CHAPITRE XXX
Gomme la Rojne d'Âaru pariist de Malaca pour s'en •lier à Bintam, et de ce qu'elle iÎBt auec le Roy de
lautana.
p£i>RO nE Fari A ayant oiîy cette désolée Boyne, luy disoit publiquement en luy remettant en mémoire les obligations qu'il auoit de faire ce qu'elle luy demandoit ; vaincu par sa propre oubliance, et presque honteux de cette faute en laquelle il estoit tombé, luy fist responce^
IQO VOYAGES ADUAHTUBfimc
les larmes aux yeux, qu'au nom du Serenisôme Roy de Portugal , mon Seigneur, de qui mon mary a tonsiours esté sujet, et loyal Tasssd , que TOUS me veuiliiez ayder et secourir en mon ad* uersité, à quoy vous m'auez promis en public, de ne manquer, en la présence de plusieurs nobles personnes; et cependant ie voy mainte* nant qu'au lieu d'effectuer la promesse que vous m'auez tant de fois répétée, et de vous en acqoiter , vous alléguez pour excuse que vous en auez escript au Yice-Roy, et n'ayant de besoing de tant de forces que vous dites que Ton m'enuoyera pour cet effect , pour ce qu'auec cent hommes, et les' miens qui sont fugitifs par le pays en at« tendant çion retour, ie me fais forte, bien que ie ne sois qu'vne femme, qu'en moins d'vn mois ie reprendray tout mon pays, et vangeray la mort de mon mary, qui est ce que ie désire le plus, estant aydée de Dieu Tout*puissant, de la part duquel ie vous prie et requiers pour le seniice et l'honneur du Serenissime Roy de Portugal mon Maistre, seul azyle asseuré de mon vefiiage, que puisque vous le pouuez vous le fisiciez promptement , pour ce qu'en la diligence consiste ce qu'il y a de plus important en cette affaire , et le faisant ainsi vous coupperez le chemin à l'intention de cet ennemy, qui ne tend qu'à la ryine de ceste forteresse, comme tous
I>E FERNAND MENDHZ PIITTO. I9I
pouuez reconnoistre par les moyens qu'il a pro» curez pour ce faire. Si vous desirez de m'envoyer le secours que ie vous demande, ie l'attendrai icy volontiers , sinon , esclaircissez-m'en y pour ce que vous me nuisez autant en me Esiisant perdre le temps, comme vous m'apporteriez de do m* mage si vous me refusiez ce que ie vous ay de* mandé auec tant d'ardeur, et que vous estes obligé de faire en qualité de Ghrestten , comme le sçait fort bien le Seigneur Tout-puissant du Ciel et de la terre , lequel ie prends à tesmoing en ceste mienne requeste. ^