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François Ier, qui prétendait avoir part dans les richesses du Nouveau Monde, accueillit ses propositions et lui donna quatre navires. Par lettre du 8 juillet 1524, écrite à bord de la Dauphine, dans le port de Dieppe, Verrazano fit au roi le récit de son exploration sur les côtes de l'Amérique du Nord. Pendant trois siècles et demi, cette lettre a été tenue pour parole d'Évangile,
En 1772, l'abbé Prevost disait : « Il est fort glorieux » à l'Italie que les trois puissances qui partagent aujour- » d’hui presque toute l'Amérique doivent leurs premières » découvertes à des Italiens : les Castillans à un’Génois » (Christophe Colomb), les Anglais à des Vénitiens (Jean » Cabot et ses fils), et les Français à un Florentin » (Verazzani) ! ».
En 1836, l’illustre Alexandre de Humboldt plaçait le nom de Verrazano à côté de ceux de Sébastien Cabot, de Cortereal, de Ponce de Léon, de Aüillon et des autres découvreurs de l'Amérique du Nord. Il a même invoqué son autorité pour la détermination de la couleur des Américains 2.
En 1868, M. Henry Major :, le savant directeur de
Dieppe, par Giovanni Verrazano, à François Ier, et publiée pour la première fois par P. MarGry, Op. cit., p. 211, note.
1 Hist. gén, des Voyages, in-4°, 1772, t. XIX, p. 21. Les mots mis entre parenthèses sont en notes.
2 A. pe Humsonr, Examen critique de la Géographie du Nouveau Continent; Paris, 1836-1839, t. IV, p. 16; t. V, p. 37, note.
3 Henry Muor, Z'he life of Prince Henry of Portugal,
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la section de Géographie au Musée Britannique, répétait les paroles de l'abbé Prevost.
En 1875, M. Henry Murphy, de New-York, a publié contre Verrazano un beau volume; bien que tiré à petit nombre et non mis dans le commerce, ce volume a fait beaucoup de bruit. Les historiens-géograplies, touchés au vif, ont relevé le gant. D'aucuns pensent que les savants ont bien du temps à perdre. D’autres estiment que la gloire n'est pas chose indifférente et vaine, qu’elle est l’âme de l'humanité, le phare qui signale un peuple, une race, un siècle, à l'estime, au respect, à l’admiration des autres peuples et de la postérité : 7rahit sua quemque voluptas.
M. Murphy a voulu prouver que Verrazano était un corsaire ; qu’au temps indiqué pour son premier voyage il piratait, sous le nom de Giovanni Florin, sur les côtes d’Espagne et de Portugal ; qu’à l’époque de son second voyage il était, depuis plusieurs mois, chez les morts; que la carte de son frère Hieronimo Verrazano, de 1529, a été copiée sur celle de Ribeiro de 1527; que la lettre publiée par Ramusio cst une amplification de celle de Fernando Carli, laquelle est une mystification.
M. Murphy identifiait ainsi le corsaire Giovanni Florin avec l'explorateur Giovanni Verrazano 1.
surnamed the Navigator; London, A. Asher, 1868, chap. xvur, p. 300.
1 Henry C. Murpuy, The Voyage of Verrazzano : a Chapter in the Early History of Maritime Discovery in America; New- York, 1875.
Le D nre
Le R. Benjamin de Costa ! et notre ami M. Cornelio Desimoni ? ont combattu savamment, avec conviction, pied à pied, les arguments de M. Murphy. Ils ont très bien prouvé la correction du récit du voyage de 1524, l'existence de Verrazano en 1526, l'originalité de la carte de Hieronimo Verrazano; mais ils n’ont pas pu prouver que Florin n'était pas Verrazano. A vrai dire, l'argument fondamental de M. Murphy subsistait et le doute profitait à sa thèse.
Depuis, MM. Luigi Hugues et Prospero Peragallo : ont fait, aux archives de Simancas et de la Torre do Tombo, des recherches qui ont mis à jour des documents inédits, et ces documents, comparés cntre eux et avec d’autres trouvés dans les archives du Parlement de Normandie 4, établissent que le corsaire Giovanni Florin n’est pas le découvreur Giovanni Verrazano.
Voici, pour 1523 et 1524, le dossier de chacun de ces deux marins :
1 Articles publiés dans The Magazine of American History et réunis sous le titre : Verrazano the Explorer; New-York, 188r.
2 CorNELIo DEsimont, Intorno al Fiorentino Giovanni Verraxzzano scopritore in nome della Francia de regioni nell America settentrionale ; studio secondo ; Genova, 1881.
3 PROSPERO PERAGALLO, Inferno alla supposta identità di Giovanni Verrazzano col corsare frances Giovanni Florin, in Memorie della Società Geografica Italiana ; vol. IT, part. prima ; Roma, 1897, pp. 165 et seq.
4 Nous avons communiqué à MM. Henry Harrisse, de Costa et Desimoni les pièces tirées des archives du Parlement de Normandie,