ARC— ARG
quiécrit desleiire^deJerasaUm. (Voircemot.)
ARCAT, s. m. — Le fait d'écrire une lettre de Jérusalem.
ARCHE DE NOÉ, s. f. — Académie.
ARCHI-SUPPOT DE L'ARGOT, s. m. — (Voir Cagoux.)
ARÇON (Faire l'), v. p.— Faire le signal qui sert aux voleurs, et plus particulièrement aux assassins de profession , pour se reconnaître entre eux. Ce signal se fait de cette manière : le bruit d'un crachement et simuler un G sur la joue droite et près du menton , avec le pouce de la main droite. On fait aussi V arçon pour avertir celui qui se dispose à travailler ( à voler ) , de ne pas commencer, attendu qu'il est observé ou en danger d'être saisi.
ARGANEAU, ou ORGANEAU, s. m.— Anneau de fer placé au milieu de la chaîne qui joint entre eux les forçats suspects.
ARGOTIER, s. m. — Celui qui parle argot, sujet da grand Coësré. (Voir ce mot.)
ARGUEHINES , s. f. — Mains. Terme des voleurs flamands.
ARGUCHE, s. m. abst. — Argot. Jargon des voleurs et des filous, qui n'est compris que par
eux seuls; telle est du moins la définition du DicHotmaire de V Acadénùe* Cette définition ne me paraît pas exacte ; argot y maintenant » est plutdt un terme générique destiné à ex* primer tout jargon enté sur la langue natio* nale, qui est propre à une corporation , à une profession quelconque , à une certaine classe d'individus; quel autre mot, en effet, employer pour exprimer sa pensée , si Ton veut désigner le langage exceptionnel de telsou tels hommes: on dira bien , il est vrai , le jargon des petitsmaîtres, des coquettes , etc. , etc. , parce que leur manière de parler n'a rien de fixe, d'ar* rôté, parce qu'elle est soumise aux caprices de la mode; mais on dira l'argot des soldats, des marins , des voleurs , parce que , dans le langage de ces derniers , les choses sont exprimées par des mots et non par une inflexion de voix, par une manière différente de les dire; parce qu'il &ut des mots nouveaux pour ex- {Nrimer des choses nouvelles.
Toutes les corporations , toutes les profes* siens ont un jargon ( je me sers de ce mot pour me conformer à l'usage général ) , qui sert aux hommes qui composent chacune d'elles à s'entendre entre eux; langage animé ,
pittoresque, énergique comme tout ce qui est l'œuvre des masses, auquel très«souvent la langue nationale a fait des emprunts importans. Que sont les mots propres à chaque science , à chaque métier , à chaque profession , qui n'ont point de racines grecques ou latines, si ce ne sont des mots d'argot ? Cequ'on est convenu d'appeler la langue du palais, n'est vraiment pas autre chose qu'un langage argotique.
Plus que tous les autres, les voleurs, les escrocs, les filous, continuellement en guerre avec la société, devaient éprouver le besoin d'un langage qui leur donnât la faculté de converser librement sans être compris; aussi, dès qu'il y eut des corporations de voleurs , elles eurent un langage à elles , langage perdu comme tant d'autres choses.
H n'existe peut-être pas une langue qui ait un point de départ connu ; le propre des langues est d*être imparfaites d'abord , de se modifier, de s'améliorer avec le temps et la civilisation; on peut bien dire telle langue est com<» ix>sée, dérive de telles ou telles autres; telle langue est plus ancienne que telle autre; mais je crois qu'il serait difficile de remonter à la
langue primitive, à la mère de toutes; il serait difficile aussi de faire pour un jargon ce qu!on ne peut faire pour une langue; je ne puis donc assigner une date précise à la naissance du langage argotique, mais je puis du moins constater ces diverses époques, c'est Tobjet des quelques lignes qui suivent.
Le langage argotique n'est pas de création nouvelle; il était aux quatorzième, quinzième et seizième siècles celui des mendians et gens de mauvaise vie, qui , à ces diverses époques , infestaient la bonne ville de Paris, et trouvaient dans les ruelles sombres et étroites, alors nommées Cour des Miracles, un asile assuré. Il n'est cependant pas possible d'en rien découvrir avant l'année 1427, époque de la première apixirition des Bohémiens à Paris , ainsi l'on pourrait conclure de là que les premiers éiémens de ce jargon ont été apportés en France par ces enfiams de la basse Egypte , si des assertions d'une certaine valeur ne venaient pas détruire cette conclusion.
Sauvai (Antiquités de Paris ^ t. I<^') assure que des écoliers et des prêtres débauchés ont jeté les premiers germes du langage argotique. (Voir Gagoux ou Aacm-StJPrôT de l'Aruot. )
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L*auteur inconnu du dictionnaire argotique dont il est ))arlé ci-dessus, (\oir Abbaye Ruf- FANTB ) , et celui de la lettre adressée à M. D^**, insérée dans l'édition des poésies de Villon, 4722 , exemplaire de la Bibliothèque Royale , pensent tous deux que le langage argotique est le même que celui dont convinrent entre eux les premiers merciers et marchands porte-balles qui se rendirent aux foires de Niort, de Fontenay et des autres villes du Poitou. Le docteur Fourette ( Livre de la Vie des Gueux) est du même avis ; mais il ajoute que le langage argotique a été enrichi et perfectionné par les Cagoux ou Archi-Suppôts de TArgot, et qu'il tient son nom du premier Coésré ([xïjlIq và\% en usage; Coésré^ qui se nommait Ragot ^ dont, par corruption, on aurait fait argot. L'opinion du docteur Fourette est en quelque sorte confirmée par Jacques Tahureau , gentilhomme du Mans, qui écrivait sous les règnes de François V* et de Henri II , qui assure que de son temps le roi ou le chef d'une association de gueux qu'il nomme Belistres^ s'appelait Ragoi. (Voir Z>mlogues de Jacques Tahureau^ gentilhomme du Mans. A Rouen, chez Martin Lemesgissier,
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près l'église Saint-Lô, 1589, exemplaire de la Bibliothèque Royale, n'' 1208. )
La veràon du docteur Fourette est, il me semble , la plus yraisemblaUe ; quoi qu'il en soit, je n'ai pu, malgré beaucoup de recherches, me procurer sur le langage argotique des renseignemenspluspositifsqueceuxqui précèdent.
Quoique son origine ne soit pas parfaitement constatée, il est cependant prouvé que primitivement ce jargon était plutôt celui des mendians que celui des voleurs. Ces derniers^ selon toute apparence, ne s'en emparèrent que vers le milieu du dix-septième siècle, lorsqu'une police mieux faite et une civilisation plus avancée eurent chassé de Paris les derniers sujets du dernier roi des argotiers.
La langue gagna beaucoup entre les mains de ces nouveaux grammairiens; ils avaient d'autres besoins à exprimer; il fallut qu'ils créassent des mots nouveaux , suivant toujours une échelle ascendante; elle semble aujourd'hui être arrivée à son apogée ; elle n'est plus seulement celle des tavernes et des mauvais lieux, elle est aussi celle des théâtres; encore quelques pas et rentrée des salons lui sera permise.
Les synonymes ne manquent pas dans le