TAP— TÉS
TAPIS DE REFAITE, s. f. — Table d'bôte. TAPIS DE MALADES, s. f. — CanttMde
prison.
TAPIS DE GRIVES, ft. f. — Cantine de caierne.
TAPIS FRANC , s. -^ Cabarat , hôtel garni ou auberge dû se réunissent les voleurs.
TAPIS VERT, s. f. — Plaine, prairie.
TAPISSIER* toiE, s. — Aubergiste, maître ou ooattrâsse d'hôtel garni.
T AROQUE , s. f. ->~ Marque.
TAROQUER, v. a. -< Marquer.
TARTE , adj. — Qualité d'une chose ftme
ou nanvaise.
TARTELETTE I adj. ^Qualité d'uttechoM
feusse ou madtaise.
* TARTOUFFE,B,f. --Corde.
TAS DE PIERRES , 8. f. — Prison.
TAULE , s. m. — Bourreau.
TAULE , s. f. — Maison.
TAUPAGE , s. m. — Égmsme.
TAUPER , V. a. — Travailler, TAUPIER'teE , s. — Égoïste.
* TEMPLE, s. m. — Manteau.
* TENANTE. — Chopine.
TÉSIGUË ou TÉSIGO , p. p. — Toi.
TÉT— TIR 167
t£taRO, «. — Ëotdt4, «eiui qui w cbit^ge pdM 4e résolution.
TÉTUE,s.f. — Épingle.
'^ TÉZIÊRE 01] TÉZINGAHD, p. p. — Toi.
THOMAS, «, )n. — Voi d« nuit.
* TliOUTIMES, p. p. — Tou«.
* TilUNE,6.f.— AuinOne.
TICNEH , V — Action dw coït.
TIONER D'ESBROUFFE , v. ». — Violer.
'♦ TINETTE , s. f. -- Tôle.
TINTEUR, s. m. — /eunasodomite.
TIQUER , V. a. — Voler à la carre. Terme
dm voleur^ iialiens et provençaux. (Voir Car-
TIRANS» TIRANS DOUX ou TIR ANS RA- DOUCIS. — Bas , bas de soie.
TIRE JUS, s. m. — Mouchoir de poche.
TIRJUTER , V. a. — Moucher.
TIRER UNE DENT. — Induira quelqu'un en erreur, et lui escroquer de l'argent en lui racontant une histoire.
TIREUR. — Le vol à la Tire est très-aneien , et a été exercé par de très* nobles personnages, c'est sans doute pour cela que les Tireurs se regardent eomme faisant partie de
rarâiocratie . des voleurs et membres de la Haute Pègf^Cy qualité que personne au reste ne cherche à leur refuser.
Le Pont-Neuf était autrefois le rendez-vous des Tireurs de laine ou manteaux , et des côapeurs de bourse , qu'à cette époque les habitans de Paris portaient suspeiidue à la ceîntare de cuir qui entourait leurcorps. Ces messieurs, qui alors étaient nommés Mians de Boulles» ont compté dans leurs rangs le frère du roi Louis XIII, Gaston d'Orléans ; le poète Villon, le chevalier de Rieux ; le comte de Rochéfort; le comte d'Harcourt, et plusieurs gentishommes des premières familles de la cour; ils exe^ çaient leur industrie à la face du soleil , eisous les yeux du guet qui ne pouvait rien y faire. C'était le bon temps ! Mais maintenant les grands seigneurs qui peuvent puiser à leur aise dans la caisse des fonds secrets , ce qui est moins chanoeux et surtout plus productif que de voler quelques manteaux râpés ou quelques bourses étiques, ont laissé le métier aux ma-i nans; et, à l'heure qu'il est, grâce à l'agent Gody, ces derniers sont très-souvent envoyés en prison par leurs compagnons d'autrefois.
Les- Tireurs sont toujours bien vêtus, quoi-
quepar nécessité ils ne portent jamais ni cannes ni gants à la main droite ; iis cherchent à imiter les manières et le langage des hommes de bonne compagnie, ce à quoi quelques-uns d'entre eux réussissent parfaitement. Les 7Vreàrsj lorsqu'ils travaillent, sont trois ou quel* quëfois môme quatre ensemble; ils fréquentent les bals, concerts, spectacles, enfin tous les lieux où ils espèrent rencontrer la foule. Aux spectacles , leur poste de prédilection est le bureau des cannes et des parapluies , parce qu'au moment de la sortie il y a toujours là grande affluence ; ils ont des relations avec presque tous lés escamoteurs et chanteurs des rues qui participent aiix bénéfices de la Tire.
