‹ Les voleursChapitre 56 sur 208 · ENF H · texte numérisé non relu

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celui des voleurs normands, est devenu populaire à Rouen et dans toute la Normandie.

ENFANT DE CHOEUR , s. m. — Pain de sucre.

ENFLACQUÉ(ÊTRR),v.p.— Ëtrecondamné.

ENFLÉE, s. f.-.- Vessie.

ENFONCÉ (Être), v. p.— Être condamné.

ENFONCEUR, s« m.— Agent d'affaires, payeur de rentes, etc. On peut fort bien ne pas être partisan des privilèges, et cependant s'élever contre les abus qui résultent presque toujours d'une trop grande liberté, il serait injuste sans doute de mettre des entraves au libre exercice de telle ou telle industrie ; mais, je crois que dans l'intérêt de la sécurité publique, on pourrait sans inconvénient en soumettre la pratique à certaines conditions.

Chacun , aujourd'hui , peut , sans contrôle , s'établir agent d'affiûresou receveur de rentes, aussi une fouie d'individus, qui ne sont ni capables, ni moraux, ni solvables, puisqu'un grand nombre d'entre eux sont logés en garni, ODt ouvert boutique^ et se sont mis à faire les affiiires de leurs concitoyens. L'incapacité notoire de ces individus cause quelquefois à leurs cHcns un préjudice considérable ; mais cet in-

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convéaient, tout grave qu'il est, est le moindre; Presque tous les ageos d'ai&ires, receteursde rentes sont d'insignes fripons; je ne crains pas de m'exprimer ainsi , l'expérience a malheureusement prouvé ce que j'avance ; et au mo* ment où j'écris, j'ai entre les mains un grand nombre de dossiers contre plusieurs agens d'affaires qui sont disparus furtivement de leur domicile , en enlevant à leurs eliens des sommes assez considérables.

Pour remédier aux maux que je signale» il &udrait que ceux qui se présentent pour exercer la profession d'agens d'ai&ires fussent forcés de se soumettre à un examen propre à donner la mesure de leur capacité, et tenus de déposer à la Caisse des GoBsignations un cautionnement [xroportionné à b classe à laquelle ils voudraient appartenir, et au loyer du local occupé par eux. €ette mesure ne déplairait qu'aux fripons ; ceux qui exercent leur pro« fession avec loyauté et intelligence l'accueil* leraient , au contraire , avec un vif plaisir. (Voir Ogre.) t^

ENFRIMfiR , V. a; — Envisager.

ENLEVER (js') , v. p. — Être tourmenté par la faim.

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ENQUILLER, v. a. — Entrer.

ENTERVER m ENTRAVER, v. a.— Comprendre.

* ENTIPFLE du ANTONNE, s- f. — Église. EiNTIFFLER , v. a. — Marier.

ENTIFFLEMENT, s. m. — Mariage.

* ENTOLER, V. a. — Entrer dans une maison avec le dessein d'y Yoler«

fiNTBAVAGE, s. f. — Conception.

EN TRAVERSE , A PERTE DE VUE , ad.

— Aux travaux forcés à perpétuité.

ÉPATAOE , s. m. -- Embarras.

ÉPATEUR, s. m. --Homme qui foit de rembarras.

ÉPLUCHEUSE DE LENTILLES , s. f. -- Tribade.

ÉPICE-VINETTE, s. m- —Épicier.

ÉPISSER» V. a. -- Railler.

ES, s. m. -^ L'Escree, proprement dit , est une des nombreuses variétés de la grande famille des chevaliers dMndustrie^ Faiseurs et autres. Son nom môme devrait être donné à ces derniers ; car, quelle que soit la maniéré dont ils procèdent; le seul nom qui convienne à leurs exploits est celai d'escroquerie. Au reste ^ la cat^orte des Escfocs «st h p\m

nombreuse de toutes. Ce serait une entreprise difficile, pour ne pas dire impossible, que d'énumérer les diverses manières de commettre le délit prévu par l'article 405 du Code Pénal ; les débats révèlent tous les jours de nouvelles ruses aux bénévoles habitués des tribunaux correctionnels. Mais les plus coupables, ne sont pas ceux que frappe le glaive de Thémis; aussi je ne les cite que pour mémoire ; je veux seulement m'oçcuper des grands hommes. La prison n'est pas faite pour ces derniers, ils se moquent des juges, et. ne craignent pas le procureur du roi ; tous leurs actes cependant sont de véritables escroqueries. Quel nom , en effet , donner à ces directeurs de compagnie en commandite et par actions, dont la caisse, semblable à celle de Robert Macaire , est toujours ouverte pour recevoir les fond^ des nouveaux actionnaires , et toujours fermée lorsqu'il s'agit de payer les dividendes échus? Quel nom donner à ces fondateurs de journaux à bon marché, politiques, littéraires, ou des connaissances inutiles, qui promettent au public ce qu'ils ne pourront jamais donner , si ce n'est celui d'Escroc? Nommera-t-on autrement la plupart des directeurs d'agences d'affaires^ de mariages» déplacement

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ou d'enlerrement ? oui, d'enterrement, il ne faut pas que cela vous étonne.

