DOU— BUR
DOUBLE CHOLETIJE , s. m. — Litre.
DOUBLES VAMTËRfiiËS, s. f. —Liin«ltes.
; DOUCE , s. f. — Soierie.
DOUCETTE, 9. f. —Lime.
DOUILLES , 6, ra, ^- Oheveuk.
DOUILLES SAVONNÉS, s, m. — Cheveux blancs.
DOUILLETS, s m. -^ Qriiis.
DOUILLURE. — Chevelure-
DRAGUEURS, 8. m, — fiscamoteuis, diarlatans , baûcjtiistes .
DRINO-tGELT, s. in«— ArgénI m^tfMyéque i^on envoie auK détenu». Terme des voleurs Israélites de F Allemagne.
DROGUERIE, s. f. — Demande.
DURE A BmCKltONT , s. f. — i^ierre i briquet.
DURE A RIFLE, s. f. -- Pierre à (en.
DURE, DURAILLC, s. f. --I^iert^.
DURE , s. f. — Terre.
DmMMIE , 9. m. « Fromage.
DUR , s. m. — Fer.
EAU-D'AFFE , s. f. — Eau-dd-vie.
ÉCORNÉ-^, 8. — Accusé-ée sur la sellette. ÉCORNER, y. a. — Injurier.
ÉGORNEUR , s. m. — Avocat du roi.
ÉGREYISSE , s. m. — Cardinal.
ÉCUME , s. m. — Étain.
ÉGRUGEOIRE , s. f. — Chaire à {M^her.
ÉLIXIR DE HUSSARD , s. f. — Eau-devie.
EJIBALUCHONNER , T. a. — Empaqueter.
* EMBGÊME , s. f. — Tromperie.
* EMRLÉMER , T. a. — Tromper. ^
EMPAFFES, s. m. — Draps de lit.
EMPLATRE , s. f. — Empreinte.
EMPORTAGE ALACOTELETTE. — Beaucoup de commerçans recommandables ont rbabitude d'aller le soir à l'estaminet se délasser des travaux de la journée, et quoiqu'ils sachent très-bien que ce n'est pas la meilleure société qui fréquente ces établissemens , ils se lient facilement avec tous ceux qu'ils y ren^ contrent. Un quidatn ieur a demandé ou of-^ fert une pipe de tabac , c'en est assez pour que la connaissance se trouve faite ; si le quidam est un fripon , ce qui arrive très-souvent, il ne manque pas d'exploiter sa nouvelle connais- (»ance. Admettons un instofat que la dupe en hertye soit -bottier , chapelier on talHeur , le quidam^ dont- la mise el 'les mantières sont toujocrrs ceUes^^mi honnête homme, lui commandera quelque *diosequ'il «paiera 'ciMbptant et sans marchander; lorsqu'il lira «prendre livraîdbn dB'sft oom^nandè, il pansifftrâ tH9S«-contetit des objets qui lui 'a'CiPont été fMfdîë , cl pour témoigner sa satisfaction au marcliand, il vt>udM dbsdlumettl kii jniyei^ *\ dëjeliiiier^ le marchand féttiH^lm quelques Va^crm ; taiais, pour ne poltlt 'mcconi^inlfer làtidu'vèHe pra*
tique, il fittira par accepter la côtetelte qui lui est offerte avec tant d'allabilité.
Le marchand qui a accepté une semblable inTftjrtion est aui trois quarts perdu; le qvddam le comluit chez un marchand de vins traiteur , où sont déjà réunis ceux qui doivent Iuf servir de compères; lorsque le ^V/iizm et le marchand arrivent, ilsparaissent très-oceupésd'une partie d'écarté, et n'accordent pas aux nouveaux arrivans la plus légère attention ; ces derniers se placent, et le quidam^ qui a ses raisons pour cela, verse à son compagnon de fréquentes rasades. Les individus qui occupent la table voisine jouent toujours ; en ce moment , celui d'entre eux qui àxÀi figurer ^ c'est-à-dire jouer le rôle principal, descend un instant, et, pen-« dant ce temps , les deux individus qui sont restés à la table ou il était placé conversent entre eux.
ft II est riche, le gaillard; dit l'un, en parlant de celui qui vient de s'absenter.
