‹ Les Voyages de Samuel de Champlain au Canada, 1603-1618. --Chapitre 42 sur 54 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Retour en France et ce qui s*y passa jusqu'au rembarquement.

Cette résolution prise, nous fûmes à Québec pour l'établir et lui laisser le nécessaire avec 15 hommes. Après quoi nous partîmes le 1er septembre pour Tadoussac, faire appareiller notre vaisseau, afin de nous en revenir en France.

Nous partîmes donc de ce lieu le 5 du mois, et le 8 nous fûmes mouiller l'ancre à l'île Percée.

Le 10 nous partîmes et le 18 nous arrivâmes sur le grand banc.

Le 2 octobre, nous eûmes la sonde. Le 8 nous mouillâmes l'ancre au Conquet en basse Bretagne. Le samedi 10 du mois, nous partîmes de ce lieu, et arrivâmes à Honfleur le 13.

Etant débarqué, je pris la poste pour aller trouver le sieur de Mons, qui était alors à Fontainebleau où était Sa Majesté, et lui représentai tout ce qui s'était passé, tant en mon hivernement, que de nouvelles découvertes, et l'espérance de ce qu'il y avait à faire à l'avenir touchant les promesses des sauvages appelés Ochateguins, qui sont bons Iroquois. Les autres Iroquois, leurs ennemis, sont plus au midi. Les premiers entendent et ne diffèrent pas beaucoup de langage aux peuples découverts de nouveau, et qui étaient inconnus avant.

Aussitôt je fus trouver Sa Majesté, à qui je fis le discours de mon voyage, à quoi il prit plaisir et contentement.

J'avais une ceinture faite de poils de porc-épic, qui était fort bien tissée, selon le pays, laquelle Sa Majesté eut pour agréable, avec deux petits oiseaux

gros comme des merles, qui étaient incarnats, et aussi la tête d'un certain poisson pris dans le lac des Iroquois, qui avait un bec fort long avec 2 ou 3 rangées de dents fort aiguës.

Ayant fini avec Sa Majesté, le sieur de Mons alla à Rouen trouver les associés Collier et le Gendre pour aviser à ce qu'ils auraient à faire l'année suivante. Ils résolurent de parachever l'habitation et les découvertes dans le grand fleuve St-Laurent, suivant les promesses des Ochateguins, à condition qu'on les assisterait en leurs guerres.

Le Pont fut destiné pour aller à Tadoussac tant pour la traite que pour faire quelque chose qui pourrait subvenir aux frais de la dépense.

Et le sieur Lucas le Gendre, de Rouen, l'un des associés, ordonné pour l'achat des vivres, fréter des vaisseaux, équipages et autres choses nécessaireg pour le voyage.

Après ces choses résolues, le sieur de Mons s'en retourna à Pans, et moi avec lui, où je fus jusqu'à la fin de février : durant lequel temps le sieur de Mons chercha moyen d'avoir nouvelle commission pour les traites des nouvelles découvertes, oii personne n'avait encore traité. Ce qu'il ne put obtenir bien que les demandes fussent justes et raisonnables.

En se voyant hors d'espérance d'obtenir cette commission, il ne cessa de poursuivre son dessein par le désir qu'il avait que toutes choses réussissent au bien et à l'honneur de la France.

Pendant ce temps, le sieur de Mons ne m'avait pas encore dit sa volonté pour mon particulier jusqu'à ce que je lui eusse dit qu'on m'avait rapporté qu'il ne désirait pas que j'hivernasse au Canada, ce qui n'était pas, car il remit le tout à ma volonté.

Je m'équipai du nécessaire pour hiverner à notre habitation de Québec et pour cet effet je partis de Paris le dernier jour de février suivant et fus passer 2 jours à Rouen ; et de là fus à Honfleur où je trouvai le Pont et le Gendre, qui me dirent avoir fait embarquer les choses nécessaires pour l'habitation. Je fus fort aise de nous voir prêts à faire Toile.

2e VOYAGE dii sieur de CHAIWPLÀIN

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