AVANT LA CATASTROPHE
Df iiièiiic que, dans les régions soumises ;ui l'eu soulerniin. ou a oliseivi' que la crise des volcans s'annonçait par quelques signes précurseurs, de même aussi, partout où les tremblements de terre sont fréquents, ou cniil à rexistclice de phénomènes avant-coureurs de la catastrophe. L'étude de ces présages pourrait éviter de grands désastres; et Fou ne saurait assez engager les hommes désireux de l'ortilii'r la société liuuiaiue dans sa lutte contre les forces hostiles, à communiquer au public les observations qu'ils ptiurraient faii(\ aliu qu'on puisse discuter ces observations, les classer et eu dégager la valeur scientiliipie.
Ou a remarqué quelquefois ([uc les sources coulaient plus faiblement ou se tarissaient peu de temps avant le tremblement de terre. A l'époque de la catastrophe de LisliDUui', les sources tariientet reparurent; ce phénomène eut lieu u(in-seuleiueut dans la région où le fléau exerça sa puissance, mais dans une grande pai'tie de l'AUeniague. Eu
A V A N r LA C A T A S T K U P 11 1£ . 545
I(S18, des secousses ;ii;iLèreiil violeiiiuiciil une grande partie de l'Europe, et, malgré des pluies torrentielles, on vil le niveau des lacs baisser sensiblement.
Dans les pays qui n'ont point été éprouvés par des tremblements de terre, on croit généralement que ceux-ci s'annoncent toujours par des bruits précurseurs; c'est là une erreur en ce sens qu'on a vu, rarement il est vrai, la calaslro- I)he arriver subitement, silencieusement. Humboldta pu s'assurer, par l'étude attentive des phases du tremblement de terre de Rioiiamba, que la terrible commotion ne fut signalée par aucun bruit. Mais le tremblement de terre est le plus souvent annoncé par un sourd mugissement, ou parfois aussi par une espèce de bruissement assez semblable au bourdonnement d'un essaim d'abeilles.
La nature du bruit souterrain est très-variée : tantôt il roule, il gronde. D'autres fois, dit Humboldt, il est saccadé comme les éclats d'un tonnerre voisin, ou bien il retentit avec fracas «comme si des masses de roches vilritiées se brisaient dans les cavernes souterraines. «Ce bruit a une grande analogie avec celui qui se fait entendre près des volcans.
Les anciens observateurs des phénomènes de la nature pensaient que l'atmosphère était sensiblement influencée par les tremblements de terre. De nos jours, un grand nombre de natiu'alistes nient cette influence ; taudis que d'autres observateurs, non moins compétents, établissent une intime liaison entre les phénomènes souterrains et ceux de l'atmosi>hcre. Depuis les consciencieuses et pénibles recherches de M. Kluge, cette liaison nous semble scientifiquement éta'
blie ; et nous croyons qu'on ne devrait jilus rejeter, comme une erreur, l'opinion des anciens naturalistes, laquelle est aussi une croyance populaire dans tous les pays sujets à de fréquents tremblements de terre.
Les observations de M. Kluge embrassent une période de dix années, de 1850 à 1859; et il en résulte que les Iremblements de terre sont généralement précédés ou suivis de pluies, de grêle et de violents orages. On a remarqué que les commotions de Bangpour, au Bengale, en 1855, de Brousse et de Santiago en 1829, ont toutes été précédées ou accompagnées de violents orages ou de pluies torrentielles. En Amérique, on redoute la saison des pluies connue étant particulièrement favorable au fléau. Par contre, en d'autres régions équatoriales de l'Amérique, où dix mois entiers se passent quelquefois sans qu'il tombe une goutte d'eau, les indigènes regardent les tremblements ed terre, qui se répètent souvent, comme d'heureux présages de pluies fécondantes'.
Dans les îles Moluques, Européens et indigènes passent la saison des pluies dans des huttes légères, car on est convaincu, dans cette région du globe, que les tremblements de terre sont causés par les grandes averses; et tout jirès de nous, les habitants du Dauphiné considèrent ces fléaux comme les effets des avalanches. Cette croyance provient de ce que les secousses ont lieu ordinairement lors de la fonte des neiges. C'est ainsi qu'à Pignerol, dans la vallée de Clusone, elles se reproduisent tous les ans au commencement du printemps.
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