— Je le crois bien , répond l'autre ; mais au train dont il va , il sera bientôt ruiné.
— Peut-être, mais il a plus de bonheur que de science ; il m'a dernièrement gagné 200 fr . j mais il faut que je me rattrape aujourd'hui
'— Prends bien garde de n'en pas perdre encore autant , car c'est un gaillard heureux. »
La conversation en esl là lorsque celui dont on parle revient prendre sa place. « Eh bien ! dît-il, continuons-nous notre partie? — Certes» répond son adversaire; et si vous voulez me donner ma revanche, je vous joue les 200 fr. que vous m'avez gagnés l'autre jour.
— Non, non; je ne veux plus jouer d'argent; mais je vous joue du Champagne pour toute la société ; ça va-t-il.
— Ça va, répond l'adversaire, qui parait piqué au jeu ; du Champagne pour tout le monde.
Pendant tous ces pourparlers, on a mêlé les cartes. » Vous paierez le Champagne , dit celui qui doit perdre, en montrant au marchand son jeu , qui est composé du roi , de la dame, du neuf d'atout et de deux rois.
— Peut-être, répond l'adversaire , qui en achevant de donner les cartes, en a tourné deux à la fois. — Je parie que si , dit l'un. — Je parie que non , répond l'autre. »
La discussion s'échauffe , le marchand s'intéresse au jeu ; et, comme il est facile de le supposer, celui auquel il s'est intéressé perd, malgré la beauté de son jeu.
EMP lli
11 ne iaul donc pas jouer avec les personnes que Ton ne connaît pas , ni même avec celles c{ue Ton connaît , ou que Ton croit connaître , i moins que ce ne soient de très-petites sommes, car des gens très-bien placés dans le monde emploient sans scrupules toutes les ruses possibles pour corriger la fortune , et la forcer à se tenir de leur côté.
On ne saurait trop se méfier de ces hommes toujours prêts à payer un succulent déjeuner à des individus qu'ils connaissent à peine; une invitation de leur part est presque toujours un piège caché dans un pâté de Lesage ou dans une tète de veau du Puits certain.
EMPORTEUR, s. m. — VEmporieur^ proprement dit , est le héros de la partie de billard dont nous avons ci-dessus promis les détails; pour le truc dont nous allons parler, il faut de toute nécessité être trois : X Emportear^ la Bêi&ei \e Bachoiieur ; nous avons dit plus haut quelle était la tâche de ces deux derniers ; cdie de XEmportear est beaucoup plus difficile, c'est lui qui doit chercher et trouver une dupe, et ramener au lieu où elle doit être dépouillée.
Après avoir examiné si rien ne manque à
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soncmtiime, qui doit étretrèfr-propre, VEmportearsoTi Mm de loin par ses deux acolytes, qui ne le perdent pas de tue, il se promène jusqu'à ce qu'il atise un individu tel qu^il le désire , c'est-à'-dire qui annonee , soit par ses manières, soit par son costume, un étranger ou un proYÎncial , et c'est ici le lieu de faire remar*quer la merveilleuse perspicacité que possè^ dent ces hommes, et pludeurs autres espèces de Mpons dont il sera parlé plus tard , qui sauvent tirer de la foule le seul individu propre à être dupé, ces hommes, presque toujours dépourvusd'éducation, savent cependant saisir le plus léger diagnostic; ils jugent un homme à la coupe de ses habits , à la couleur de son teint, à celle de ses gants, et ils le jugent bien.
Lorsque \Emportenr a rencontré ce qu'il cherche, il s'approche, et une conversation à«peu-près semblable à celle-ci ne tarde pas à s'engager : < Monsieur pourrait-il mMndiquer la
rue — Cela m'est impossible, monsieur; je
suis étranger. — ^Ehl parbleu, nous sommes lo^ gés à la même enseigne ; je ne suis à Paris que d'hier matin.
