‹ Les voleursChapitre 108 sur 208 · POS · texte numérisé non relu

POS

POSTICHE (Faire dne). — Rassembler b foule sur la voie publique, pour ensuite expliquer les cartes ou vendre de la pommade propre à faire croître les cheveux , du savon à dé* tacher y etCé, etc. .

Un homme sage, s'il a une montre, une bourse ou un portefeuille, doit fuir laposUche avec autant de soin que le choléra. U y a toujours quelques Tireurs dans la foule qui entoure Tescamoteur ou le marchand de chansons.

Les saltimbanques, escamoteurs, tireurs de cartes sont souvent de mèche (de moitié) airec les voleurs* Au signal de ceux-ci , le saltimbanque prend une canne qu'il fait tourner sous le nez des spectateurs pour agrandir la circonférence du cercle. La foule se met en mouTement, les Foarlinears saisissent à propos l'instant favorable, et les curieux sont dévalisés. On n*a pas oublié Tàne savant, ce quadrupède intéressant , qui savait désigner le plus jaloux , la plus amoureuse de la société. Uno brigade de Tireurs suivait toujours le propriétaire de l'Ane savant ; lorsque l'animal ruait , ces Messieurs exploraient les poches de leurs voisins.

POT ( YoL AU ). — Le yoI au pot esi une variété AeCharnage. L'un des Potiers aborde un individu sur là voie publique, et trouve moyen de lier conversation avec lui ; lorsque la connaissance est Élite y celui des Paliers qui doit jouer le principal fôle, la figure , aborde celui que son acolyte a emporté^ et lui demande , dans un jargon qu'il est très-difficile de comprendre, le chemin qui conduit au Jardin des Biles. Le Panlre^ qui presque toujours est un provincial récemment débarqué à Paris, que les fripons ont deviné à la mine , ne peut pas lui enseigner ce qu'il demande, \^ Jardinier se charge de ce soin , mais \ Américain ne peut pas, ou plutôt ne veut pas le comprendre, et témoigne le désir d'être conduit au lieu qu'il désigne, et il parvient à faire comprendre aux deux individus auxquels il s'adresse qu'il saura payer généreusement ce léger service; sa proposition est acceptée, et les trois individus cheminent de compagnie. Chemin faisant, \ Américain raconte à ses deux compagnons une foule d'histoires plus merveilleuses les unes que les autres, il parle des châteaux qu'il possède dans son pays,' de sçn immense fortune , etc. ; pour donner plus depoids 4

4es paroles, il tire de sa poche une bourse pteioa d'or, ei le provincial flnît par croire qu'il parie à tin individu plus riche que Sind* had le marin»

V Américain parait doué du plus heureux caractère; il rit et chantonne sans oesse, et à chaque coin de rue il invite ses eonduoleurs à prendre quelque chose; bientôt le vin et les U* queuf*a paraissent agir sur son cerveau, son huioeur devient plus guillerette encore, t Moi fouloir aller rire avec choUes demoisdles françaises^ dit^il I fous fiNiloir pien coMuire moi ; moi bayer pour fous, v Le Pantrej qui a ha plus de vin que sa capacité n'en comporte, ac* cepte la proposition avec empressemeol. L'itinéraire est changé : oe n'est plus vers le Jardin du Roi que les trois compagnons se dirigent, mais bien vers quelque maison dans laquelle, moyennant finance, il soit permis de mener bonne et joyeuse vie. ( Il faut remarquer que ce n'est que dans un lieu écarté que VAmdn^ cain risque sa proposition. ) i Moi bas fooloir aller chez les matemoiselles avec tout mon ar* chent , moi fouloir cacher lui, t dit^ih Et il dé<* pose sous un tas de pierres tout l'or qu'il a sur lui. à Cachez tout ce que vous voudrez , dit le

•/arflft'mi^r en haussant les épaules, t Lorsque X Américain a terminé son opération /il est prât à partir, et l'on se dispose à se remettre en marche , mais il se ravise , et il invite ses deux compagnons à suivre son exemple^ Le Jardinier dépose quelques pièces de cinq francs à oâté de Tor de ï Américain^ et te Panire suit son exemple; mais, comme ses poches sont bien garnies, la somme qu'il dépose est beaucoup plus considérable.

Le Pantre^ le Jardinier et X Américain y partent enfin , mais lorsqu'ils sont à une distance assez considérable du lieu où l'argent a été déposé , r-^»ï^r/V?<?/» s'arrête tout-à-coup, se frappe les poches et s'écrie : « Moi bas afoir gardé de quoi bayer les matemoiselles , vous aller chercher cinq pièces d'or, nous attendre fous ici, fous vous débécher. v Le Panêrcy qui très-souvent a conçu le projet de s'approprier le magot de l'étranger, s'empresse d'accepter la proposition, ei, comme on le pense bien ^ il ne trouve rien dans la cachette ; un troisième fripon a onlevé son argent el tes foui rouleaux déposés par t Américain.

Les Charricurs s'adressent souv^it à des garQOBS dereeetle on de magasin.

Page 1