TRO— TUN
- TROUÉE, s. f. — Dentelle.
' TRUC, s. f. — Une des diverses manières
de voler , profession d'un voleur.
TUNE ou TUNEBÉE. — Bicêlre, prisondu département de la Seine. C'est de Bicètre que partent les condamnés destinés aux divers bagnes de la France. Le spectacle hideux dn dé« part de la chaîne attire toujours un grand concours de spectateurs empressés d'ajouter encore quelques souffrances à celles que doivent éprouver ces malheureux qui, cependaut, n'ont pas été condamnés à servir d'alioieot à la curiosité publique. Dès le matin du joarliié pour le départ de la chaîne > des masses immenses envahissent le quartier Mouffelard , la barrière du Midi , et les environs de Tancien manoir de Charles YII. Il pleut , Téclair sillonne la nue , la foulé ne se retire pas, et cependant cette foule n'est pas composée seuleihent d'hommes du peuple, il y a dans ses rangs des dandys et des petites maîtresses qui , le soir peut-être , étaleront leurs grâces au balcon du Théâtre-Italien. Voici , au reste , en quels termes s'exprimait, à l'occasion du départ de la chaîne , un journal qui cependant n'a pas Tba- J>itude de s'apitoyer sur les misères des mal-
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heureux que la sociélé repousse de son seiu': a Jamais pareil concours de spectateurs , dit la Gazette des Tnbanaux^ ne s'était réuni pour contempler les traits des malheureux que h loi ajustement frappés. On remarquait sur six files de voitures marchant de front y de brillans équipages biasonnés ou armoiries, confondus avec des voitures omnibus > des cabriolets de mattre, de régie ou de places, des coucous, des charrettes, des tapissières, etc., etc. Le nombre de ces chars, numérotés ou non , et plus ou moins élégans, dépassait quinze cents.
c On ne voyait pas sans étonnement parmi les plus brillans équipages, des calèches remplies de dames en élégante toilette du malin. Les robes de soie, les chalys, les châles français, les écharpes de barèges, les chapeaux ornés de fleurs ou de plumes ont dû être singulièrement compromis par la poussière.
« Il en était de même des hommes, devenus méconnaissables par les flots poudreux qui souillaient leurs vêtemens. La descente de la Gourtille, au mardi gras, ne présenle peut-être pas un spectacle aussi ignoble que celui qu'offraient aujourd'hui nos fashionables. t
Uq poète, (|ui faisait partie de cette chaîne.
B oompusé une sorle d'hymno dont je crois devoir citer ici les deux couplets le« plus saitlaoa.
l^nleadex notre voix, et que uos fiers accens A notre suite encbainent la folie.
Adieu Paris ! adieu , nos derniers chants Tont saluer notre patrie^ liât fers que nous portons nous btêfoos le fardeau, Un jour la liberté reviendra nous sourire ,
Kt dans notre délire Nous redirons encor ce chant toujours nouveau.
Renonmée, A noua les tiompeltas , Dis que joyeux nous quittons nos foyers^ €lonsolons-nous sf Paris nous rejeté»
El que l'écho répète Le chant des prisonniers.
Hegardei'-nous el ooiUemples nos rangs :
En es^-il un qiit répandie des larmes?
Non 9 de Paris nous sonpnxes tous eofans ;
Notre douleur pour vous aurait des charmes^ Adieu, car nous bravons et vos fers et vos lois; Nous saurons endurer le sort qu'on nous prépare.
Et, moin) que vous barbare, Le temps saura nous rendre et nos noms et nos lois.
Renommée , etc. , etc.
Les coudamnés qui doivent faire partie de
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la Bride ( chaîne ), sottt amenés dés te matiii duas la grande eour de la prison de Bicélre ; ils oDt ordinairenieni passé une partie de la nuit à boire et à chanter ', aussi leur teint est
* U jr a toujours purmi les forçais qui doivent faire partie de la chaîne , quelqMes forçais qui se chargent de Taire quelques chansons de circonsCaiioe qui sont destinées à charmer les ennuis de la roul^ Outre ces ^s^ sies nouvelles , les condamnés n'oublient pas de cbao-^ ter quelques-unes de ces vieilles chansons argotiques chantées déjà par plusieurs géoécaiîons de voleurs , ia Marcandièn » te Tapis de JfoNlran * » par exemple ; mais. celles qui obtiennent le plus de succès, celles dont les refrains sont répétés avec une sorte de Mnésie , soni^ celles qui sont destinées à tourner en. ridicule la policeou ses agens. La chanson en vogue maintenant dans les bagnes et dans les prisons , est dirigée contre H. Allard , chef de la police de sûreté » et tes agens qu'il emploie. Il est inutile de dire que cette chansion ne prouve absolument rien. Aussi je ne donne place Ici à quelques-uns de ces couplets que pour donner un échantillon du style épigramma tique des voleurs.
Ce fameux Al lard entra ^ Sa brigade l'entoura ;
Tous scélérat»,
Vojez cet agcn» ,
* Cm chaaioai ont M pUc4«s dtm la ptihcp.