DES ÉTATS GÉNÉRAUX
111^6 (Stadt9^<â^énér«iur,
Pour affermir l'Estat de cette monarchie a^ gotique, iceux Argotiers ordonnèrent; tenir par chaque an des Estais Généraux pour aviser aux affaires de TEstat ; et estaient tenus anciennement juxte en ia vergue de Fontenay ieCompte, et à présent transtolez en Languedoc , pour ce que ce chenastre pharos du Languedoc , Anne de Montmorency, a fiché une grande somme de michon pour estre employée tous les ans, la Semaine Sainte, pour fouquer amorce i tootimes les argotiers quy se confesseront et corn-
iDed (Btato^^énérmtx.
Pour aflermir TÉtat de cette monarchie argotique y les Argotiers ordonnèrent qu'il serait tenu chaque année des États-Généraux pour aviser aux affaires de TÉtat ; ces États étaient anciennement tenus près ia ville de Fontenayle-Gomte , et maintenant ils sont transportés en Languedoc , parce que le bon gouverneur du Languedoc , Anne de Montmorency , a donné une grande somme d'argent pour être employée tous les ans, la Semaine Sainte, à l'avantage de tous les Argotiers qui se confesse-
munieronl le ieudy Saint, et prieronl le graad Havre pour sézière; en laquelle convocation et assemblée des susdits Estats furent accordés et arresiés, les articles quy suivent :
!2lrti(lr0 accov\^i^ ûujt (Etat6-tf»rnrrauf .
Premièrement a esté ordonné qu'aucun marpaut ne soit admis ni receu pour estre grand Coësréy qu'il n'aye esté Cagou Archi-Suppot.
Qu'aucun Argotier ne soit sy hardy, ne desçouvrir ny desceller les secrets des affaires de la monarchie, qu'à ceux quy ont esté receu et passez du serment.
Qu'aucun mion ne soit passez du serment,
roDt et communieronl le Jeudi Saint et prieront Dieu pour lui; à ces convocations et assemblées des susdits États furent accordés et arrêtés les articles qui suivent :
Tivticitià accoï}fh aux €tat0-<8^tntrauf .
Premièrement , a été ordonné qu'aucun homme ne soit admis ni reçu pour ôtre grand Goësré , à moins qu'il n'ait été Gagou Archi- Suppôt.
Qu'aucun Ârgotier ne soit assez hardi pour découvrir ou desceller le secret des affaires de la monarchie , à moins que ce ne soit à ceux qui ont été reçus et admis à prêter serment.
Qu'aucun garçon ne soit admis à prêter ser-
qu'au préalable il n*aiteslé reconnu aiTecUon* ner Targot et n'edlre froUaux.
A esté aussi ordonné que les Argotiers toutimesquy bieront demander la thune, soit aux lourdes, ou dans lesentiffles, ne se départiront qu'ils n'ayent esté refusés neuf fois, le toutime sous peine d'estre bouilly en brans et plongé en lance jusqu'au proye.
Auxdita Eaiats Généraux on procède prcBMc renient à Téiection dn grand Goeeré, ou bbn on continue celuy d'auparavant, quy doiieMre un marpaut ayant la majesté corne d'un grand monarque : un rabat sur les courbes , a tout dix mille pièces couloréeset bien cousues^ un bras, jambe ou cutsse, demy pourris en apparence, qu'il serait bien guéry en un jour s'il voulait.
Après Télectfon , le grand Goësré comman* dera à tous les Argotiers nouveaux venus de se mettre à quatre pieds contre la dure, puis il s'assied sur l'un d'iceux, et lors les Cagoux, la tronche nue , le comble daas la louche, vîefi-
roe»t , à moins qu'au préalable il n'ait été reconnu aflectionner Targot et n*ètre point traître.
Il a été aussi ordonné que tous tes 4rgotiers qui iront demander Taumône, soit aux portes, vit dans les églises, ne quitteront la place que lorsqu'ils auront été refusés neuf fois , le tout sous peine d'être barbouillé en mérde et plongé dans l'eau jusqu'au postérieur.
Âuxdits États^énéraux on procède premièrement à l'élection du grand Coësré, ou bien on continue celui d'auparavant, qui doit être un homme ayant la majesté d'un grand monarque : un manteau sur les épaules, composé de dix mille pièces de diverses couleurs et bien cousues, un bras, jambe ou cuisse demi pourris en apparence , mais que cependant il pourrait guérir en un seul jour.
Après l'élection , le grand Coësré commandera à tous les Argotiers nouveaux-venus de se mettre à quatre pieds sur la terre , puis il s'assied sur l'un d'eux et alors les Cagoux, la tète nue , le chapeau à la main, viennent lui rendre
nent faire hommage à sézière, puis ils sont continués ou d'autres mis à leur place; après rhommage, on s'assied contre le grand Coësré, et on met une saliverne auprès de sézière, pour recevoir les tributs de ceux qui en doivent ; puis chacun, de quelque condition qu'il soit , vient rendre compte de sa vocation^ et premièrement :
LES GAGOUX.
Les Cagoux sont interrogés, s'ils ont esté soigneux de faire observer l'honneur qui est deu au grand Coêsré ; s'ils ont montré chari* tablement à leurs sujets les tours du métier; s'ils ont desvalisé les Argotiers qu'ils ont rencontré , quy ne voulaient pas recounaistre le grand Goësré, et combien ils leur ont bsté : car ce qu'on oste aux gueux quy ne veulent reconnaistre que floutière le grand Goësré, tout est déclaré de chenastre prise, tant leurs bardes que leur michon; si en trimant par les vergnes et grands tri mars, ils n'ont point rencontré (quelques rebelles criminels de i'Estat, car ceux quy bien à autre intention que celle qui leur est ordonnée par le grand Coêsré, sont déclarés
hommage, puis ils sont continués ou d'autres sont mis à leur place; après l'hommage on l'assied contre le grand Coesré, et oq met une éeuelle auprès de lui pour recevoir les tributs de ceux qui en doivent , puis chacun, de quelque condition qu'il soit , vient rendre compte de sa gestion , et premièrement :