‹ Les voyages de Saint Jérome, sa vie, ses œuvres, son influenceChapitre 171 sur 236 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

« aux exercices prolongés de la méditation, étonnait le& « plus vieux athlètes de la pénitence par son intelligence « des voies intérieures de la piété et la sérénité d'une vie « contemplative*. »

Tels étaient les récits que Jérôme recueillait avec avidité, tels les spectacles dont il s'édifiail, le long du Nil, dans les monastères où le grand archevêque avait laissé des souvenirs encore palpitants que chacun s'empressait de réveiller devant notre voyageur. N'étaient-ce pas là de grandes leçons qu'il ne devait point négliger? Il savait que saint Basile courait dans son poétique ermitage réparer ses forces épuisées par les soucis et les fatigues de son ministère; il avait vu saint Grégoire de Nazianze reprendre le chemin de sa retraite; l'ancien ermite de Chalcis ne tarda pas à suivre ces exemples, il revint à cette vie solitaire qui avait bercé sa jeunesse et souri à ses premiers essais. Il s'embarqua à Péluse avec Paula et Eustochium, et fit voile vers Majuma% d'où il se rendit à Bethléem en toute vitesse, ut avem putares\ dit-i', comme les oiseaux battus par l'orage et las de la tempête regagnent, les ailes étendues, leur nid longtemps désert et jamais oublié.

' A. DE Broglie, l'Église et l'Ewpire romain, part. II, t. I, cli. iv, p. 332.

* C'est à ce même port, Maioma ou Majuma, que (lél)arqua Hésychius apportant de Cypre les restes vénérés de saint Hilarion. — Vita S. Hilarionis^ t. IV, p. 90.

' « Tantâ velocitatc reversa est, ut avem putares. » Ep. LXXXVI, ad Eustoch., id., p. 677.

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