurnlisle. Dans ces derniers temps, M. Muiisen, M. l"oi'l)es, et plus réceuinuMil encore, M. Molir, oui proposé des théories qui résolvent mieux que les hypothèses plus anciennes quelques parties du problème; mais qui néanmoins ne semblent jjas embrasser la série entière des iails observés. Somme toute, je crois (ju'on pourrait, en la modifiant légèrement, conserver l'explication ([u'a donnée des geysers, Krug de Nidda, observateur excellent et (pii a étudié, avec un zèle incomparable, les phénomènes volcaniques de l'Islande.

Voici comment, en s'appnyanl sur les observations de Krug de Nidda, on pourrait tenter d'expliquei' le ineivcilleux spectacle qu'offrent les sources éruptantes.

On sait que les laves que vomissent les volcans d'Islande sont très-poreuses; en décrivant les éruptions de ces volcans, nous avons parlé des grandes cavités qu'ont formées leurs coulées de lave. Or, on peut admettre qu'une de ces cavités, en même temps qu'elle reçoit de la cliah'ur du loyer volcanique, recueille aussi les eaux ipii pénètrent par

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iiitillralion, et la vapeur d'eau qui arrive de loules paris a liavers les iuuouibrables fissures du lerraiu lavique. S'il eu esL aiusi, l'eau de la caverue doit se transformer elle-nièiTU! |tarliellement eu vapeur, laquelle s'ajoute contiuuellemeiit à celle qui pénètre par les fissures.

l'orraation d'un Geyser.

Ou couq)i'end des lors que cette énorme quantité de va- [H'ur, eu s'accumulaut dans la cavité et dans les canaux souterrains, doive e.Kercer une iorte pression contre les paiois de la caverne et aussi contre la surlace de l'eau, qui emplit lUH' partie de la grotte, et s'y trouve eu ébullition. A mesure (pie le ealoriipie augmente dans cet espace souterrain, la vapeur, accumulée entre le niveau de l'eau et la voiile du réservoir, acquiert une force d'expansion jilns grande, et linit par surmonter la résistance de la nappe d'eau, qu'elle expulse violemment par l'orifice qui communique avec l'alniosphère. Après que l'eau a été rejetée, la vapeur s'épanche à sou tour dans l'espace par de bruyantes explosions.

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Mais à 00 moment même, et par suite de ce grand dégagement de chaleur, les parois se refroidissent, et les vapeurs qui pénètrent dans les fissures se condensent en eau qui retombe dans la caverne. Aussitôt, le même jeu souterrain recommence: l'eau s'échauffe et bouillonne au fond du réservoir, les vapeurs s'accumulent, se condensent; et après un intervalle déterminé, elles poussent Feau vers l'orifice |)our de nouveau la lancer dans l'espace.

Les geysers d'Islande sont plus beaux que ceux de Java et de la plupart des autres régions volcaniques, mais, quoique superbes, ils n'ont point l'aspect grandiose de ceux de la Nouvelle-Zélande. Les récits que nous en a laissés tout récemment M. Ilochstetter, surpassent en hardiesse les tableaux les plus fantastiques.

La région principale des sources jaillissantes de ce curieux pays occupe, près du village de Tokanou, un espace de '2 milles anglais. De la haute mer, on aperçoit la colonne de vapeur qui s'échappe du Pironi; elle sort d'une ouverture profonde, et s'élève à une hauteur de 6 à 10 pieds; son diamètre est de *2 pieds environ. A quelques pas plus loin, se trouve un bassin large de 8 pieds et d'une profondeur à peu près égale : c'est le Korokorootopohinga, recouvert d'un dépôt de stalactite siliceuse, et rempli d'eau constani' ment en ébullition.

ul6 LES VOLCANS.

l'i'ès de ce bassin se présente un ruisseau, dont les eaux ont une température de 45 degrés centigrades ; il le sépare de trois autres cavités également recouvertes de couches siliceuses. L'une d'elles renferme de la boue, et les deux autres une eau claire, limpide et d'une température de 86 à 87 degrés. Ces trois cratères communiquent ensemble, car, tandis que l'un s'emplit, les autres se trouvent presque complètement à sec, on prétend aussi que celui du milieu offrait, en 1848, entièrement l'aspect d'un Geyser.

Le territoire d'Oi'akeikorako s'étend près des bords de la rivière Waikato, sur une étendue de 1 mille environ. M. Hochstetter estime qu'il renferme plus de soixante-seize sources jaillissantes, dont la plus remarquable porte le nom de Homaitérangi.

Le voyageur allemand fut témoin de plusieurs éruptions successives de ce geyser. L'eau contenue s'agitait tout à coup, et formait instantanément un jet puissant qui s'élevait en ligne oblique à une hauteur de '20 pieds et conservait une température de 94 degrés centigrades. Quelques minutes après, le bassin était à sec et on ne distinguait plus qu'une ouvciture étroite en forme d'entonnoir, d'où s'échappaient, en frémissant, des nuées de vapeurs. Ces éruptions se renouvelèrent à trois reprises différentes dans l'espace de (piatre heures.

Un second geyser est situé à 50 pas du précédent. Il |)ossède un bassin ellipti([ue mesurant 8 pieds de longueur, sur 6 de largeur; la source principale se trouve sur une liaute

colliiu^. I.o jpt qui la compose s'ôlèvo constamment à 2 ou ") pieds (lu sol ; sa température est de 08 degrés. Il paraît (ju'une colonne d'eau bouillante de 100 pieds d'altitude s'élança de cet endroit, aussitôt après le tremblement de terre de Wellington, en lXi<S, et se maintint à celte hauteur pendant près de deux ans.

Le lac de Rotomahama ne mesure, il est vrai, guère plus, de 1,500 mètres de longueur sur 500 mètres environ de largeur; mais c'est un des réservoirs les plus merveilleux de cette contrée. Il est entouré de collines arides; ses bords sont marécageux et ses eaux verdàlres. On l'a nommé, avec raison, Rotomahama, le lac chaud, car de toutes parts jaillissent des colonnes d'eau bouillante qui échauffent le lac tout entier et le couvrent de vapeurs. Le Te-ta-rata est situé à 80 pieds environ au-dessus du niveau de ce lac. Une excavation ou cratère, ouvert du côté du Rotomahama, et formant un bassin de 80 pieds de longueur, sur 60 de largeur, tel est l'aspect qu'offre le ïe-ta-rata. Ses eaux s'échappent en bouillonnant et descendent de terrasse en terrasse jusque dans le lac; leur teinte, d'un bleu de turquoise, avec les reflets de l'opale, contraste merveilleusement avec la blancheur éclatante des stalactites qui recouvrent les bords de cet admiraltle bassin.

Le spectacle (pie pri'sente cette merveille de la nature est des plus grandioses : des terrasses, offrant l'aspect du marbre blanc, s'étageut à la pailie inlV'iienre du cratère et forment une magnifique cascade que les eaux envahissent parfois; souvent aussi, suivant le liMuoiniinge des indigènes, toute la

masse des eaux est lancée subitement à une grande hauteur avec une violence extrême. Si le fait est vrai, la source thermale de Te-ta-rata serait une source é ru pi an te : ce serait le plus beau Geyser de l'univers.

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