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C'est ici le lieu de faire remarquer que c^est chez le sieur Memûcle que fut commis le crime qui conduisit Grosnier au bagne.
Quelques jours après, le fondé de pouvoir de Grosnier se trouva avec le sieur Memacle et un sieur Moret, membre du conseil municipal de b commune de Maurecourt, à la préfecture du département de Seine-et-Oise. Le sieur Mema<' cle, qui n'avait point encore aperçu le fondé de pouvoir, dit au secrétaire-général que Grosnier était craint de tous les habiians du pays, et que ce n'était que grâce à la terreur qu'il ias* pirait qu'il trouvait à qui parler. Le fondé de pouvoir crut que son devoir était d'intervenir, et il soutint au sieur Memacle que ce qu'il avan* çait contre Grosnier ne pouvait pas être, puisque ce dernier était porteur de certificats qui émanaient de personnes trop recommandabies pour qu'il fût permis de croire qu'elles eussent, en les signant, cédé à un sentiment de crainte* EnGn, après quelques autres explications de ce genre , il fut convenu que le sieur Memacle convoquerait le conseil , et que Ton verrait alors si la demande de Grosnier devait lai être accordée.
En effet, une réunion du Conseil BionJ<rif>l
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eut lieu , et sa décision rejeta la demande du pauvre Grosnier.
Ce qui précède n'est rien autre chose que le récit exact des faits qui se sont passés dans une circonstance particulière ^ mais ce récit suffira 9 du moins je Tespère, pour faire' connaître les divers obsiacles que le libéré doit surmonter avant de pouvoir reprendre la place qu'il occupait dans ia société. Le vol commis par Grosnier était de très-peu d'importance. De trois questions soumises au jury, la première fut résolue négativement^ et les deux autres ne furent résolues dans un sens contraire qu'à la faible majorité de sept voix contre cinq; ainsi donc, sur lesdouxe hommes qui avaient mission de prononcer sur le sort de Grosnier, cinq ont cru à son innocence; mais ce n'est point cela , un arrêt a condamné Grosnier, mon intention n'est point d'en contester la justice, mais Grosnier a subi la peine à la-* quelle il a été condamné ; pendant tout le temps de sa captivité , il s'est fait remarquer par sa douceur, sa soumission , sa bonne conduite* Grosnier, depuis dix ans qu'il habite la com^ rounc de Maurecourl, n'a point, quoi qu'en dise le sieur Memacle , donn^ le flioindre sujet
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de plainte y c'est ce que prouvent du reste les certificats dont il est porteur, certificats émanés des plus honorables propriétaire9«t cultivateurs de sa commune, parmi lesquels on en distingue trois qui ont rempli la place occupée aujourd'hui par le sieur Memacle , et sous l'administration desquels Grosnier a vécu durant plusieurs années, et qui sont actuellement membres du conseil municipal existant.
Le curé de la paroisse de Maurecoort, homme éclairé, et qui comprend bien tous les devoirs de son saint ministère, estime Grosnier. Un des anciens maires dont je viens de parler, est tout prêt de répondre corps pour corps du pauvre forçat , auquel cependant on refuse ce que peut-être il paierait de sa vie même.
Il faut nécessairement qu'il y ait dans cette affaire un dessous de cartes qu'il est impossible d'apercevoir.
Je veux bien croire que le sieur Memacle comprend trop bien les devoirs de sa charge pour vouloir faire servir le pouvoir que ses concitoyens lui ont confié à la satisfaction de ses inimitiés personnelles.
Je veux bien croire même qu'il a toul-à-fai*
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oublié le léger dommage que lui a fail éprouver Grosnier^ mais si Ton examine avec soin sa oonduite , elle peut paraître au moins extraordinaire.
M. Memacle refusant à Grosnier ce que celui-ci lui demande, est tout à la fois juge et partie, ce qui n'est guère convenable. Un homme délicat, à la place de M. Menacle, s'il ne s'était pas senti la force de pardonner, se serait récusé, et aurait laissé les choses suivre leur
cours. Il est étonnant que M. Memacle, qui a été directeur du pouvoir exécutif en 1793, n'aie pas senti que son devoir était d'agir ainsi .
Il ne formule pas ses accusations , mais cependant il accuse Grosnier. M. Memacle ne nié parait guère conséquent; ou ses accusations sont fausses , ou il a manqué à ses devoirs en ne signalant pas à Tautorité judiciaire celui qu'il était chargé de surveiller.