Je viens de dire que la qualification d'Escroc devait être donnée à ces divers individus ; il me reste maintenant à justifier cette allégation. Cela ne sera pas difificile.

Vous voulez, pour des raisons à vous connues , vendre ou louer, soit votre maison des champs, soit votre maison de ville ; vous avez, par la voie des Petites^Af fiches s fait connaître vos intentions au public, et vous attendez quMl se présente un acquéreur ou un locataire. Vous attendez vainement. Mais , s'il ne se présente ni acquéreur ni locataire, tous les matins votre portier vous remet une liasse de circulaires par lesquelles Messieurs tels ou tels vous annoncent qu'ils ont lu ce que vous avez fait insérer dans lès P cHtes^ Affiches , qu'ils croient avoir sous la main ce qui vous convient, et qu'ils terminent en vous priant de passer chez eui le plus tôt qu'il vous sera possible.

Vous vous déterminez enfin à voir un de ces officieux entremetteurs, et vous vous rendez chez lui. L'aspect de son domicile vous prévient d'abord en sa faveur. Avant d'être introduit dans son cabinet , on vous a fait traver-

ser des bureaux dans lesquels vous avez re* marqué plusieurs jeunes gens qui paraissaient très-occupés» et vous avez attendu quelques instans dans un salon élégamoient meuUé; daas le cabinet deTagent d'affaires, vous avex remarqué des gravures avant la lettre, des bronzes de Ravrlo, des tapis ; aussi vous Tavez chargé de vendre ou de louer votre propriété, et vous lui avez remis sans hésiter un instant la somme plus ou moins forte qu'il vous a demandée, et qui est, i oe qu'il dit, destinée à le couvrir des premiers frais qu'il faudra qu'il iàflse. Il vous a remis en échange de votre ar* gent une quittance ainsi conçue :

< Monsieur *** a chargé Monsieur^**, agent d'afifoires à Paris, de vendre ou de louer sa propriété, sise à ^"^^y moyennant une somme de^*^ pour ^o du prix de la vente ou location, si elle est faite par les soins du sieur ^^*; dans le cas contraire, il ne lui sera alloué qu'une somme de ** *, pour l'indemniser de ses irais de démarches, publications et autres, dont il a déjà reçu la moitié; l'autre moitié ne sera exigible que lorsque la propriété du sieur ^** sera louée ou vendue. Fait double, etc., etc. • Comme il est iaeile de le voiff> l'adroit agent

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d'a&ires a reçu votre argent et ne s'est engagé à rien , et toos ne pouvez plus vendre ou kmer votre propriété sans devenir son débiteur. Un individu, nommé G ^ qui demeura

rue Neuve-Saint-Eustache, exerce à Paris, depuis plusieurs années , le métier dont je viens de dévoiler les ruses. Il a Inen eu quelques petits démêlés avec dame Justice, mais il en est toujours sorti avec les honneurs de la guerre , et il n*y a pas long-temps que, voulant vendra une de mes propriétés , il m'a adressé une de ses circulaires, en m'invitant à lui accorder la confiance dont il était digne.

L'agent d'aflbirea qui s'aoeupe de la vente des propriétés de viUa et de campagne, fonda de commerce» etc^ etc., n'est qu'un petit garçon OHUparalivement à celui qui s'occupe de mariages. Le créateur de oette industrie nouvelle, feu H. Villiaumei aurait marié, je veux bien lecroire » le doge de Venise avec la mer Adriatique» mais sea suocesseurs» quoique disent les pompeuses annonces qui couvrent la quatrième page des grands etpetita journaux» ne font luira nulle part le flambeau de l'hymé* née, ce qui ne les empêche pas de faire payer très-cher à ceux qui viennent les trouver allé-

chés par l'espoir d'épouser une jeune fille ou une jeune veuve dotée de quelques centaines de mille francs , le stérile honneur de figurer sur leurs cartons.

Ceux des individus dont je viens de parler , qui ne dépensent pas follement ou ne jouent pas l'argent qu'ils escroquent ainri , acquièrent en peu de temps une brillante fortune , achettent des propriétés, deviennent capitaines de la milice citoyenne, chevaliers de la Légion-d'Honneur, électeurs , jurés , et condamnent impitoyablement tous ceux qui comparaissent devant eux. (Voir Suce-Larbin).

Les Escrocs auvergnats se sont à eux-mêmes donné le nom de Briseurs. Les Briseurs donc, puisqu'il faut les appeler par leur nom ^ se donnent tous la qualité de marchands ambulans. Us n'ont point de domicile fixe» Ils font passer à leur femme, qui réside en Auvergne, le fruit de leurs rapines, et cdle-ci achette des^ biens que , dans tous les cas , Ke» Briseurs conservent; car , il fiiut remarquer qu'ils sont presque tous mariés sous le régime dotal, ou séparés de biens .

