‹ Les voleursChapitre 157 sur 208 · SUA · texte numérisé non relu

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promptitude , ou qiii se montrent roaIcMiroits iorsqa*!! ibut passer par-dessus te cordon, reçoivent des coups de bâton.

Toasez^ /Vf^/lr.Acecommandementd'unar^ goustn, lesforçats doivent faire leurs nécessités.

Lorsque le cordon est arrivé au lieu où la première nuit doit être passée , on fait entrer deux cents oiuquante à trois cents (brçats dans une écurie ou dans tout autre lieu semblable , d'une capacité propre à en contenir seulement cinquante ou soixante. Ils trouvent dans cette écurie quinze ou vingt bottes de paille. Des argousins sont placés à toutes les extrémités de cette écurie , et ceux qui sont chargés d'aller relever les factionnaires sont obligés de marcher sur les forçats qui sont étendus sur le sol , et ils les accueillent par des coups de bâton. Le bâton est la logique des argousins. .

Si, Tété) un forçat a soif, et qu'il ose demander à boire , un argousin dit arussildt : « Que « celui qui veut boire lève la matn. t Le forçat, qui n'est pas encore au fait des us et coutumes de ces Messieurs, obéit; alors, un des argousins de garde se reqd auprès de lui , le fV^ppe rudement en lui disant : « Bois un coup avec # le canard sans plume, i>otence. »

Les vivres distribués aux forçats , sont, sauf le pain qui. est assez passable , de très^mau-

vaise qualité ; le via est détestable, et la viande

n*est autre chose que de sales rogatons.

La manière dont ces vivres sont distribués ajou^ encore, s'il est possible, à leur mauvaise qualité* Les baquets qui contiennent la soupe et la viande semblent n'avoir jamais été lavés. Un cuisinier-distribué les portions , et compte ainsi les condamnés : «Un, deux, trois, quatre; « voleurs, tendez votre gamelle. ,v Les forçats obéissent, et le cuisinier jette dans leur gar melle environ une demi-livre de viande.

La distribution des vivres faite, le. chef des argousins fait entendre un coup de sifflet; le plus grand silence s'établit aussitôt. « Âvei- « vous eu du pain ? — Oui. — De la soupe?— « Oui — De la vîan<le ? — Oui. — Du vin ? — i Oui. — Eh bien! voleurs, dormez ou iaites « semblant , si vous ne voulez pas recevoir la « visite du Juge-de-Paix. v (Le Jug€fde-Pai^ est une longue et grosse trique de bois vert.) .

Cet ordre une fois donné, le plus léger bruit excite la colère de MM, les argousins , qui se mettent à une table très-bien servie, 'qu'ils ne quittent que pour aller bétonner le malheureat

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forçai auquel la souffrance arraohe quelques plaintes.

TUNECON , s. I. — Maison d'arrêl.

TUNER , V. a. — Meùdiér.

TUNEUR-EUSE, s. — Mendiant , mendiante.

Lorsque Ton vit dans un pays civilisé y ce n'est pas sans éprouver un vif sentiment de i>eine que Ton rencontre à chaque coin de rue des mendians qui laissent voir à tous les yeux des infirmités hideuses ou des plaies dégoûtantes ; Tautorité a senti cela, aussi sesagens neman* quent pas d'arrêter tons les nécessiteux qu'ils trouvent sur leur chemin, à moins cependant qu'ils né soient privilégiés , car il est bon que le lecteur sache que celui qui a quelques protec* tions obtient la liberté de demander cooune toute autre liberté; les mendians ainsi arrêtés sont condamnés à' deux ou trois jours d'emprisonnement , ils sont ensuite mis à la disposition de l'autorité administrative , qui les fait enfermer dans un dépôt de mendicité, et ne leur rend la liberté que lorsqu'ils ont acquis un ))e' tit capital. I^ mendiant jeté sur le pavé avec 30 ou 40 francs , fruit du travail d'une année loute entière , dissipe cette petite somme en cherchant ou non du travail. Mais toujours

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esi^il ifu'il la dépense ^ et bieolôt H se irouve aussi misérable que lors de son arrestation; cela n'arrinerait pas si , au lieu d'une prisco, ces malheureux avaient trouvé du travail convenablement rétribué.