M. Menacle a accusé Grosnier devant le conseil municipal, et il n'a pas voulu permettre au fondé de pouvoir de ce dernier de venir y présenter sa défense. Gependant lorsque l'on condamne un homme , ce n'est qu'après l'avoir entendu lui ou son avocat.
J'ai cro devoir, dans TiiKérèt du pauvro Grosnier, livrera la publieité le récit des faiU qui préeèdenl, et je souhaite bien vivemeni que l'autorité supérieure lui accorde enfio oa qu'il désire, et dont il est si digne '.
' Les Aiits parlent plus baat que tous tes disoovrs possibles; aussi je ne puis me lasser de citer des feils. Is individu, nommé Carré, à peine âgé de ireite ans, fut néanmoins condamné à seize années de travaux forcés pour un vol dedeuK lapins, commis de complicité à l'aide d'elTraction ; mais , à raison de son âge, la peine qu*il avait encourue fut commuée en seize années de prison. Carré se conduisit bien tant que dura sa eapltvjté, et apprit l'état de polisseur de boutons. 1|, fut assez heureux, lors de sa libération , pour trouver de l'occupaliou ; et, jurant plusieurs années, il ne donna pas le moindre sujet de plainte; mais le métier qu'il exerçait étant venu à tomber , il se trouva tout à coup dans la plus affreuse misère. Pendant long-temps il vint tous les deui ou trois jours me y^Àr , et à chaque visite je lai remettais trois ou qi:atre francs ; maîs« craignant sans doute qve je dk lassasse de le secourir , il pe revint plvs> et vola, dans une cuisine, deux casseroles qui pouvaient valoir dix francs au plus ; il fut arrêté pour ce foit , çt condamné aux travaux forcés à perpétuité et à la marque.
Lors du départ de hi chaîne, j'allai voir Carré, et, ne connaissant pas les circonstances qui l'avaient porté à commettre un nouveau crime, je crus devoir lui adresser
SURFINE, ou ScEDR BB Ghahitéi -r-Les vo** l6urs doDiieiil ce nom à des voleuses qui pccH cèdent à-peu-près de colle Manière :
L'âge de la ^<rar</ifi;<ManV^est raisonnable» $a mise décente , môme quelque peu maaasAî^ que , elle fréquente les églises , assiste à tantes )es messes , feit Taumône, Êiit allumer des cierges, se confesse et communie au besoin ; après avoir quelque temps fréquenté une église et s'y être fait remarquer par sa piété et son exactitude , b Sœur de Charité cause avec les employés de l'église et les prie de lui indiquer quelques nécessiteux dignes d'intérêt, car elle est, dit*elle , chargée de distribuer les aumônes d' une riche veuve; l'undesemployés, soit la loueuse de chaises ou tout autre, lui indique aussitôt quelques pauvres auxquels elle donne immédiatement deux ou trois francs, et elle se retire après avoir pris leur adresse et leur avoir promis des secours plus considérables.
Quelques jours après la Sœur de Chanté se
quelques reproches, c Eh ! Monsieur » me rèpoadit- \\ , Je ne pouvais trouver de Touvrage nulle pan : j'étais repoussé de tout le monde > je n'ai volé que pour être condamné de nouveau au bagne; du moins je mangerai tous les jours. »
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rend chez un des pauvres qu'elle a assisié , et lui dit qu'elle est heureuse de pouvoir lui annoncer que madame la marquise ou madame la comtesse veut bien prendre sa position en considération, et lui accorder quelques secours; mais, ajoute-t-elle, madame, qui ne veut point que ses bienfaits servent à satisfaire des passions mauvaises , ne donne jamais d'argent. Vous allez me dire ce qui vous manque , et vous l'obtiendrez en nature; elle examine alors les effets de son protégé, fouille partout, car elle veut acquérir la certitude qu'on ne simule pss des besoins que l'on n'éprouve point.
Les pauvres honteux possèdent presque toujours , quelques débris de leur fortune passée, qui servent à leur rappeler des temps plus heureux; pendant qu'elle fouille dans les tiroirs, la i$Vzf<{rc^C!Aé!ir//^' sait s'emparer adroitement
de ces objets ; cela fait , elle fait sortir le pauvre diable pour le mener de suite chez la noble dame qui veut bien s'intéresser à lui, mais avant d'étrearrivés àla destination indiquéeelle a trouvé le moyen de s'en débarrasser.
Dans le courant de l'année 1814 , deux Romamichelles ^ la mère Caron et la Duchéne, dévalisèrent, en procédant ainsi, un grami