PREFACE
teur. Il déplorait la perte des ouvrages anciens,
€t regrettait surtout les écrits de saint Jérôme*,
« qui aurait mérité, dit- il, pour ses qualités
« éminentes, d'être conservé seul, sans être mu-
« tilé, sans être interpolé. » Puis il ajoute :
« Parmi les autres, chacun se recommande à des
« titres divers; seul Jérôme réunit à un degré
« supérieur ce que nous admirons en détail chez
« les autres. Il est beau et rare d'exceller en une
« seule partie, mais Jérôme s'est acquis une telle
« supériorité en tout, que si vous le comparez à
« lui-même, il est toujours à la même hauteur,
<( et en tout il a su s'y maintenir. En effet,
« voulez-vous une heureuse nature? qui fut ja-
« mais plus ardent à l'étude, plus ferme dans ses
« jugements, plus fécond dans ses conceptions?
« Le sujet avait-il besoin d'ornements? qui mieux
« que lui sut y répandre le mouvement et la
« grâce? Tenez -vous à l'éloquence? en cela, il a
« laissé si loin derrière lui tous les écrivains ec-
« clésiastiques , qu'on ne saurait lui comparer
« ceux qui durant toute leur vie se sont consacrés
« à l'art oratoire; il s'en faut tant que l'on puisse
« mettre Jérôme en parallèle avec un de nos
' Epistola nuncupatoria Erasmi ad opéra Uieronymi, t. I, Pavisiis, Claud. Che vallon, 1534.