Rien n'est plus facile que de reconnaître un Tireur^ il ne peut rester en place, il va et vieiit, il laisse aller ses mains de manière cependant à ce qu'elles frappent sur les poches ou le gousset dont il veut connaître approximativement le contenu. S'il suppose qu'il vaille la peine d'être vdé , deux compères que le TVreur nomme ses Nonnes ou Nenneurs^ se mettent chacun à leur poste, c'est-à-dire près de la personne qui doit être dévalisée. Ils la poussent y la serrent, jusqu'à ce que l'opérateur ait
achevé son entreprise. L'objet volé passe enlrt les mains d'un troisième affidé, le Caqueur^ qui s'éloigne le plus vite possible, mais, cependant sans afleclation .
11 y a parmi les Tireurs des prestidigitateun assez habiles pour en remontra an célèbre Bosco y et les grands hommes de la corporation sont doués d'un sang-froid vraiment admirable. Qu'à ce sujet l'on me permette de rapporter une anecdote bien anciame, bien conouei mais qui, cependant, est ici à sa véritable place.
Toute la cour de Louis XIV était assemblée dans la chapelle du château de Versailles ; la messe venait d'être achevée, et le grand rot, en se levant , aperçut un seigneur qui tirait de ia poche de celui qui était placé devant lui une tabatière d'or enrichie de diamans. Ce seigneur, qui avait aperçu les regards du roi attacbéssur lui , lui adressa, accompagné d'un sourire, uu signe de la main pour rengager à se taire. Le roi, qui crut qu'il s'agissait seulement d'une plaisanterie, lui répondit par une inclination de tête qui pouvait se traduire ainsi : Bon ! bon ! Quelques instans après , celui qui avait été volé se plaignit ; on chercha l'autre seigneur, mais ce fut en vain. • Eh ! bon Dieu,
f dit enfin le roi , c'est moi qui ai de servi de c compère aa vcdear. «
It y avait entre les Tireurs du moyen-âge beaucoup plus d'union qu'entre ceux de notre époque. Ils avaient, pour n'ôtre point exposés à 86 trouver en trop grand nombre dans les lieux où ils devaient opérer, imaginé un singulier expédient. Le premier arrivé mettait dans une cachette convenue, un dé qu'il posait sur le numéro un , le second posait le dé sur le numéro deux , et ainsi de suite jusqu'à ce que le nombre fût complet. Bussi Rabutin , qui rapporte ce fait dans ses Mémoires secrets , ajoute que plusieurs fois il lui arriva de retourner le dé qui était sur le numéro un , pour le mettre sur le numéro six , ce qui, dit-il , empéeha que beaucoup de personnes fussent volées.
Méfiez-^ous, lecteurs, de ces individus qui, lorsque tout le monde sort de l'église ou du spectacle, cherchent à y entrer; tordez le gousset de votre montre, n'ayez jamais de bourse, une bourse est le meuble le plus inutile qu'il soit possible d'imaginer , on peut perdre sa bourse et par contre tout ce qu'elle contient ; si , tu contraire, vos poches sont bonnes vous ne perdrez rien , et dans tous les cas la chute
m TIR~TOL
d'une pièce cle monnaie pédt vous avertir du danger que courent ses compagnes. Ne mettez rien dans les poches de votre gilet , que votre tabatière, que votre portefeuille soient dans une poché fermée par un bouton, que votre foulard soit dans votre chapeau, et marchei sans craindre les Tireurs.
TIROU, s. m. — Petit chemin.
TIRTAIGT^E , s. m.— Tireur à» campagne.
TOC, s; m. — Cuivre, mauvais bijoux.
TOGASSE , s. — Méchant ; méchante.
TOCÀSSERIE, s. f.--- Méchanceté, malice.
* TOCQUANTE, s. f. — Montre.
TOQUE ou TOQUE, s.— Malin , maline.
TOLLE ou TOLLARD , s. m. — Bourraau.
Les bonnes gens .croient encore que la loi force le fils du bourreau à remplacer son père; on conçoit facilement rexistencé de ce préjagé, car cette profession est en effet si horrible, que Ton conçoit difficilement qu'un homme qui peut demander des moyens d'existence an travail , fût-ce même au plus rude , Texeroe sans y être contraint; mais les bonnes gens se trompent, la loi ne force personne à dtrebourreau> le fils du bourreau, comme tous les autres
citoyens , peut ne point exercer la professioi^