VEmporteurvL^ pas cessé de marcher près du provincial* < Tous êtes étranger, ajoute-
t-il après quelques instans de silence , vous devez désirer voir tout oe que la capitale renferme de curieux. » Signe affirmatif. « Si vous le voulez, nous irons ensemble voir les appanemens du roi. J'allais, lorsque je vous ai rencontré 9 chercher ici près des billets que doit me donner un des aides-de-camp du duc d* Orléans; c'est une occasion dont je vous engage à profiter. »
Le provincial hésite, il ne sait ce qu'il doit penser de cet inconnu si serviable ; mais , que risque-t-il ? U n'est pas encore midi, et les rues de Paris ne sont pas dangereuses à cette heure ; et pois les appartemens du roi Louis-Philippe doivent être Inen beaux ; et puis ce n'est pas loi, le plus madré des habîtans de Landernau OQdeQuimper-Gorentin,qui se laisserait attraper : il accepte ; l' Emportear fai t le S t- Jean à ses deux compagnons (voir ce mot), qui prennent lesdevahs et vont s'installer au lieu convenu. C'est un café estaminet d'assez belle apparence, dont le propriétaire est presque toujours affranchi. V Emportear y arrive bientôt, suivi de son compagnon ; en entrant il a de- DMindé à la dame de comptoir si un monsieur
à moustaches, et décoré, n'était pas venu le
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demandev; on lui a répondu que ce nionsfcur était venu, maïs qu'il était sorti après toutefois avoir prié de dire attendre. • Eh bien, nousat* tendrons, a^U répond»*, el il est monté au billard après avoir demandé quelques rafiralchis^ sevieoa qu'il partage aiiec son oompagoon.
Le monsieur à moualaohes n'arrive pas; pour luer le temps on regarde jouer les deux personnes qui tiennent le billard, elqui ne soûihulreBquûkLBéteeii^BacÀstieiir. hsiBéie joue mal» efc k chaque partie qu'elle perd eUe veut augmontttr son jeu, le BackoHeur ne veut plus jouer, et offre de eédev sa piaee au pre* mier venu , b Bite sort pour satislaire ua besoin, alors le Baehoiieurs'eKpnMkB à«pett«près en ces termes , en B'adressanià \Emp9rieur r ft C'est une exeetlenle occasion de gagner un bon ^Uner, le spectaole, el le reste; il esl riche,
une mule ; reude»4ui quel*
ques points, et son affaire est finie* <— Sî je vais seulement tenir une queue , répond l'JS'iTtfH^rteur^ j'accepleraîs k proposition» » Le pro^^ vittoial^quia entendueelle conversation, et qui a vu jouer la Béte^ trouve charmant deselaire aégaler par un parisien ; il pourra parler de cela dans son endroit. U joue, il perd; son
adversaire raecroche toujours ; il s^échaufle, il joue de Targent ; les enjeux sont mU etitre les Hdiîns du Bachoiteur; le prorindal envoie au dîaMe XEwpèriemr^ qui rengage à modérer son jeu« Sounne totale, il sort du ca^ les poches vides , mais cepoÉdantbien persuadé <{u'il est; beasGoup pins fort ^jne son adversaire , qui n'esta sunriamtloi^ qu'un heureut raecrockeur. (Voiri^ôuiOR»)
EMPBilSTKlJKi s. m. -^ Les Empomteurs soBi presque tons des jidfe, et le moyen qu'ils enqfiloieBl pour tromper ceux qui veoieilt; bien feiir accorder une certaine coiiGanee est très* ûngémeux^
Un individu qui se donne la qualité de com^ mis y ou de oomntasîonnanre, se présente chez un marchand épiciei* o« papetier « et lui offre des crayons qu'il laissera , dit^il ^ à un prix très-modéré; le marehand, dont les provisions sont faites , reftiae presque toujours cette proposition , mais cela est fort îndiiTérent à V Empousieur. t Vous ne voulez pas m'acheter ces crayons^, dit- il au marchand, vous avez tort ; mais permettez-moi de vous en laisser quelqaesdouzaines en dépôt. Lé marchand ne peut refoser cette prcpesition , il accepte, et