‹ Les voleursChapitre 134 sur 208 · SUA · texte numérisé non relu

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deserefiounâttre, ilsétaientsaisiselgarottés'y le ttiattredela maisonétait alors amené devant une cheminée dans laquelle on avait fait un grand feu, et le ehef de la bande lui demandait son argent, s'il ne faisait pas connaître de suite le lieu dans lequel il était caché , on le menaçait de lui brûler les pieds, et cette menace n'était que Irop souvent exécutée.

Beaucoup de personnes ont été cruellement mutilées par les Saageurs , qui très-souvent ne se contentaient pas de brûler les pieds de ceux qui se montraient récalcitrans , et qui quelquefois se servaient du soufflet , supplice inventé par le nommé Chopine, dit le Nantais y Tun des plus intrépides et des plus cruels Saageurs de la bande de Sallambier.

Un autre individu de la même bande, nommé Galandrin, dit l^Parisien, avait proposé d'arracher les ongles à tous ceux qui n'avoueraient pas de suite tout ce qu'on exigerait d'eux, et c^te proposition avait été acceptée.

Capahuty dont j'ai parlé ci-dessus, avait aussi fait partie d'une bande de chauffeurs dans les environs de Paris. Gomme on a pu le voir, assassiner ses camarades pour s'approprier leur pari de butin , n'était pour lui qu'une ac-

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tien très-ordinaire^ il appelsûl oela iravailier en lime sourde. \\ expia aas for&îla sur la place de rildtei-de-ViUe.

SUCE LARBIN, s. m. -* Bureau de placemeni de domestiques. Les bureaux de placement^ tels qu'ils existent maintenant, nuisent k ceux qui se font servir^ ec à eeux qui servent» aussi le mal qui résulte de leur existence est-il visible à tous les yeux. Les quelques notes qui suivent» sont extraites du prospectus que je publiais lorsque je me déterminais à fonder, sous le titre de K tnlemiédiaire ^ unee^ncequii j*ose le croire, aurait rendu d'éminensservices à la société si elle avait été mieux comprise.

i Undécret impérial du 10 octobre 1810 fixa la position des individus qui étaient ou qui vou* laient se mettre en service en qualité de domestiques \ ce décret, à la fois juste et sévère, prévoyait tous les abus.

« Les bons domestiques Taccueillirent avec plaisir ; l'homme probe ne redoute pas les in* vestigatîons , il sait fort bien quHl ne peut que gagner à être connu ; mais ceux dont la conscience n'était pas nette, employèrent tous les moyens que leur suggéra leur imagination pour éluder et paralyser les ciTets qu'il devait pro-

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(luire : celui qu'ils adoptèrent deifait Décessairemeot réussir, à une époque où la police était OBEitMrageiise et la population inquiète.

« Si vous parlez de la police à la plupart des habUans de Paris, ils croiront tout ce que vous vaudrez bien leur dire, ils flétriront du nom de mouchard tous les individus dont ils ne connaissent pas les moyens d'existence.

< Les domestiques, presque tous doués d'une cwtaîne finesse et d'une grailde perspicacité ^ avaient remarqué cette tendance des esprits, ils ^exploitèrent à leur profit.

< Lorsqu'ils se présentaient pour obtenir une piace et qu'on leur demandait l'exhibition de leur livret , ils répondaient : i Monsieur ignore sans doute que tous les porteurs de livret sont vendus à la police ; nous n'avons pas voulu en prendre afin de ne pas être contraints à exercer l'ignoble niétier de mouchard. » Si celte réponse eût été seulement celle de quelques indivîdus, ce grossier subterfuge n'aurait trompé personne; les domestiques sentirent cela, aussi lorsqu'ils se trouvaient avec ceux de leurs camarades possesseurs du livret qu'ils n'avaient pn obtoiir, ils disaient : < J'obtenais aujourd'hui une excellente place , si je n'avais pas eu

la maladresse de montrer mon livret ; les mattres pensent que Ton n^en délivre qu*à des agens secrets de la police. » Crédules comme tous les honnêtes gen$ , les bons domestiqaes croyaient cela, et lorsqu'à leur tour ils se pré* sentaient dans une maison nouvelle, ils ca-~ ehaient avec soin leur livret.

« Les ma4ivais domestiques Airent et sont encore favorisés dans leurs desseins par Tindiflerence coupable des maîtres, qui ne cherchent pas assez à connaître Thomme qu'ils admettent dans leur intérieur, auquel ils confient leur fortune et leur vie; ces derniers n'exigent de cet homme que des certificats sans authenticité, et qui, s'ils ne sont faux, sont très-souvent a^ rachés à la complaisance; le maître, les examine sans les voir, les rend au domestique et tout est dit : souvent aussi, pour ne point se donner la peine de s'habituer à un nom nouveau, il donne à celui qu'il vient de prendre à son service le nom de son prédécesseur, il se nommait Pierre, le nouveau se nommera Pierre ; le domestique dont les intentions sont mauvaises , loin de s'opposer à cette manie, la fait naître; qu'arrive-t-il ensuite? Pierre vole et se sauve ; où chercher Pierre ?

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à L'impuDÎlé enhardit les fripons : lorsqu'un domestique a commis un vol de peu d'importance, un couvert, une montre, etc., le maître qui ne veut pas sacrifier au juge d'instruction et aux audiences de la Cour d'Assises un temps Tjtt'il peut employer plus agréablement, le tïhasse et lui dit d'aller se faire pendre ailleurs. Ou'arrive-t-îl encore? Le domestique ne va pas Be faire pendre, il va voler ailleurs; encouragé par l'indulgence de son maître, il ne s'arrête plus à des bagatelles, il tente un coup hardi, et s'il réussit il peut aisément se soustraire aux recherches puisque l'on ignore jusqu'à son véritable nom.