Pour avoir le droit de blâmer la mmdieité et celui de punir les mendians, il faut avoir donné à tous les nécessiteux la possibilité de vivre, à Taided'un travail quelconque ; si avant de s*6tre acquitté de cette tâche on se montre sévère , on s'expose à punir un homme qui a préféré la mendicité au vol.

Nous avons , il est vrai « des dépôts de nendicité y et Ton s'étonne que les mendians ne s'empressent pi» de s'y rendre. Mms ces dépôts ne sont autre chose qnedes prisons , et Ton veut qu'un maliieureux donne sa liberté, le plus précieux de tous les biens , en échange d'un morceau de pain biset d'une soupe à b Rumfort. Cela n'est ni juste, ni raisonnable.

le ne vois pas pourquoi on ne laisse pas asi malheureux détenus dans un dépôt de mendicité, la faculté de sortir au moins une fois par semaine.

Leur travail pourrait aussi être plus conve* naUement rétribué; un homme qui ne gagne

que (leui on trois sous par jour se dégoôte bienlôt du Iravaii.

Presque tous les pauvres peuvent être esn-^ ployés utilement. Cela est sî trai, que la plâ^ pari de ceux qui soni aux bons pasTrcs , 4 Bicèire y travaillent encore.

Ceux qui ne mendient que parce ^ue des infirmités réelles les empêchent de travailler souffrent aussi, pourtant c'est pour eùx que sont les rigueurs , et la police laisse les mundîans privilégiés vaquer tranquillement à leur» occupations.

Lorsque Ton arrête , pour les conduire dans un dépdt de mendicité , tous les mendians que Ton rencontre dans la rue , pourquoi accorde-t-on à quelques-uns le privilège de mendier à la porte des églises? Est-ce que par hasard la mendicité est moins repoussante à la porte d'une église qu*au coin d'une rue? Je ne le crois pas.

Les fruits de la charité publique, destinés à secourir la misère des pauvres , sont on ne peut pas plus mal distribués. On inscrit sor tes registresdes bureaux de bienfaisance tous ceux qui se présentent avec quelques recommanda» tioiis, et Ton rcpoit^ impitoyablement celui

qui n'a que sa misère pour'parler pour lui et qui ne peut s'étayer du nom dé personne, aussi il y a dans Paris des gens qui sont assistés à la fois dans cinq ou six arrondissemens.

Celui qui est enfin parvenu à se iairé inscrire dans un bureau de charité est toujours assisté , quels que soient les changemens opérés dans sa position.

Les secours destinés aux pauvres sont insuffisans; il serait juste, je crois, d'imposer les gens qui possèdent, proportionnellement à leur fortune. Des gens qui possèdent 50 et méine 100,000 livres de rente, donnent seulement quelques iOO francs par année pour les pauvres , et cependant ils croient faire beaucoup; ils méprisent, ils dédaignent les pauvres. C'est cependant dans leurs rangs qu'ils trouvent tout ce dont ils ont besoin : des ouvriers, desdomestiques, des remplaçans aux armées pour leurs fils, et quelquefois même de jeunes et jo* . lies filles pour satisfaire leurs passions.

Les ouvriers sont presque tous ivrognes et brjutaux , les .domestiques volent ; ce n'est peut* $ire que trop vrai , mais à qui la faute? si ce n'esta vousMM. les richards. Si vos dons étaient proportionnés à votre fortune et aux besoins

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des classes pauvres, les enfansdu peuple rece» vraîeot une meilleure éducation , ils connattraient les lois et l'histoire de leur pays, et bientôt il ne resterait pas la plus légère trace des défauts » des vices mômes , f{ue vous reprochez à ceux qui occupent les derniers degrés de Téchelle sociale.

Tant que pour secourir les pauvres on se bornera à leur envoyer une dame richement parée et étincelante de diamans leur porter le bon d'un pain de quatre livres et d'une tasse de bouillon ;

Tant qu'on se bornera à emprisonner cent qui imploreront la commisération du public ^ la question ne sera pas résolue.

L'honorable M. de Belleyme, qui ne put faire durant sa courte administration tout le bien qu'il méditait , eut cependant le temps de fonder un établissement qui devait servir de refuge à tous les individus appartenant aux classes pauvres , et dans lequel ils devaient trouver les moyens d'employer utilement leurs facultés.

Les heureux effets que cet essai ne tarda pas à produire auraient dû encourager les amis de l'humanité, mais Tinstitulion de M. de BeU II. lî

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