Lorsque les Briseurs ont jeté leur dévolusur un marchand , le plus intelligent, ou plutôt

le plus hardi d'enlr'eux, s'y présente, choisit lesmarchaDdisesquilui conviennent, achette et paie. Quelques jours après, il adresse au marchand son frère ou son cousin , qui se conduit de même. Gela &it, le premier revient, açhatte encore , paie une partie comptant, et, pour le surplus, laisse un petit billet à trois ou quatre mois de date. Mais quinze ou vingt jours sont à peine écoulés, qu'on le voit revenir, il demande si l'on a encore le billet, le reprend et ne demande qu'un léger escompte qu'on s'empresse de lui accorder.

Ce manège dure quelques mois, et si les Briseurs jugent le marchand àan, ils ne se lasr sent pas de le nourrir , ils lui amènent des parens, des amis, les crédits se montent, et, toutr à-coup vient la débâcle, et l'on apprend alors , mais trop tard , que l'on a été trompé.

Tous les membres d'une famille de l'Auvergne sont quelquefois Bnseurs. Je puis , pour ma part, en citer sept ou huit qui portent le même nom.

11 faut remarquer que la brisure est héréditaire dans plusieurs familles de l'Auvergne. La bonne opinion que Ton a de ces enfans des montagnes facilite leurs escroqueries. Ces

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hommes paraissent doués d'une épaisseur et d'Boe bonhoonM qui commande la eonBanoe , aussi ils trouvent toujours des négoeians qui se lasBsenl prendre dans leurs filets; cela jirouvo^ si je ne me trompe, que persoivue n'est plus propre qu'une bête à tromper un homme d*esprit : ce dernier se laisse prendre plus facilement que tout autre ; car il compte sur sa supériorité et ne peut croire qu'un homme auquel il n'accorde que peu ou point de considération ait l'intention et le pouvoif de mettre sa perspicacité en dtfaut.

Les marchandises escroquées par les Bti^

^eun sont) pour b plupart, achetées par des recteurs adh^c y à 40 ou 50 pour ^/o de perte. Au moment oà j'écris, il existé à Paris plusieurs magasins garnisde marehabdises brisées.

Les Briséwns changent entre eui de passe^ port , ce qui permet 4 celui qui est arrêté de prendre le nom de Pierre, lorsqu'il se nomme Prançois , et que c'est FYançois que l'on cher* che.

ESBALANG£R, v. a. — Rejeter, reciwyer.

ESBASIR , V. a. «^ Assassiner.

* ESBATRE DANS LA TIGNE (»'); v. p. — âhercher à Toler dans la foule.

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ESBROUFPE , fi. m. — Bmtarras , plus de bruk que de besogne.

ESBROUFFEUR-BUSE , s. — faiseur d'embarras.

ESCAPER, V. a. — Assassiner.

ESGAPOUGHER, v. a.— Assassiner . Terme des voleurs du midi.

ESCAPOUGHE , ES€ AP0UC3IEUR , s. m.

— Assassin. Terme des voleurs du midi.

ESCARGOT 9 s. m. --- Vagabond.

ESGARPB , ESC4RPE-8EZIGUE , s. m. — Assassin , suicide.

£SGARP£R, V* a. — Asssesîner.

ESGLOT, s. m. — Sabot.

ESduOTIER-ÈaE, s. *— Sabétter, sabotière.

ESGOFFIER^ v. a. *— Tuer^ assassiner. Ge ferme est devena populaire.

* ESGOULLES^ s. f. — Oreilles.

ESCRAGHE, a^ m. *— Passe-port*

ESCBAGUE TARTE, Sw m. ~ Faux passeport.

ESGRAGHER, v. a. — Demander le passe^ port à UA voyageur..

ESGARD ( Fair£ l' ), v. p. — hèrober à ses camarad6S> une partie du vol qui vient d'être eommU.

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* ESPOUSER LA FOUGANDRIÈRE, v« a.

— Terme dont se servaient les anciens coupeurs de bourse, pour désigner Tinstant où ils étaient forcés de jeter ce quils avaient pris, dans la crainte d'être saisis ayec.

* ESPOUSER LA VEUVE , v. p. — Être pendu.

ESQUINTE, s. m. — Abtme.

ESQUINTER, v. a. — Fracturer, briser.

ESTAMPILLER, y. a. — Marquer.

ESTOQUE, s. m. — Esprit, finesse, malice.

ESTORGUE, s. (. — Fausseté, méchanceté.

ESTRANGOUILLER, V. a. —Étrangler.

ESFTUQUE , s. f. — Part dans un yoI.

ÉTOUFFE ou ÉTOUFFOIR , s. f. — Table d'hôtes où Ton joue Fécarté. Ces maisons, plus dangereuses cent fois que les tripots de l'administration Benazet, sont ordinairement tenues par des vétérantes de Gythère qui ne manquent pas d'esprit , et dont le ton et les manières semblent appartenir à la bonne compagnie. Toutes ces femmes, s'il faut les croire, sont veuves d'un officier général, ou tout au moins d'un officier supérieur; mais ce serait

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