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brigades y ce qui formait un efTectif de trente-' six à quarante hommes : presque tous sont morts dans les prisons et dans les bagnes.
M» Pasquîer reconnut le premier que les fails imputés ^n\ Fiûueurs rentraient dans la ca^ tégorie des délits prévus par Tarticle 405 du Gode Pénal, et plusieurs de ces individus ayant été successivement arrêtés, furent traduits devant les tribunaux correctionnels , et condamnés à des peines plus ou moins fortes. On vit, à cette époque, paraître sur les bancs de la Cour d'Assises le bourreau de Versailles et ses deux aides. Ces misérables, ne pouvant gagner tout ce qu'ils voulaient à un malheureux marchand de cidre qu'ils avaient emporté j avaient vojilu lui voler, à l'aide de violences, le sac qui contenait son argent. Ils frisèrent de près les travaux forcés à perpétuité, mais contre toute attente ils ne furent condamnés qu'à cinq jUi« nées de prison*
FLOUER, v.a, — Filouter aujeu.
FLOTTANT, s. m. — Poisson.
FLOTTER, V. a. — Nager.
FLOTTEUR-EUSE , s. — Nageur-euse.
* FOIROU , s. m. — Postérieur.
* FONDANT, s. m. — Beurre.
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FONFB ou FONFIÊRÊ , s; t — Tabatière^ FORESQUE, s. m. — Marchand forain.
* FOREST MOUST RUBIN , s. m. — Cloa.
que de ville , cour des Miracles.
FOUÂlLLER , V. a. — Craindre , manquer de résolution' au moment' de Texécution d'un crime.
FOUR BANAL , s. m. — Omnibus.
* FOURBI, s. m. — Toute espèce de jeu qui cache un piège.
FOUR CHAUD. — La question. Une des fflaxîmes de l'ancienne magistrature était de ne condamner un accusé à la mort que sur ses propres aveux, qui devaient , dans tous les cas, venir corroborer les déclarations des témoins. Mais pour lui arracher ces aveux, qui devaient tranquilliser leur conscience, les juges ne reculaient devant aucuns moyens, et presque toujours la question ordinaire et extraordinaire était appliquée à Taocusé contre lequel s'élevaient quelques présomptions. Louis XYI signala son avènement au trône par plusieurs actes de haute justice dont Thistoire lui tiendra compte, et notamment par l'abolition de cette mesure cruelle.
IJ ne fit en. cela que céder aux cris de Tindir
gnation publique qui, depuis déjà long-temps, s'était élevé contre cet usage barbare.
(l'expérience , au reste, avait démoùtré 1% nefficacité et Tinutilîté de la question; on avait acquis la certitude que des innocensj) vaincus par' les tourmens, avaient avoué des crimes qu'ils n'avaient pas commis , et que des coapa-^ t>les, au contraire, grâce à la force de leur constitution, avaient été acquittés après avoir supporté la question ordinaire et extraordi^ naire* U ne faut, pour acquérir la preuve de ce que j's^vance ici, que feuilleter le recueil dei Causes Célèbres.
La question était venue remplacer en France les duels judiciaires, qui eux-*mèmes avaient été précédés par les épreuves que l'on nommait jugemens de Dieu. Cçux de mes lec-^ teurs qui ne connaissent pas parfaitement les anciens usages de la France , ne seront peutêtre pas Ûchés de trouver ici quelques détails sur la manière dont se rendait autrefois la jus- ^ce.
Les ecclésiastiques qui tenaient des iiefe i ^tres féodaux , et qui , par conséquent , possédaient sur leurs terres, comme tous les tenanciers du roi , le droit de haute et basse justice ^
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mirent les premiers Ws épreuves en usager L'accusé qui n'avait pas cessé de protester de son innocence y était soumis snr sa demande. Il y eo avait de plusieurs sortes, mais les plus usitées étaient les épreuves d» Teau et dn feu. Dans le premier cas, on liait f accusé de oianière à ne point lui laisser la li*b^té de filtre un seol mouvement, et davs cet état il était jeté dans une vaste cuve pleine d'eau , s*il allait au fond il était déclaré ooiipa^ ble , si , au contraire^ il surnageait, personna ne songeait à douter de son innocenee. Dane le second , il devait , pour donner la preuve de^ son innocence , tenir entre ses mains, dtoraui on certain temps , et sans en étro brûlé , une barre de fer rougie au feu.. On conçoit tout ce que ces épreuves avaient d'incertain, aussi elles Be (Virent pas long-temps en usage et- furent remplacées par les duels judiciaires. Celut <p]i accusait ou qui était accusé pouvait deman • der à prouver par le combat la vérité de son ac- <iiisation ou de sa défense. L'histoire fait mention d'un grand nombre de combatsde ce genre, parmi lesquels on cite celui de larnae contre t9 Cbataigneraye , qui a donné neistance ft uo^
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proverbe, et celui du chieud'Aubry de Montdi* dier contre le chevalier Macaire*
Je me suis ub peu éloigaé du sujet priocipai de c^ article^ auquel je me hâte'de revenir. J*ai dit que lorsque la question fut abolie , Veipé-* riedce avait prouvé depuis long-temps son inuUlitéet son inefficacité, et que pour acquérir la preuve de ce que j'avançais, il ne fiiUait que feuilleter le recueil des Causes Célèbres , on y verrait en effet que la question n'arracha pas un aveu à la plupart des grands criminels qui y furent soumis , et que des accidens imprévus amenèrent seuls leur condamnation. Que Ton me permette de citer à l'appui de ôè que j'avance, un fait encore récent, et dont j'ai été témoin oculaire et auriculaire.
