GOU
aniioipatioii/' Oh! alors, soyez plus sévères pour être plus justes ; eondamnez le vagabond à mourir , mais craignez que , las de souffrir, il ne quitte un jour son humble posture el ne vienne, les armes à la main, déchirer le re* cueil de vos lois. Souvenez-vous des luttes sanglantes de la Jacquerie et des Gueux de Bdgique. Qui succomba alors? Le riche : il le méritait bien.
On objectera peut-être que presque tous les voleurs de profession sortent des rangs du peu* pie, pour prouver la nécessité des lois qui régissent les classes infimes de la société. Cette objection , suivant moi , ne peut servir qu'à prouver la vérité de ce vieux dicton populaire , qui dit que le besoin n'a point d'oreilles.
Mais, il faut le dire , s'il est vrai que la plu* part des voleurs sortent des rangs du peuple , les grands criminels , à quelques exceptions près, appartiennent aux classes élevées. C'est plus souvent des salons que des mansardes que sortent les assassins et les faussaires.
Et, cependant, quelquefois on sauvers l'homme bien élevé, tandis qu'on sacrifierai l'exemple le fils d'un ouvrier. Pourquoi celât L'honneur d'une famille favorisée par la for*
GOU l»i
tune est-il plus précieux que celui de la iàmille d'un ouvrier? Je ne le pense pas.
Suivant moi, l'homme qui comparait devant un tribunal , après avoir reçu une éducation libérale y est , à délit égal , évidemment plus coupable que celui qui a toujours vécu dans l'ignorance. Il n'est pas nécessaire, je crois, de déduire les raisons qui me font penser ainsi. Pourquoi donc est-il presque toujours traité avec une extrême indulgence , lorsque l'on m montre si sévère envers celui qui n'a encore commis aucune faute , et dont le seul tort est d'être misérable ?
Mais les haillons qui couvrent à peine les membres amaigris du Gooêpeur parlent en sa faveur. Peut-être que, si cet homme n'avait pas voulu rester honnête, il ne serait pas sans domicile et sans moyens d'existence. Mais , ce qu'il n'a pas fait, il ne manquera pas de le faire, lorsqu'après avoir, grâce à un arrêt ini-^ que , passé quelques-unes de ses plus belles années dans une prison , il sera rendu à la li«berté , il mettra alors en pratique les conseils des individus avec lesquels il aura vécu ; et si un jour ses crimes épouvantent la société, qui faudra-t-il accuser, si ce n'est elle? Ah! si l'on
connaissait bien les antécédens de tous ceux qui gémissent dans les prisons et dans les bagnes, on serait peut-être disposé à jeter un voile sur leur vie passée , pour leur permettre d*espérer un meilleur avenir.
Mais après avoir jeté un coup-d'œil sur notre législation, je me trouve forcé d'avouer que la réalisation de mes souhaits me parait encore bien éloignée, on exige tout d'une certaine classe et cependant on ne fait rien pour elle; quel est donc Tavenir qui lui est réservé ?
Y a-t-il en France des établissemens dans lesquels les enfans puissent , en apprenant un état/ recevoir l'éducation que, dans un pays civilisé, tous les hommes devraient posséder, et en même temps contracter l'habitude du travail et de la sobriété ? Non .
Mais , me répondra-t-on , il faut de Targent pour créer des établissemens de ce genre , et l'argent manque ; belle réponse , . vraiment ! l'argent ne manque pas lorsqu'il s'agit de subventionner des théâtres auxquels le peuple ne va jamais, de payer des danseuses , ou d'ériger des obélisques. L'argent donc ne manque pas, et je crois qu'il serait beaucoup mieux employé s'il servait a fonder quelques établisse-