EXHAUSSEMENT DL' SOL
enfin des bancs d'huîtres se trouvèrent, dit-on, bien avant dans l'intérieur des terres'.
On prétend que la côte de Valparaiso fut exhaussée de 5 pieds, et M. Meyen, qui visita la ville de Valparaiso en 1851, croit avoir retrouvé des restes d'animaux marins sur les rocbers qui avaient surgi du sein des eaux.
Les mêmes phénomènes se renouvelèrent le "21 février 1855, peu de temps après les éruptions du volcan de Coseguina. Un mouvement ondulatoire agita le continent, de Copiapo à Chiloé, et de Mendoza jusqu'à Juan Fernandez, à 500 milles de la côte. Cette fois encore, le sol s'éleva, diton, de 4 à 5 pieds, pour s'affaisser aussitôt de 5 pieds environ'.
Lorsque mistress Graham émit l'opinion que toute la côte du Chili avait été exhaussée à la suite du tremblement de terre du 19 novembre IS^^, dont les effets se firent sentir sur une si vaste étendue, cette opinion fut accueillie avec faveur par la plupart des géologues ; toutefois, elle eut aussi bon nombre de contradicteurs. M. Cuning, le célèbre concbyliologue, se trouvait justement à la même époque sur le théâtre de l'événement, et il affirme n'avoir rien remarqué de semblable. Les flots viennent comme d'ordinaire, pendant les hautes marées, baigner les endroits de la côte que l'on désigne sous le nom d'ancien littoral, et M. Cuning ajoute que les gisements de coquillages s'expliquent par les mouvements
' I.yell, Pririciples ofgeology.
* Fiiclis, Die Vulkanischen Ersciteinungen der F.rde.
irréguliers de la mer causés par les treuiblemeiits de terre si fréquents dans ces contrées.
Après le violent tremblement de terre de 1(S55, une expédition américaine, sous les ordres de M. Wilkes, le même qui étudia si bien le volcan de Maunaloa, se livra à des recherches très-minutieuses. « Les récits des habitants du Chili sont tellement contradictoires, dit M. Wilkes, que l'on ne peut en tirer aucune conclusion satisfaisante. La retraite des eaux dans le golfe, si toutefois elle existe, ne peut provenir que des atterrissements. Les naturalistes de notre expédition ont sondé attentivement les côtes dans le voisinage, et n'ont recueilli aucun indice qui pût établir un soulèvement si faible qu'il fût. »
S'il existe quelque incertitude au sujet de l'exhaussement des côtes du Chili en 1855, on ne saurait mettre en doute le fait suivant.
Le 2r» janvier 1855, un tremblement de terre très-violent bouleversa la Nouvelle-Zélande ; on estime à TtOO milles carrés l'étendue de terre et d'eau sur laquelle il exerça son action. Or, dans le voisinage de Wellington, une superficie mesurant 4,600 milles anglais, fut exhaussée de 1 à 9 pieds.
On cite volontiers les restes d'un ancien temple de .lupiter- Sérapis comme une preuve irrécusable cpie le littoral où se trouve cette belle ruine a été tour à tour exhaussé et abaissé. Il s'agit du liltoral de l'ouzzoles, dans les environs de Naples, littoral C()mi»osé de couches régulières de sable et de pierres volcaiiiipu's conlenaul des di'dtris de coquillages marins.
i; XIIAISSEMENT 11 l SOL.
En 1749, ou \ déiouviit les restes (riiii leiiiplc de Jupiter, édifice imposant d(Hit le plan était [(arlailenient reconnaissable. C'était un monument de 17 pieds de longueur, dont la grande cour intérieure était environnée de petites cellules qui servaient probablement à l"usage des baigneurs; peut-être, l'édifice entier était-il, non un temple, mais des
Temple de Séiapis.
tbermes romains. Trois colonnes de marbre paraissaient encore debout, mais elles étaient à moitié enfoncées sous la couche de tuf du sol. Lorsqu'on les eut dégagées, on leur trouva une liauteur d'environ 42 pieds. Elles sont taillées d'un seul bloc et oui conservé leur poli primitif jusqu'à une
hauteur do 12 pieds environ, où commence une zone de 9 pieds, offrant de nombreuses petites cavités très- profondes et absolument semblables à celles que se creusent, dans les rochers voisins, des coquillages appelés des pholades.
Les trois colonnes sont légèrement inclinées vers la nier, et le pavé du temple est ordinairement recouvert par les eaux. On a conclu de tous ces faits que le temple, construit jadis sur la terre ferme, a suivi l'affaissement de la. côte, survenu en 1108, lors de la dernière grande éruption de la solfatare de Pouzzoles, de même que l'on attribue à celle de Monte-Nuovo, en 1558, l'exhaussement actuel.
Toutefois, le fait de l'exhaussement et de l'abaissement du temple a été révoqué en doute. Il se pourrait après tout, ainsi que le pensait Rusegger, que ces pholades aient habité les blocs de marbre avant qu'on eût transformé ceux-ci eu colonnes; les anciens auront passé hardiment sur ce petit inconvénient, sans se douter des difficultés qu'ils préparaient aux savants des générations futures. Du reste, il est fort surpreluuU que ni le pavé du temple, ni les trois monolithes restés debout, n'aient aucunement souffert de tous ces bouleversements du sol et des secousses, si faibles qu'on les suppose.
On a remarqué une dépression subite du sol pendant les tremblements de terre qui ont agité l'Amérique du sud. Au moment où, le 2U janvier 1854, un tremblement déterre ravageait la ville de Santiago, au Ciiili, ou vit une langue de terre de 5 lieues de long sur 2 de large, s'enfoncer et disparaître avec l'épaisse forêt qui la recouvrait. Les environs de Bondionella offrirent un spectacle curieux ; une grande