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subi voire peiue , vous serez mis à la disposition du gouvernement pendant le temps qu'il déterminera.
Et cela ne doit pas étonner chez un peuple qui ne s'enquiert ni des capacités, ni de la moralité du législateur, mais seulement de la cote de ses impositions ; chez un peuple qui n'estime que ceux qui possèdent. Posséder doit être le rêve de tous , et tous les chemins qui peuvent conduire à la fortune doivent être suivis sans remords. Aussi tous ceux qui occupent les sommités de Téchelle sociale, et qui désirent conserver leur position, repoussent sans cesse du pied ceux qui cherchent à gravir les derniers échelons, ils conçoivent sans peine que ceux qui n'ont pas un toit pour abriter leur tête , un vêtement pour les garantir du froid , du pain pour apaiser la feim qui les tourmente, doivent laisser tomber des regards envieux sur leurs hôtels magnifiques, leurs brillans équipages et leur table somptueuse. Ce sont des ennemis qu'il faut absolument vaincre , et le Code Pénal , que les heureux du siècle ont fabriqué pour leur usage particulier, est un arsenal dans lequel ils trouvent toujours des armes toutes prêtes; et le
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vagabond, celui de tous les Parias sociaux qui souffre le plus, est aussi celui qu'ils frappent le plus rudement.
Le peuple n'a pas de pain , disait-on à une dame de l'ancienne cour-, qu'il mange de la brioche, répondit-elle. Les magistrats qui condamnent indistinctement tous les vagabondsque Ton amène devant eux, ne sont guère meilleurs logiciens que cette dame. Qu'estce, en effet, qu'un vagabond ? Un pauvre diable qui n'a pu trouver de travail, et qui a été mis dehors par son hôtelier, parce qu'il n'a pu payer son modeste logement. 11 n'a pas dtné et s'est endormi sous le porche d'une église ou dans un four à plâtre. C'est vainement que je cherche dans tout cela un crime ou un délit. Si cet homme vous avait arraché un peu de votre superflu, sa physionomie ne serait pas livide et terreuse , ses vètemens ne tomberaient pas en lambeaux. Qui vous a dit qu'il n'avait pas, sans pouvoir y parvenir, cherché à utiliser ses facultés? Pourquoi donc, au lieu de le punir, ne lui donnez- vous pas ce que tousies hommes doivent obtenir, du travail et du pain? Sont-ce les crimes que, grâce à votre législation, il commettra plus tard, que vous punissez par