« Ainsi sapé dans ses fondemens, par la ruse des domestiques et l'insouciance des mailres , le décret delSdOne vécut pas long-temps : c'est souvent le sort des meilleures institutions.

K Aujourd'hui rien ne régit la classe si nombreuse des domestiques ( dans Paris seulement on en compte plus de quatre-vingt-dix mille ), les effets déplorables de cet état de choses sont visibles à tous les yeux ; les crimes nombreux commis par des individus de cette profession épouvantent non - seulement les

gens obligés de se faire servir, nais encore le jrfiilantrope qui désire l'ainéUoratioii des classes infimes.

Une cause qui contribue puissamment à dé* moraliser les domesiiques , est la multitude de bureaux de piaeement qui infeetent la capitale (oft en eompte plus de trois cents) ; la G^ zetie de^ Trtàanaux a pins d'uj^ fois donné h mesure de ta moralitfè des individus qui diri* gent ces sortes d'étabUsseni,en$ : ( nous isppie^ nons au moment de mettre sous presse» que les tribunaux viennent de (aire justice de deux de ces forbans« La Gazeite des Tribfmaas rapporte, que Jes sieurs Prévost et Turquio, direo teurs du bureau de placement rue St.-*D.eais , n^" 357» vjc^neiU d'être cond^pinés i un an de prison» cent lianes d'j^meode, et k I^ resititalion des somqi^es nombreuses extorquées par eux.) Tout le monde sait que leur but unique est de signer de Ttirgent ; pour arriver à. ce bot ils doivent désirer des mutations» car plus il 7 a de mutations > plus il y a d'iMcriptions i re* cevoir.

Dans toutes les professions centralisées, lorsqu'un individu commet une fiiute, sielle

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est légère il se eorrige, si elle est grave ou s'il y a récidive^ il dbit dîsparatire de la eorporalion; les bureaux de ptacemenl qui admettent sans examen préalable tous ceux qui se pnésentent, donneat aux mauvais domestiitueB la faculté de ae produire cMume des hommes nouveaux autant de fois ffn'il y a d'établiaaemenA de ce genre ; les maltras q/m ohoasiaseat là leurs aerloteurs sont 4ono coniimttUement exposés, et, sans qu^ils s'es douten t^ leurs domestîiiiies (qœ Ton n» fpardoane cette oomparaiso» ) jeiieAt chez eux le rôle de Tépée de Damoelês : au pmmicr jour ils s'éveillent et sowient leur dojoeatique , il aie Tient pas , ils se froUent Wk yeux et cberahent leur montra ;^us de moR'tre, dlea id«|iafru avec le domestique aya&t de èûns répondam. Ua autre incouvéuient des bureaux de plaeemeut» moins griive il est vrai ,

mais cependant 4rèsi4é8agnéablev<^l oeluit^ci : vous demandez lun cmaher, ou vous envoie un pâtissier; vous voulez !un euiainier, «'est un folefneaier qme l'on vaussadrease*

Si les bnreaw 4e plaoement nuÂsent aux maitnes, ils nuiaeni tusai ajux bons ser^viteiira; alléchés par des ;annojiQe$ mensongéms, ces bommes /laborieux «grimpent Imivement les

quelques étages qui conduisent au cabinet du distributeur de places, paient une somme plus ou moins forte, et sortent bercés par Tespérance d'obtenir un emploi qui n'existe qae sur le carton qui leur a servi d'appeau. Les directeurs de bureaux de placement ont aussi des compères chez lesquels ils envcHcnt des sujets qui arrivent toujours trop tard.

Lorsque l'on a toujours vécu dans une certaine sphère , on ne trouve souvent dans son cœur que du mépris pour ces individus que la société repousse de son sein , et tout le monde sait que le mépris éloigne la compassion : dans la carrière pénible que j'ai parcourue , j'ai pu étudier des mœurs qui échappent aux yeux des gens du monde; j'ai eu le courage de fouiller les sentines de la prostitution , et à quelques variantes près , j'ai toujours entendu la nième histoire* Une jeune fille arrive à Paris; lors^* qu'à sa descente de voiture elle ne trouve pas certaine courtière , elle porte ses pas vers le premier bureau de placement , paye et attend paliemmékit la place qui lui a été promiso; le dénuement , la misère arrivent avant la place, et bientôt , ne sachant plus que faire , il faut qu'elle se prostitue à un de ces vieux libertins

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qui n'oseraient s'adresser à une agence recommandabie, et qui vont hardiment diercher dans les bureaux de placement les victimes de leur lubricité, ou bien qu'elle meure de, faimet que l'on ne croie pas que les choses soient ici poussées jusqu'à leursdernières conséquences, il n'y a pas d'exagération dans ce que j'avance/je suis seulement rigoureusement vrai. Oui , cette nécessité cruelle qui crie sans cesse aux oreilles du malheureux : il faut vivre , a poussé plus de victimes dans Tablme , que la corruption et la débauche.

« Quelquefois aussi il arrive que ces individus sont les premiers trompés , à ce sujet que l'on me permette de citer un exemple récent.

f Un sieur Gazon avait chargé un individu, à la fois écrivain public et directeur d'une agence déplacement, de lui trouver une jeune fille probe et jolie. L'obligeant courtier, sans trop s^inquiéter de la première des qualités exigées, procura au sieur Gazon une jeune fille de dixsept ans; ce dernier la reçut chez lui , et peu de temps après la jeune innocente lui vola 35,000 francs; la Gazette des Tribunaux a

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