En l'an V de la république, il y avait au bagne de Brest, salle Saint* Antoine, un Breton surnommé le Rifodé^ qui avait été condamné aux travaux forcés à perpétuité par la cour de justice de Nantes ; cet homme avait fait partie d' une troupe de voleurs et d'assassi ns de grande rouie , et si ses aveux étaient venus corroborer les charges qui s'élevaient contre lui, il aurait été rompu vif; mais il avait supporté avec une
constance inaltérable. la question ordinaire et extraordinaire , de sorte que les magistrats , quoique bien convaincus de sa culpabilité (que du reste il ne cherchait pas à mettre en doute lorsque je le vis , puisqu'il montrait avec une sorte d'orgueil ses membres mutilés et brûlés, et sa poitrine que l'eau, en tombant d'une grande hauteur, avait creusée) n'avaient pu le condamner au supplice de la roue ainsi que ses complices. Le Rifodé assurait que deux personnes compromises dans scm affidre, et qui, moins vigoureuses que lui , avaient avoué tout ce qu'on avait voulu pour échapper aux tour* mens, avaient subi, quoique très-innocentes du crime dont elles étaient accusées , cet hôr^ rible supplice.
Après la promulgation du Gode.de 4791, et vingt-quatre années de séjour au bagne, le Rifodé recouvra sa liberté, et quitta Brest très-bien portant.
FOURLINEUR, s. m.
FOURGAT , s. m. — Marchand, receleur en boutique , en magasin, ou seulement en cham-» bre, chez lequel les voleurs déposent et vendent les objets volés. Ils entrent par une pprte, reçoivent le prix des objets qu'ils ont apportés,
et sortent par une autre. Plusieurs négocians de Paris , en apparence très-recommandables, son t conn us pour acheter habituellement aux voleurs;mais, commeil n'a paa encore été possible de tes prendre , personne ne s*est avisé de leur dire que te métier qu'ils faisaient n'était pas des plus honnêtes. Gomme on le pense bien , les marotiandises achetéespar tes Foargais ne conservent pas long -temps leur physionomie primitive ; les bijoux d'or ou d'argent sont im* médiatement fimdus, le chef d'une pièce de drap est enlevé ou détruit ; certains Fourgais savent, en moins de vingt-quatre heures , dénaturer assez un équipage entier , voiture, harnais, chevaux même, pour qu'il soit impossible àcelui auquel il appartenait primitivement de le reconnaître. Un bruit populaire, dont je ne garantis pas Texactitude, accusaitautrefoiscertain joaillier , maintenant retiré du commerce, d'à* voir en permanence dans ses ateliers, des creusets dans lesquels il y avait toujours des matières en fusion , où toutes les pièces de métal dont l'origine pouvait paraître suspecte, étaient mises aussitôt qu'elles étaient achetées. Les Fourgais choisissent ordinairement leur domicile dans une rue où il est difficile d'éta^
Mir une surveillance. Us sont bons voisins , complaisans , serviaUes , afin de se concilier la bienveillance de tont le monde.
La destinée de rhomme qui travaille sans capitaux, quel que soit d'ailleurs le métier qu'il exerce^ est d'être continuellement exploité par ceux qui possèdent. Les voleurs subissent la loi commune, ils volent tout le monde, mais, à leur tour, ils sont volés par les Foargats, qui ne craignent pas de leur payer 100 francs ce qui vaut quatre fois autant. Aussi les Fomrgats habiles font-ils en peu de temps une trèsgrande fortune ; et si , durant le cours de leur carrière, il ne leur est pas arrivé quelques mésaventures , leur fille épouse un notaire ou un avoué qui a besoin d'argent pour payer sa charge ; et tandis que ceux aux dépens desquels ils se sont enrichis pourrissent dans les prisons et dans les bagnes, les Fourgats, pour la plupart, vieillissent et meurent au milieu des aisances de la 'vie , et une pompeuse épitaphe apprend à ceux qui passent devant leur tombe, qu'ils fouillent la cendre d'un honnête et ex«* cellent homme.
11 fout établir une distinction entre les Fom^ guts et les marchands qui achètent aux Fai-^